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Patrick Desprez pour La Dépêche du Midi

 

Interview

Si les Toulousains n'ont toujours pas regagné depuis le 1er septembre, ils ont relevé la tête après deux fessées à Nantes (0-4) puis devant Montpellier (0-3). Leur entraîneur nous explique pourquoi.

Il avait parlé de non-match après la Beaujoire, de honte suite au derby d'Occitanie, de frustration également mercredi soir quand la L2 Lorient est venue se qualifier sur l'île du Ramier pour les 16es de finale de la Coupe de la Ligue (0-1). Hier midi, Alain Casanova était forcément dans un esprit bien différent, même si dès aujourd'hui «on va se remettre au boulot» afin de confirmer samedi, au Stadium, face au mal-classé amiénois. Interview.

 

Alain, vous avez dû mieux dormir samedi soir, non ?

(sourire) Ni plus ni moins que d'habitude, mais j'entends le sens de votre question : on est bien sûr satisfaits du résultat. Contre une équipe qui, à domicile, fait plier tout le monde depuis un petit moment : elle restait sur 3 victoires de rang plus venait d'y éliminer Lille en Coupe, mardi (2-0).

Tactiquement et mentalement, Toulouse a répondu présent.

Absolument. Notre organisation défensive a été très bonne. Ensuite, oui, l'équipe a montré beaucoup de caractère, de générosité, d'enthousiasme dans le but de respecter le plan de jeu.

Allez, on est taquin : la crise attendra…

Je pense qu'il n'est jamais bon d'enchaîner les mauvais résultats. On en était tous conscients, il y a eu un resserrement dans la semaine. On a tâché d'augmenter encore la cohésion.

Comment, concrètement ?

C'est passé par beaucoup de discussions, de prises de conscience, d'échange. Et ce n'est pas uniquement venu de notre part, le staff ; les joueurs se sont pris en charge. Les cadres remplissent leur rôle idéalement : Max-Alain Gradel en tant que capitaine, de par son expérience anglaise et par-delà son esprit compétiteur, veut toujours plus pour l'équipe. Comme Yannick Cahuzac peut être exigeant. Comme d'autres se révèlent à l'instar de Baptiste Reynet. Et j'en oublie. Puis…

Oui…

Il y a vraiment eu une volonté de tout mettre en œuvre pour ce déplacement à Strasbourg. Les garçons ont à nouveau prouvé des vertus morales intéressantes, j'insiste, de la même manière que jusqu'à Nantes. Leur image reste celle des 9 premiers matchs. Plus celui de samedi soir même si, encore une fois, par rapport au jeu qu'on veut pratiquer c'était un cran en dessous puisqu'on avait pris le parti de défendre plus bas.

Quand on parle de bloc-équipe…

C'est comme au rugby : chez les formations qui cherchent à jouer, les Blacks ou le Stade Toulousain par exemple, la conquête, le duel, la récupération sont primordiales. Le jeu de position idem. Il faut qu'on soit capables d'être davantage rigoureux, disciplinés. Je me répète, or ce qu'ont fait les ex-centrés – Gradel, Dossevi puis Durmaz et Jean quand ils sont entrés – a été remarquable sur le plan du dévouement. On appelle cela se mettre au service du collectif, ça me plaît.

En résumé : dos au mur, on se rebelle !

C'est toujours dans les situations délicates, au travers des échecs et des erreurs, qu'on progresse. Qu'on se serre les coudes. Qu'on travaille pour la suite. À mon sens, la semaine qui a été fédératrice comptera dans la saison.

Sans trahir l'intimité du vestiaire, quel a été votre discours à la causerie précédant la rencontre ?

Il portait sur trois points. Un projet de jeu moins ambitieux car plus fort défensif pour, aussi, se redonner confiance. De facto, il s'agissait de surligner notre capacité à multiplier les efforts – ateliers et exercices avaient été utilisés à cet effet lors des entraînements depuis lundi dernier. Dernière chose, dans la lignée : qu'on soit tous à même d'assumer le contexte. J'estime que c'étaient les trois piliers qu'il fallait solliciter.

Et, même si ce n'est qu'un nul, la roue commence à retourner du bon côté…

La chance, il faut la solliciter pour la décrocher. Pas sorcier. Même menés, les joueurs ont refusé d'abdiquer. C'est ce qui m'avait chagriné, irrité, lors de nos deux dernières sorties (NDLR : à Nantes 0-4 et face à Montpellier 0-3) où j'avais trouvé ma troupe résignée – à l'image de notre ouverture à Marseille (0-4). Cette équipe-là ne peut pas en arriver là, elle doit y croire jusqu'au bout et s'en donner les moyens. Il y a des éléments qui prennent leurs responsabilités. Moi, j'aime les joueurs qui ont de la personnalité sur le terrain.

Des noms ?

C'est le cas de Max (Gradel), Yannick (Cahuzac), Matthieu (Dossevi), Jimmy (Durmaz), de Manu (Garcia) et de John (Bostock). À la Meinau, les leaders ont tiré le XI aligné vers le haut mais le reste du groupe aura été au diapason. J'avais demandé aux latéraux d'être très concentrés, justes dans leur positionnement et/ou replacement ; je juge que notre charnière centrale a été costaude vu le nombre conséquent de centres. Et nos milieux ont bien couvert la largeur, alors que le trio de devant est sorti quand il le fallait.

La performance est de qualité, c'est certain.

Pas sur le corner où Mothiba, seul, marque…

On défend en zone ; donc ce n'est pas un problème de marquage, au contraire de positionnement. Dû à un enchaînement de petites erreurs. On connaissait la force du Racing sur les phases statiques, il en a profité.

Comme le TFC sur le magistral coup franc égalisateur de Gradel.

Max est intéressant dans tout. C'est un grand joueur. Toulouse se sauve au mois de mai passé parce qu'aussi il sait être décisif tout en se mettant à disposition de ses partenaires. Et souvent, ça fait basculer une rencontre.

Pour la composition : si Mbia n'avait pas jeté l'éponge à l'échauffement, il aurait formé la paire de milieux récupérateurs avec Cahuzac. Pour, disons, compenser l'absence de Sangaré.

On voulait bien occuper toute la largeur, d'où plutôt que de jouer dans l'entrejeu avec 2 + 1 on souhaitait évoluer avec 3 milieux à plat. Et même si Kalidou (Sidibé) a un registre un peu différent de Stéphane (Mbia), l'objectif a globalement été atteint. Pour en revenir à votre remarque, l'on peut changer les individualités comme le système ; et tant qu'Ibrahim (Sangaré) ne sera pas opérationnel, on aura le choix entre les deux alternatives.

Kalidou Sidibé, parlons-en : combien mesure-t-il exactement ?

Deux mètres pile.

Il a fait son match…

Surtout avec seulement quinze mois de présence chez nous. Il a des lacunes, naturellement. En même temps, il a un gros-gros mental pour un jeune qui démarre, autant dans l'approche du match que dans l'engagement et l'agressivité sur le terrain. Plus, sur le plan technique, malgré son gabarit et son manque d'explosivité, il est surprenant. Un profil à polir. Il n'était pas forcément programmé pour éclore si vite et il a encore une grande marge de progression. C'est un garçon dans lequel on croit. On m'a fait revenir aussi pour lancer les jeunes. Vous me connaissez : à aucun moment, je n'hésiterai à en lancer dans le grand bain s'ils sont prêts.

 

Gradel, un bijou de plus

Travaillez-vous fréquemment les coups francs directs ? « À chaque fin de séance, répond Alain Casanova, les joueurs aiment bien peaufiner leur adresse devant les buts. En plus de Gradel, Durmaz et Bostock ne sont pas maladroits… C'est celui qui sent mieux l'affaire sur le moment – en fonction de la position du ballon, du goal – qui s'empare de la balle. »

Gradel a frappé, Gradel a marqué et Toulouse est revenu avec un point ô combien précieux « pour les têtes, surtout » dixit le gardien Baptiste Reynet résumant la pensée de son entraîneur. Avant de poursuivre : « Des matchs de cette trempe se jouent sur des coups de pied arrêtés. Ce fut le cas. »

Dans les deux camps : ouverture du score strasbourgeoise, rappelons-le, sur corner ; égalisation toulousaine, ainsi, sur la feuille morte de MAG. Qui a suscité l'admiration du peuple alsacien, pourtant prévenu.


Koné : «Il excelle dans l'exercice»

« On savait, malgré leur mauvaise série, que les Toulousains ont de la qualité sur coup franc. On ne devait pas faire d'erreur, on en a malheureusement commis une… » peste le meneur du Racing Benjamin Corgnet. « Un joueur comme Gradel, il ne lui en faut pas beaucoup » ponctue le relayeur Jonas Martin. Laissant le soin au central Lamine Koné de synthétiser en deux coups de cuiller à pot : « Sur une faute de notre part, on leur donne un joli coup franc. Max Gradel excelle dans l'exercice et il l'a mis au fond. »

Comme lors du barrage aller face à l'AC Ajaccio à Montpellier, mettant les siens sur les rails d'un succès (3-0) qui assurera un retour «pépère» quatre jours plus tard au Stadium. Au vrai, l'attaquant ivoirien est un habitué des tops buts : on se souvient de sa lucarne face à Saint-étienne fin septembre, copier-coller de son enroulé à Nice début février.

Beauté et efficacité : que le capitaine du TFC ne se gêne pas pour continuer. Surtout pas.

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