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Théo Faugère pour La Dépêche du Midi

 

Ligue1

Du Japon à la France, de l'OL au TFC, d'une carrière avortée à une autre réussie, Toru Ota a eu plusieurs vies, mais guidées par une seule passion. Portrait d'un précurseur qui vient de loin.

Ce jour-là, les flashs et les micros n'étaient pas pour lui. Le 6 janvier, pour la présentation officielle de Gen Shoji, Toru Ota est resté dans l'ombre de celui qui attirait toute la lumière. Il venait pourtant, à 37 ans, de poser une nouvelle pierre à un parcours déjà remarquable, pavé d'échecs, de coups de pouce, et de rencontres.

 


Mauvais gardien et Monsieur Dussault

Il y a d'abord, dans l'histoire de Toru Ota, un rêve vite envolé. Celui de jouer au football. À Tokyo dans les années quatre-vingt-dix, il «n'étai(t) pas un bon joueur, admet-il aujourd'hui. J'étais gardien, mais toujours blessé à partir de 15 ans.» Mais les vocations se nourrissent parfois de désillusions. «Là-bas il n'y avait pas de kiné, de préparateur physique, et mon entraîneur des gardiens m'a parlé de la réathlétisation, de la prévention… C'est là que j'ai commencé à me poser la question, comment éviter les blessures, tout ça. C'est la question qui m'a amené là où j'en suis.»

Toru laisse alors tomber les ballons pour ouvrir des bouquins, assis sur les bancs de l'Université de Tokyo où il étudie la kinésithérapie et la préparation physique. C'est là, au balbutiement des années 2000, qu'il fait la connaissance de Claude Dussault, l'«une des personnes les plus importantes pour (lui)». «Monsieur Dussault», à l'époque, est au Japon sous la casquette de formateur à l'INF Clairefontaine, intégré à un programme d'échanges de compétences avec la Fédération japonaise. «La Fédération voulait travailler comme en France, mais il n'y avait aucun japonais ici, alors comment tu veux faire ?» Il décide de sauter le pas, aiguillé par Dussault.


Chez les machines à gagner du foot féminin français

Rien, au départ, ne prédestinait Toru Ota à devenir traducteur dans l'Hexagone. Sa langue à lui était d'ailleurs bien emmêlée en arrivant en France, en 2006 : «Je savais que j'allais venir, mais pendant un an je n'ai rien fait, pas étudié, je me suis dit mais qu'est-ce que j'ai foutu ! Tout s'est fait comme ça, ici.» Un apprentissage sur le tard qui aujourd'hui lui fait dire à Gen Shoji qu'«il ne faut pas forcer. Il est là pour être performant sur le terrain. S'il doit préparer le match, et se rajouter l'apprentissage de la langue, ça peut devenir compliqué.»

Son apprentissage à lui se fait à Dijon, où il étudie le français durant un an, avant de rejoindre Lyon et d'intégrer le staff de l'Olympique Lyonnais en 2009. En tant que préparateur physique de l'équipe féminine, il fait partie de cette machine à gagner jamais repue de titres, notamment grâce à Patrice Lair qui lui offre son premier contrat, et qu'il suit au PSG en 2016. À Paris, il passe ses diplômes d'entraîneur, et obtient sa première expérience d'adjoint, la saison passée, avec l'autre géant du foot féminin en France.

C'est fort de toutes ces expériences qu'il débarque sur les bords de Garonne en tant qu'adjoint, avec pour mission bien plus que servir d'oreilles à Gen Shoji. «Nous connaissions évidemment son expérience, et c'est intéressant d'avoir affaire à un entraîneur, qui non seulement traduit, mais a une vraie sensibilité foot», apprécie Alain Casanova.


Famille et PowerPoint

Relais du coach toulousain dans le vestiaire pour toutes les causeries le matin, Toru enfile son costume d'adjoint l'après-midi, où il dissèque les séances vidéos, et «donne son PowerPoint au staff.» Pour le reste, il jure que c'est Shoji qui l'a aidé, pas l'inverse. «Il est très fort mentalement. Quand il a un problème, il dit que c'est pour ça qu'il est venu. Il a déjà une grande maturité. Je traduis, je discute avec lui, mais franchement, il s'en sort tout seul.» Et alors que Shoji va commencer à prendre des cours de français («il s'est adapté, donc maintenant il va étudier, on a planifié ça comme ça», lui construit «(s)a vision du foot. J'apprends des choses tous les jours», pose celui qui au bout d'une semaine, «avait l'impression d'être là depuis six mois,» et loue «l'ambiance familiale» du TFC. Famille, ce célibataire de longue date ne l'est pourtant pas trop, à l'en croire : «Je n'ai presque aucun rapport avec le Japon. Mes parents m'envoient un texto tous les six mois.»

Mais Toru Ota garde un rêve : «Je pourrais retourner au Japon à 60, 65 ans. Là-bas, il y a souvent des coachs qui n'ont pas de diplôme, pas de kinés… Je veux créer une école de foot avec trois compétences : soins, préparation physique, et entraîneur. Là, j'en suis à la troisième.» Celui-ci, il pourrait bien le réaliser.

Toru Ota

11 juillet 1981 : Naissance

2000-2004 : études de kiné à l'Université de Tokyo

2004-2006 : école de préparation physique, Tokyo

2006 : arrivée en France, à Dijon

2008-2009 : Master 1 préparation physique à l'Université Lyon 1, stage d'observation à l'Olympique Lyonnais

2010-2016 : préparateur physique de l'équipe féminine U19 de l'OL, puis de l'équipe 1 à partir de 2013 (championne de France sur toute la période, vainqueure de la Ligue des champions entre 2012 et 2016)

2016-2017 : préparateur physique de l'équipe féminine du PSG

2017-2018 : entraîneur adjoint de Patrice Lair pour l'équipe féminine du PSG

2019 : entraîneur adjoint d'Alain Casanova au TFC.

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