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Patrick Sowden pour France Football

 

Ligue1

Casanova entraîneur de Toulouse ! Sur le moment, en ce mercredi 22 juin, on a cru à une blague d’ultra toulousain taquin ou à une fake news de journaliste, une de plus, dirait Olivier Sadran, qui ne tient pas la profession en haute estime. On était d’autant moins dupe que le club avait communiqué sitôt le maintien assuré en barrages : « Les actionnaires du TFC depuis 2001 ainsi que le management de l’entreprise vont prendre le temps de la réflexion durant les deux à trois semaines à venir pour faire l’inventaire de la situation et envisager des modifications majeures dans l’ensemble des domaines qui touchent au bon fonctionnement du TFC, qu’il s’agisse du domaine sportif, de la formation, du recrutement, de l’attractivité du club ou bien encore de sa structure capitalistique.»


UNE RÉVOLUTION À PETITS PAS

Pour tous les amoureux du TFC, cela voulait bien dire qu’on allait voir ce qu’on allait voir, que les leçons avaient été retenues, que la révolution était en marche. Pas du passé faisons table rase, n’exagérons rien, mais un peu de changement, c’est possible ? Pas tout de suite. En marche, mais à petits pas. Car, entre le départ de Casanova en mars 2015 et son retour, l’organigramme du club a peu changé. Sadran reste fidèle aux hommes en place, et, au besoin, il rappelle ceux d’hier. Dernière mainfestation de cet attachement aux anciens, la publication en juillet d’une mise à jour de l’organigramme, au sein duquel est apparu Pantxi Sirieix, joueur au TFC de 2004 à 2017. Sa fonction ? Une nouveauté : coordinateur sportif, un concept toujours un peu flou ; courroie de transmission entre un président de moins en moins présent physiquement, la direction, le staff technique, la cellule recrutement, la formation. Bref, de quoi entretenir sa condition physique. «On ne va pas reprocher au TFC de s’appuyer sur ceux qui ont les valeurs du club et s’identifient à lui. Mais ça n’exempte pas d’une remise en cause quand elle est nécessaire, et elle est nécessaire », estime Élie Baup, un ancien de la maison (lui aussi) de 2006 à 2008, candidat recalé au poste de directeur sportif. Et Olivier Sadran, même s’il affirme ne pas prêter attention à tout ce qui se dit et s’écrit sur son club, connaît tous les reproches sur un TFC vivant en vase clos, sur la « politique des copains » et la consanguinité qui ankylose le TFC. Il a entendu les critiques de Pascal Dupraz formulées dans L’Équipe du 12 juin : « Au TFC, les amis d’Olivier Sadran ne bossent pas beaucoup. Ils ne sont pas très cool avec leur ami.» Le héros de la remontada en 2016 assume : «On me reprochera peut-être d’avoir parlé après mon départ, mais tout ce que j’ai dit, je l’avais dit à Olivier les yeux dans les yeux. Maintenant, je ne suis pas consanguin et je sais que je peux finir par insupporter.» Olivier Sadran a balayé toutes les critiques, toutes les réserves lors de sa conférence de presse de rentrée, le 25 juin : « Je choisis les hommes pour leur compétence. Alain Casanova n’est pas un choix par défaut, c’était la plus belle des solutions au regard du marché. Il connaît le club par cœur, et c’est lui qui, depuis 2011, a connu la plus grande continuité en matière de résultats et a fait jouer le plus de jeunes.» Soit. Mais en recomposant l’organigramme d’hier, il envoie un message au souffle de tuberculeux, pas vraiment de quoi ranimer la flamme.


LE DIVORCE D’AVEC LES ULTRAS

La rupture avec les ultras a été consommée en fin de saison dernière, après les incidents lors de la venue de Lille, le 6 mai à l’occasion de la 36e journée (2-3). BFS/Viola Club, Indians Tolosa et West Eagles ont décidé d’arrêter jusqu’à nouvel ordre de soutenir le TFC, victime, selon eux, « de l’immobilisme, du copinage et de la médiocrité qui durent depuis trop d’années à la tête du club ». Les supporters les plus doux, eux, ont dépassé le stade de l’impatience pour celui du fatalisme, à l’image d’Alain Grolier, président des Violets : « Mais comment être ambitieux ? C’est impossible. On joue quoi, on aspire à quoi ? À rien. Il y a les quatre gros de devant qui jouent tout et raflent tout, et seize autres clubs qui tous courent le risque de descendre.» Le discours calibré PowerPoint d’Olivier Sadran finirait-il par contaminer les passionnés ? Oui, Olivier Sadran est un bon gestionnaire et il peut à juste titre être fier de réussir chaque année, depuis qu’il a repris le club au bord du gouffre en 2001, son passage devant la DNCG. Il a parfois dû mettre la main à la poche pour combler un déficit moyen autour de 9 M€ par an quand les ventes des jeunes ne suffisaient pas. L’actionnaire majoritaire ne manque d’ailleurs jamais une occasion de rappeler la vérité d’un budget autour de 35-36 M€. Et il peut être fier d’attaquer une seizième saison d’affilée en Ligue 1, un record dans l’histoire du TFC. Un club de foot est bien une entreprise, mais une entreprise de spectacle. Olivier Sadran ne doit donc pas s’étonner du fossé se creusant entre le club et ses suiveurs quand votre seule ambition est d’ajouter une saison supplémentaire et que la bonne nouvelle de cette intersaison, c’est qu’il y aura bientôt trois terrains gazonnés, une victoire arrachée de haute lutte avec Toulouse Métropole, et on veut bien le croire, en lieu et place des trois synthétiques.


LE PARTENARIAT MYSTÈRE

Élie Baup le dit autrement : « Le football, ce n’est pas seulement une place au classement, qui garantit tel montant de droits télé, obtenue dans un stade sans public. Le foot, c’est du partage, une dynamique, un enthousiasme. Au TFC, on est trop dans le contrôle quand on sait que le foot se nourrit d’excès. Toulouse est à proximité de l’Espagne, on ne peut pas être tièdes dans cette région, qui, contrairement à ce qu’on dit, est une vraie terre de foot.» Mais sur laquelle le TFC, recroquevillé sur lui-même, ne capitalise pas. Ou alors comment expliquer que Colomiers, ancien club de Dominique Arribagé, aujourd’hui en National 2, à une douzaine de kilomètres de la Ville rose, a passé un accord de partenariat avec Montpellier ! Les occasions de s’enflammer au Stadium ont été rares. Il y a eu l’épopée des Pitchouns après la relégation du club en National en 2001, la remontada, qui avait créé un élan, et basta ! Le reste, c’est de la préhistoire pour l’un des rares clubs de L1 à n’avoir jamais rendu visite au Stade de France pour une finale de Coupe de France ou de Coupe de la Ligue depuis 1998. En même temps, Olivier Sadran est lucide ; il a constaté que, ces dernières saisons, son club a été « constant dans la médiocrité » et qu’à jouer avec le feu, l’accident industriel d’une relégation peut arriver. Il a retenu ce que dit Pascal Dupraz : « Toulouse est un bon club, costaud, structuré, qui mériterait un centre d’entraînement digne d’un club de L1. Quand il a fallu sauver l’équipe, ce que je demandais, je l’obtenais le lendemain. Puis, le temps passant, je devais attendre plus longtemps...» Olivier Sadran a donc décidé d’augmenter le capital à hauteur de 20 % afin de trouver des moyens et des compétences supplémentaires « dans le recrutement, le marketing »... grâce à un partenariat avec « un très grand club européen » qu’il espère concrétiser durant l’été. On évoque Manchester City ; tout le monde mène l’enquête, s’inquiète parfois que le club perde son âme en citant Leipzig et le Red Bull ou en se souvenant qu’à la fin des années 60 Toulouse avait failli disparaître, absorbé par le Red Star, mais espère surtout que cet accord aboutira à une vraie bouffée d’air frais. Voilà qui pourrait provoquer la remise en cause que tout le monde attend. Du sang neuf chez les consanguins !

 

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