SÉBASTIEN MARCELLE pour La Dépêche du Midi

 

TFC

Le TFC a été victime, fin 2017, d’escrocs qui ont détourné le salaire d’un de ses joueurs. L’information a été révélée, ce vendredi, par les enquêteurs de la Juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Nancy. Neuf personnes ont été interpellées le mercredi 11 avril à Paris et Marseille et placées en garde à vue.

Une quinzaine de clubs français de Ligue 1 et Ligue 2 ont également été victimes d’escroquerie ou de tentative d’escroquerie. C’est le cas de Sochaux, Angers, Dijon, Rennes, Nantes, Brest, Marseille ou encore Lorient.



L’escroquerie s’est déroulée entre août et novembre 2017. Les malfaiteurs ont profité de la fin de la période des transferts pour contacter par téléphone les services comptables des clubs en se présentant comme des agents de joueurs. Ils ont prétexté un changement de compte du joueur pour envoyer un relevé d’identité bancaire (RIB) où devait être viré le salaire. Au TFC, le préjudice est d’environ 18 000 € indique à La Dépêche du Midi une source judiciaire. Le club qui a subi le plus gros préjudice est le SCO d'Angers pour environ 35 000 €. Au total les clubs, joueurs et agents ont été escroqués de 700 000 euros.

Dans un communiqué paru ce vendredi, le TFC confirme les informations de La Dépêche du Midi, en affirmant "avoir bien fait l’objet d’une tentative d’escroquerie il y a plusieurs mois concernant un seul et unique joueur, pour un faible montant". Le TFC tient également à ajouter que "le joueur concerné n’a subi aucun préjudice dans cette affaire".


Un préjudice global estimé provisoirement à 2 millions d'euros

"L’escroc donnait des informations précises démontrant une parfaite information des organes dirigeants du club et de son fonctionnement (véritable identité du joueur et de son agent mais avec un faux relevé d’identité bancaire). Une fois l’argent viré sur le compte désigné par l’escroc (compte Nickel, Compte Qonto ou Carrefour), les sommes étaient rapidement transférées sur des comptes maltais ou bulgares."

C'est suite à une plainte du club de Ligue 2 de Sochaux que l'enquête a démarré à la fin de l'été 2017. Alertée, la Ligue de football professionnel (LFP) avait communiqué en octobre 2017 auprès des clubs pour les mettre en garde.

Le réseau d'escrocs est également soupçonné d'escroquerie à l'investissement dans les diamants et les bitcoins, visant une cinquantaine de particuliers.


Trois personnes placées en détention provisoire

Six personnes ont été mises en examen à Nancy pour des escroqueries visant les clubs et des particuliers pour un préjudice provisoire de 2 millions d'euros. Ces six personnes ont été mises en examen pour, entre autres, escroquerie et tentative en bande organisée, blanchiment d'escroquerie en bande organisée et association de malfaiteurs. Trois de ces personnes ont été placées en détention provisoire, trois autres ont été placées sous contrôle judiciaire.

L’équipe d’escrocs visée l’enquête était composée de notamment de deux informaticiens, un coordinateur en lien avec un donneur d’ordre israélien, un juriste, deux personnes en charge du blanchiment des sommes issues des escroqueries et un homme à tout faire. Quatre d'entre elles ont reconnu leur rôle dans le réseau tout en minimisant leur implication, notamment en indiquant ignorer que les créations de sites internet et de sociétés étaient destinées à commettre des infractions, et que l'origine des sommes destinées au blanchiment était frauduleuse.

Le coordinateur a nié toute implication dans les escroqueries aux clubs de football, se présentant comme le chef d'entreprise d'une société de dépannage rapide (plomberie, chauffage serrurerie).