Patrick Desprez pour La Dépêche du Midi

 

Interview

Raisons du rebond et ambitions de la fin de saison, barre du maintien et calendrier corsé ; départ du préparateur physique ; retour en jeu de Moubandjé mais baisse de régime de Gradel. Hier en début d'après-midi, au lendemain d'un point arraché à Nice et à la veille de quinze jours de coupure réservée aux sélections, le technicien du TFC n'a éludé aucun sujet. Pour La Dépêche.

Verbatim d'Alain Casanova.

 

Alain, un bon nul sur le fond comme la forme, non ?

Tout à fait. J'ai apprécié nos attitudes, la volonté de mettre en place notre plan même si notre première mi-temps a été laborieuse en raison de la qualité de l'adversaire – dur à aller presser. On est punis sur un coup de pied arrêté, presque sur un second mais nous revenons dans la partie peu à peu. En deuxième, on s'octroie le monopole à partir d'une meilleure récupération. Et, oui, on prend des risques ; les Niçois sont deux-trois fois en position de nous breaker sur des contres cependant on défend bien. Puis on y croit jusqu'au bout, sans lâcher ; et ça paye, justement, sur le fil.

Quatre points en deux matchs, la dynamique est – enfin – réenclenchée !

Déjà notre succès sur Guingamp, un concurrent direct (1-0), nous avait permis de mettre la lanter-ne rouge à distance, dimanche. Ensuite, il fallait effectivement valider à Nice en repartant avec quelque chose de l'Allianz Riviera. On se l'était dit avec les joueurs et on a su faire le match qu'il fallait contre une équipe qui n'est pas en haut du classement comme par enchantement.

Comment expliquer ce renouveau après la déroute à Lyon (1-5, 27eJ) ?

Au Parc-OL tout n'était pas forcément négatif. On était tombés sur une formation, beaucoup plus forte que nous, qui est redoutable lorsqu'elle est devant au score. Alors, c'est vrai, les gens peuvent penser que quand on prend le 3e, le 4e, notre comportement n'est plus le même. De l'extérieur, on a l'impression que l'équipe laisse filer ; ce n'est pas le cas, mais, cela devient ardu. En tout cas, il y a une bonne gifle qui a permis de se resserrer, retrouver de la solidarité, être encore plus proches les uns des autres. Et puis se fixer un objectif : faire de l'échéance bretonne une première finale. Le groupe s'est exécuté sur les plans mental, athlétique, technique et tactique. Pour être récompensé.

Au fait, pour le poste de gardien, on en est où ?

Comme je l'ai indiqué : ce sera au jour le jour, rencontre après rencontre. Aujourd'hui, il est trop tôt pour se prononcer. J'estime que Mauro (Goicoechea, titulaire depuis 2 journées) sort encore une bonne copie ; mais je vois également Baptiste (Reynet, habituel N°1), à tous les entraînements, travailler de manière assidue, concentrée, déterminée. Je sais que ce n'est pas facile, j'ai une grande empathie par rapport à son retrait, je connais ce qu'il vit actuellement. Il reviendra encore plus fort.

En clair, pour la réception du Paris-SG, c'est du 50-50 ?

Absolument, une chance sur deux pour chacun. Je suis encore dans l'analyse de Nice, pas encore dans l'approche de Paris. On verra ; il n'y a rien d'acté – ni d'un côté ni de l'autre.

Passons aux avant-postes. Max-Alain Gradel est moins constant en 2019…

C'est toujours pareil, je dirais : Max a mis le curseur tellement haut qu'on en attend monts et merveilles à chaque rendez-vous. Aussi, quand il vient à ne pas conclure une action délicate comme sur cette remise aérienne de Jullien (sur ouverture d'Amian : amorti poitrine et volée du gauche manquée de MAG, 58e), on est surpris. Si notre capitaine n'est pas décisif, il n'en demeure pas moins exemplaire. Déployant constamment une tonne d'efforts : il fixe une partie de l'équipe adversaire ; on s'aperçoit qu'il y a systématiquement deux, trois voire quatre défenseurs qui sont sur lui pour réaliser une sorte de boîte l'empêchant de s'exprimer. Or, de son aile gauche, il continue de beaucoup nous apporter.

Vous insistez depuis une semaine sur le fait que les joueurs se sont vraiment responsabilisés.

Ils ont bien pris conscience que notre classement n'était pas celui qu'il devait être. Qu'il fallait en faire davantage encore.

Par conséquent, est-ce que le travail des entraîneurs s'en trouve modifié ?

Non – sauf que l'exigence s'élève d'un cran même si au quotidien le but est qu'elle soit toujours au maximum. Maintenant, il est vrai qu'en première ligne ce sont d'abord les joueurs. Continuons et confirmons, je me répète. Guingamp puis Nice étaient deux dates clé parce que, dans la foulée, notre programme est compliqué.

Au fait, on a noté que Baptiste Hamid ne faisait plus partie du staff.

Oui, depuis le début d'année.

Pourquoi ?

Baptiste a souhaité prendre du recul en raison d'une situation personnelle délicate à régler. Par respect vis à vis du club, des adjoints et de moi-même qui l'ait fait rentrer au TFC, il ne se sentait plus d'assumer à 100% son poste. Donc lui qui a aussi une salle de sport à gérer (Sport Performance Center, à Tournefeuille) a préféré arrêter. Il n'y a rien de secret : dès le mois de novembre, il m'avait alerté. C'est un préparateur physique d'une excellence hors-pair, je regrette évidemment son départ.

La trêve arrive au mauvais moment…

(sourire) …est-il utile de vous rappeler notre reprise : face au PSG.

Sinon, Moubandjé est à nouveau compétitif.

Oui, François a contrôlé le côté droit des Aiglons Hérelle/Atal qui nous posait souci. Si bien que les cartes sont rebattues avec Issiaga (Sylla) au poste de latéral gauche.

Comment envisagez-vous la suite des opérations, c'est-à-dire la dernière ligne droite jusqu'au 25 mai ?

Encore une fois, il s'agit d'aborder la programmation sans projection ; c'est ce qui nous réussit le mieux. Penser au week-end qui arrive et uniquement. Nos échéances à la maison (Paris-SG, Nantes, Lille, Rennes, Marseille) tout autant que celles loin du Stadium (Montpellier, Saint-étienne, Amiens SC, Dijon) ne seront pas aisées à appréhender, une évidence. Ces équipes chercheront à jouer contre nous. Justement, cela va être intéressant puisqu'on est en train de recouvrer notre jeu. Notre engagement. Notre capacité d'agresser le camp d'en-face en allant chercher haut !

Un objectif chiffré ?

Non-non.

Quid de la fameuse barre du maintien, historiquement fixée à 42 points ?

Tout le monde dit qu'elle sera plus basse cette saison. Personnellement, je ne serai pas aussi catégorique ; une équipe peut très bien enchaîner 3 succès ou 2 victoires et 1 nul et remonter dare-dare. Ce dont je suis sûr, c'est que pour nous, Toulouse, le chemin n'est pas terminé. Il ne faudrait pas croire qu'avec ces 4 derniers points on est sortis d'affaire. Allez, il nous reste au moins deux matchs à gagner.


Un week-end de statu quo

Deux résultats intéressaient plus particulièrement le TFC hier soir : l'affrontement qui sentait à tout le moins le souffre Guingamp-Dijon, soit le dernier face au 18e. Victoire de l'ex-20e breton, sur le plus petit score et un penalty dans les ultimes instants (1-0, 86e). Plus la réception par Caen (19e) des Verts de Saint-étienne qui ont réduit les Normands en bris – les atomisant 5-0 (3-0 au bout d'une demi-heure). Résultat : le SMC du duo Mercadal-Courbis est le nouveau bonnet d'âne de la L1.

Et Toulouse conserve la même avance de 10, 11 et 12 unités sur le trio ; mais sent désormais le souffle de Monaco (à 2pts).