Patrick Desprez et T.F. pour La Dépêche du Midi

 

Ligue1

Le hasard du calendrier leur a réservé l'OM pour ouvrir le bal. Les Toulousains ont un peu moins de deux semaines pour être au point. Revue de détail.

Trois victoires, trois défaites, un nul vierge ; 11 buts pour, 9 contre. Difficile de faire plus équilibré ! Si elle marque beaucoup, la troupe de Casanova encaisse aussi pas mal de buts. Radioscopie à J-11.

 


Une charnière qui manque d'huile

Dites 9 ! Fortes-Bessilé (Rodez), Bedos-Jullien (Red Star), Jullien-Bessilé et Fortes-Todibo (Villefranche/Beaujolais), Amian-Jullien et Todibo-Fortes (AC Ajaccio), Fortes-Jullien et Todibo-Bessilé (UNFP), Todibo-Jullien (Nîmes Olympique avant-hier). Depuis le début de la prépa – 6 galops d'essai si on ne prend pas en considération l'opposition des réserves samedi à Aigues-Mortes, Alain Casanova n'aura jamais aligné le même axe central.

La faute aux absents, d'abord. Temporaires : Yago s'est fait opérer au ménisque (le 4 juillet) et Fortes est resté en soins la semaine écoulée (entorse pied droit). Définitif : Issa Diop a été transféré ; et, comme son remplaçant n'a pas encore été déniché, CQFD.

«Malgré la bonne volonté et la bonne intégration de certains jeunes, pour le moment on a encore de la marge ; c'est sûr. On a besoin d'avoir un peu plus de sécurité, aussi. J'espère qu'on va avoir un renfort qui nous ferait du bien sur la ligne défensive.» De la sécurité, de la stabilité également car des interrogations existent pareillement sur les flancs : de retour au bercail lundi dernier, l'international suisse et latéral gauche François Moubandjé entame à partir d'aujourd'hui une course contre-la-montre en quelque sorte pour être dispo au Vélodrome (Sylla, l'autre spécialiste au poste, était malade toute la semaine). On terminera par une notre positive : de l'autre côté, le tacticien téféciste y voit plus clair puisqu'Amian et Michelin sont opérationnels – et, au passage, peuvent évoluer le cas échéant sur l'aile opposée.


Du neuf devant

Mine de rien, il en est déjà à 4 réalisations. Soit meilleur buteur de l'intersaison, une unité devant le capitaine Max-Alain Gradel, débarqué lui l'été dernier. Pas mal comme adaptation express, donc. On parle de qui ? D'Aaron Leya Iseka, 20 ans, plus connu sous la périphrase «si, c'est le petit frère de Michy Batshuayi » comme on l'entendit dans les travées surchauffées du Bourgidou samedi après-midi.

Il a signé – personne ne l'avait vu arriver, on avoue – le même jour que le nouveau portier des Violets Baptiste Reynet, à la fin du mois dernier. En provenance de Zulte Waregem où le jeune Belge était prêté l'exercice passé, appartenant sinon à Anderlecht. Résultat des courses et des comptes : 305 minutes sur le pré et 4 buts, ainsi, mais tous différents (un penalty, un second du gauche après avoir effacé le goal adverse, un du droit plein de sang-froid et un dernier pour la route d'une tête détonante – les N°3 et 4 datent de ce week-end contre Nîmes). Panoplie élargie s'il en est pour l'ancien Marseillais il y a tout juste deux ans, c'est-à-dire saison 2016-2017, au gabarit favorisant vitesse et puissance (1m83-83kg). Coach Casanova abonde : «C'est un garçon qui, à l'instar de tout numéro 9, a besoin d'avoir une certaine confiance. Mais qui correspond bien au jeu qu'on souhaite pratiquer et au profil qu'on recherchait. Il lui manque un peu plus d'expérience à acquérir, parce qu'il lui arrive d'être pris à la faute sur des décrochages – il ne protège pas assez sa balle. Il a également une qualité de remise dans son jeu en appui qui peut être améliorée. Une qualité de finition par-là même. Sinon, globalement, je suis vraiment satisfait. Et je pense qu'Aaron est capable de faire une très-très grande saison.»

On se rappellera que quand «Casa» a pris en main l'équipe Une du Téfécé la première fois, en mai 2008, il avait su transformer Gignac. De remplaçant dans l'ombre d'Elmander à serial buteur qui termina «pichichi» de la L1 avec 24 buts à son actif une année plus tard… Sans oublier Wissam Ben Yedder, d'abord couvé par l'ex-technicien lensois avant d'être lancé dans le grand bain avec le succès que l'on connaît. Casanova a le flair avec les avants-centres, ça doit être un truc de gardien…

 

Manu Garcia, déjà plus qu'une promesse

«Un football de possession, où nous sommes les décideurs.» Voilà ce qu'a répété vouloir voir Alain Casanova pour la saison à venir. Un message qui a dû faire écho chez l'un des nouveaux visages du TFC pour l'exercice 2018-2019 : le milieu de terrain Manu Garcia. La possession de balle, ça ne doit pas lui déplaire, lui qui expliquait il y a quelques mois au quotidien espagnol As avoir «grandi avec le Barça de Guardiola». Pep Guardiola qu'il retrouvera loin de l'Espagne, à Manchester City, où il arrive en 2013 à l'âge de 16 ans. C'est avec le maillot des Sky Blues qu'il dispute son premier match en pro, en 2015. Pour l'aguerrir, City envoie ensuite le natif d'Oviedo en prêt, d'abord au Deportivo Alavés où il ne joue pas et rompt son contrat avant de se poser un an et demi à NAC Breda, en Hollande. Là-bas, il joue : 58 matchs entre l'hiver 2017 et la fin de la saison passée. Il marque 3 buts. C'est d'ailleurs l'un des défauts qu'on lui trouve : pas assez décisif encore. Pour le reste, de Manchester à Breda, on parle d'un joueur très technique, passeur, avec une excellente vision du jeu. S'il peut jouer sur la gauche, ou en relayeur, Manu Garcia est avant tout un vrai meneur de jeu, qui aime être dans la zone de création. Ça tombe bien, c'est là que Casanova semble décidé à l'utiliser cette saison. Celui qui aura le numéro 22 dans le dos sera un 10 sur le terrain, les clés du jeu toulousain dans la poche. Au cœur de l'été en amical, l'Espagnol de 20 ans (1m69-65kg) a déjà commencé à convaincre. Presque buteur face à Nîmes samedi, il commence surtout à étendre son influence, et à dévoiler des automatismes avec ses partenaires. Le 10 août à Marseille, il découvrira un championnat plus rapide, plus physique que celui auquel il était habitué en Hollande. Manu Garcia est prévenu, et a annoncé avoir les épaules pour relever le défi. Le début d'une belle histoire avec le TFC ?