Théo Faugère pour La Dépêche du Midi

 

Ligue1

Après une série de matchs prometteurs, les Violets sont retombés dans leurs travers à Louis-II, où ils n'ont pas été capables de mettre l'envie et l'intensité nécessaires pour accrocher la victoire.

Le mot sortait comme un refrain dans la bouche de Matthieu Dossevi samedi soir, à chaud devant les caméras, après la défaite toulousaine à Monaco. «C'est chiant», répétait le Togolais. Chiant de «ne pas avoir assez d'ambition dans le jeu», «d'être trop timides», «d'être obligés de prendre un but pour se révolter». Comme un leitmotiv, aussi, de la saison des Violets, qui n'arrivent toujours pas à confirmer leur potentiel, et qui continuent de manquer la marche au moment où une victoire leur permettrait de regarder plus haut.


Toulouse sur courant alternatif

Pour le Tef, ce nouveau revers apparaît comme un symptôme de la principale difficulté qui le mine depuis le début de saison : son incapacité à jouer 95 minutes avec la même intensité et à desserrer le frein à main une bonne fois pour toutes. Combien de fois cette saison a-t-on regretté, comme Dossevi, que Toulouse n'ait pas attaqué les matchs de la même manière qu'il les avait terminés ?

On parle d'une équipe qui a ouvert seulement 6 fois le score sur ses 23 matchs de championnat. Pour 5 victoires et 1 nul. Comme par hasard. Et qui sait où en serait ce groupe s'il avait su faire preuve dès l'entame de ces matchs de cette force de caractère qui lui a fait arracher des nuls dans des situations défavorables ?


Qui a peur de gagner ?

S'il n'existe pas une seule recette pour gagner un match de foot, l'ascendant psychologique que l'on prend sur son adversaire est forcément un ingrédient à mettre dans le plat. C'était d'autant plus vrai samedi face à un Monaco dans le doute, qui n'avait toujours pas gagné à Louis-II.

«J'avais dit à mes joueurs que Monaco pouvait avoir peur de gagner» : Alain Casanova et ses joueurs le savaient, pourtant, ce sont eux qui sont pris à la gorge en début de match. «Notre entame est médiocre» dit le coach. Elle permet surtout à Monaco de prendre confiance, et d'inverser la pression : «Leur capacité d'élimination et de dribble a provoqué une crainte», admet l'entraîneur toulousain.

Certes, le lifting hivernal qu'ont offert ses propriétaires russes à l'équipe monégasque a permis de créer ce danger, notamment avec l'apport d'un Gelson Martins intenable sur le côté. «Oui, le retour de Jardim leur a fait du bien, note Casanova. Dans la remise en question psychologique, mais aussi sur le plan tactique. Il les a réorganisés, notamment pour bien contre-attaquer et exploser sur les côtés.» Mais si l'ASM a donné une entrevue de sa nouvelle force de frappe, Toulouse avait largement la place de ramener, au moins, un point de ce déplacement.


Où sont les leaders ?

Mais après être revenus (1-1), les Toulousains ont encore laissé à Monaco l'occasion de reprendre confiance, et l'ont payé cash. Si un timide réveil en fin de match aurait pu permettre de marquer, personne n'est vraiment sorti du lot pour arracher une égalisation.

Gradel, qui a tant sauvé de points cette saison, semble avoir laissé son excellente forme à 2018. Au milieu, Sangaré a accusé le coup, ce que l'on pouvait imaginer après son retour de blessure, et ni Durmaz ni Manu Garcia n'ont réussi à s'imposer au milieu du terrain, embêtés par Fabregas et Jemerson, repositionné en 6 par Jardim.

Et devant, Leya Iseka n'a pesé sur le jeu qu'en début de rencontre. Lui, comme Manu Garcia, avaient récemment brillé en 16e de finale de Coupe de France, où Toulouse avait renversé Reims au terme d'un match fou (4-4 ap, 4-3 tab), notamment avec un doublé du Belge et un but pour le petit Espagnol.

Mais une saison ne se construit pas sur des coups de folie intermittents.