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Théo Faugère pour La Dépêche du Midi

 

Ligue1

Que les Dieux du football choisissent Toulouse ; et que Paris soit dans un jour sans, en plus d'être amoindri. Comment faire un résultat face au PSG, Alain Casanova a annoncé la couleur vendredi midi. «Il faut toujours une combinaison de plusieurs facteurs, détaille l'entraîneur des Violets. Ce soir-là tu dois avoir une chance terrible, qu'au contraire eux soient moins bien que d'habitude et qu'ils aient certaine absences.»

Si on reprend point par point le «plan» de Casa, à l'envers, il peut y avoir des motifs d'espoir du côté de l'île du Ramier.

Oui, l'équipe de Tuchel à qui le coach téféciste voue une vraie admiration (lire l'encadré), a passé la trêve à panser ses plaies et devra se passer de 6 joueurs – à commencer par les joyaux de la couronne : l'extraterrestre Neymar, le canonnier Cavani, le funambule qui marche sur l'eau en 2019 Di Maria.


Se souvenir du nul lyonnais

Ensuite, corollaire, peut-être y aura-t-il moins de fluidité dans le circuit de transmissions francilien et, sur le papier, moins de force de frappe offensive avec, sans lui faire offense, Choupo-Moting aligné en pointe. Enfin, si les coéquipiers de Max Gradel avaient la bonne idée de faire un copier-coller – dans la prise de risques gagnante – des 72 premières minutes de leur copie face à Lyon à la mi-janvier (2-0, 73e ; 2-2 au final)…


Carton plein pour le PSG post-trêve

ça, c'est la version optimiste. Pour ne pas dire idéaliste. L'autre vision, genre bouteille à moitié vide, donne un scénario évidemment tout autre. Un chiffre, un seul, suffit à assombrir le tableau violet : de retour de coupure internationale, le Paris–Saint-Germain, qui a disputé 3 matchs, comptabilise 3 victoires et, surtout, 10 buts pour et zéro contre.

Dans le détail : le 14 septembre, 4-0 face à Saint-étienne (5eJ) ; le 20 octobre, 5-0 devant l'Amiens SC (10eJ) ; le 24 novembre, 1-0 contre… le Toulouse FC (14eJ).

La première manche, justement, le technicien haut-garonnais ne manque pas de l'évoquer : «On était proches de ramener un point du Parc.» Au terme de débats mal engagés (numéro de Cavani après 8 minutes) mais qui, peu à peu, s'étaient équilibrés. Jusqu'à la balle d'égalisation dans les pieds de Mubele, sortie par Buffon (76e).


Un seul revers pour l'ogre

«Il s'agit de s'inspirer d'un peu tout le monde, reprend Casanova. Lyon a battu le Paris-SG (2-1), Strasbourg et Bordeaux l'a accroché (respectivement 1-1 et 2-2). D'autres formations, défaites, lui ont rendu la tâche ardue. Puis…»

Oui… «Le football est un des seuls sports collectifs où même le plus faible peut gagner.» Voilà, c'est dit. Et complété dans la foulée : «Je ne vais pas vous contrecarrer si vous me dites que l'on risque de perdre, mais je peux vous promettre qu'on va tout mettre en œuvre pour être digne de l'affiche.»


En recherche de coup d'éclat

Comprendre, faire briller la vitrine Téfécé : «Nous devons donner la meilleure image de nous-mêmes. Jouer sans complexe, insiste l'Auvergnat, avec l'altruisme qui sait nous caractériser et nous permet des séquences de qualité. J'en reviens à mes ambitions de l'intersaison, conclut Alain Casanova, on doit être une équipe à deux valeurs fortes : le jeu, la mentalité. Le ballon, on sait qu'on l'aura beaucoup moins que ce qu'on voudrait. Lorsqu'on l'aura, il faudra l'utiliser à bon escient et quand on ne l'aura pas, il faudra être capables de faire beaucoup-beaucoup d'efforts ensemble, d'avoir un esprit de dévouement supérieur à la moyenne, largement au-dessus de ce que requiert un match de L1.»

Un succès de prestige face à l'ogre francilien n'aurait pas de prix. Un coût, si : celui du sacrifice collectif.


Casanova encense Tuchel

Invité à donner son avis sur le technicien allemand à la tête du Paris-SG depuis cette saison, l'entraîneur du Toulouse FC Alain Casanova ne tarit pas d'éloges envers son confrère. «Thomas Tuchel fait partie des grands techniciens, pour nous entraîneurs de Ligue 1. Il est un peu précurseur dans tout ce que peut constituer le foot moderne. Tactiquement, il effectue beaucoup de changements d'un match à l'autre, au cours d'une même rencontre ; il est adepte des prises de risques, pose des problèmes à l'adversaire – en apportant énormément de correctifs par rapport à ce que le camp d'en-face propose. Il n'a pas à être jugé sur l'élimination en Ligue des champions. Bref, qualifie Casa, pour moi c'est très fort. Tuchel fait partie des tout meilleurs ; il se rapproche d'un Guardiola, d'un Klopp…»


Toulouse sait qu'il peut le faire

C'était avant un match de Ligue des champions déterminant face à Liverpool, et Mbappé et Neymar, blessés, manquaient à l'appel. Mais Paris reste Paris, et en cette fin du mois de novembre 2018, le futur champion comptait déjà 13 victoires en autant de rencontres. Alors, pour le TFC, qui courait après un succès depuis la 4e journée, ce déplacement au Parc des Princes portait tout de même la promesse de le voir gambader derrière le ballon et le score. Loin.

Un but précoce de Cavani, qui effaçait Amian d'un coup du sombrero avant de fusiller Baptiste Reynet sans contrôle (1-0, 9e), plaçait d'ailleurs les Parisiens sur la route d'un après-midi tranquille, où l'on pouvait craindre qu'ils déroulent sans forcer.


Reynet à l'attaque

Mais le Tef, sérieux et bien regroupé derrière, avait décidé de ne pas se faire rouler dessus, et de tenter de punir un PSG un peu au pas ce jour-là. En exploitant notamment les phases de transition ; par deux fois, Baptiste Reynet relançait long sur Leya Iseka, qui ne parvenait pas à exploiter les ballons. Christopher Jullien passait proche de trouver la lucarne de Buffon sur une frappe enroulée du pied gauche, quand, en face, les offensives se faisaient timides. La plus franche était à mettre au crédit de Nkunku, servi en profondeur par Di Maria en toute fin de match, mais sa frappe s'envolait au-dessus du but toulousain. On se disait alors, comme Mubele, que tout était possible, mais le Congolais butait sur Buffon. Oui, tout était possible, même de voir Reynet monter sur un ultime corner pour arracher un point, mais un petit PSG s'en sortait finalement grâce à l'unique but du match de son Matador (1-0, score final).

Mais Toulouse repartait de son voyage à Paris avec cette conviction : il est possible de faire trébucher le roi. Ce soir, face à un PSG qui devra essuyer une pluie d'absents, il faudra s'en rappeler.


Neymar, l'histoire sans fin

Depuis que Neymar a annoncé son prochain retour sur les terrains à Andoni Zubizarreta, le directeur sportif de l'OM, une seule question excite la planète football : quand ? Visiblement, Thomas Tuchel est un peu moins optimiste que son Brésilien. La patience semble encore de mise : «Il ne ressent plus de douleur mais pour lui c'est trop tôt pour revenir sur le terrain. Neymar a du temps devant lui, je ne veux pas donner de date pour sa rentrée.» Dans l'idéal, le PSG aimerait récupérer sa star pour la finale de la Coupe de France le 27 avril. Pour cela, il faudra d'abord que les Parisiens sortent Nantes, mercredi prochain. Neymar, lui, ambitionne surtout d'être au top pour la Copa América qui débutera le 14 juin à Sao Paulo…


Le PSG envoie une «très petite équipe»

Cette fois, il n'a pas vraiment le choix. Entre les blessés (Neymar, Cavani, Di Maria, Draxler, Meunier, Alves) et l'état de fatigue des internationaux tout juste rentrés de leur sélection, Thomas Tuchel devrait solliciter sa jeune garde pour compléter son groupe voire composer son onze de départ, ce soir au Stadium. «Il y a trop d'absents. On n'a que 14 joueurs de champ disponibles en plus des 2 gardiens, ce n'est pas très agréable. à Toulouse, nous serons une équipe très petite (sic).» Comprenez en nombre, ne sortez pas les mouchoirs tout de suite. L'entraîneur allemand n'a d'ailleurs pas joué Cosette, hier au Camp des Loges : «Ce n'est pas la première fois que ça arrive. Ce n'est pas une bonne situation. Mais nous sommes capables de faire un bon match et de gagner.» Le contraire serait un coup de tonnerre de plus, y compris dans ce contexte un peu particulier : «Après une trêve, c'est toujours compliqué. Pas seulement à cause des absents. Il faut retrouver le rythme, ce n'est pas évident. Chacun a évolué avec sa sélection dans des styles différents, des systèmes différents. Notre défi,

c'est de gagner même si on n'aura eu que deux séances collectives pour retrouver quelques automatismes.» Peu importe pour les jeunes, avides de temps de jeu, qui en ont déjà bénéficié pas mal tout au long de la saison. La porte ouverte à la classe biberon, voilà un élément à mettre au crédit de Thomas Tuchel, qui a donné sa chance à Colin Dagba (13 matches dont 4 titularisations toutes compétitions confondues), Christopher Nkunku (26 dont 15), Stanley Nsoki (14 dont 9) ou encore Moussa Diaby (25 dont 7). Ils n'ont pas seulement dépanné. Ils ont parfois été utilisés alors que l'infirmerie était moins remplie, à dose homéopathique, un par un ou deux par deux, pour leur offrir le meilleur terrain d'expression possible. Une manière aussi de préparer l'avenir car le PSG ne pourra pas constamment recruter à tour de bras et devra, fair-play financier oblige, aussi puiser dans son centre de formation.

Ce soir, Colin Dagba, latéral droit de 20 ans, pourrait ainsi démarrer. Il est le symbole d'une jeune garde dont le coach parisien est admiratif. «Les jeunes sont très importants. Ils ont une belle occasion à exploiter. On essaie de les pousser vers le haut niveau tout en les protégeant. Ce n'est jamais facile d'être dans un club comme le PSG. Les jeunes sont impatients mais ici ils doivent être patients. Souvent, ils ont peu de minutes pour s'exprimer. Pourtant, ils doivent les exploiter. J'ai confiance en eux.» Cette relation doit pouvoir s'inscrire dans la durée puisque Thomas Tuchel est sur le point de prolonger. Un choix discutable après le crash contre Manchester United en Ligue des champions et même celui contre Guingamp en Coupe de la Ligue. Le choix de la stabilité pour un club qui a donc dédouané le technicien germanique d'une lourde responsabilité dans ces échecs. Ce n'est pas signé mais c'est tout comme : «Il n'y a rien à annoncer sur ma prolongation. Il va falloir patienter.» Peu de temps, assurément.


Cahuzac : «Ibra est un vrai phénomène»

Toujours le sourire, jamais la langue de bois. Avec Yannick Cahuzac en face, vous êtes rarement déçu du voyage. Pourtant, le milieu défensif de 34 ans avance que « les médias, ce n'est pas trop mon truc ». Heureusement.

Yannick, la dernière fois que vous vous étiez présenté devant la presse, c'était avant le derby… et vous aviez marqué !

(rires) ça serait bien de le refaire. Maintenant, je préfère ne pas scorer et que mon équipe gagne.

Plus sérieusement, depuis Bordeaux (25eJ, 1-2), il y a du mieux.

Comptablement, c'était important pour nous de prendre des points. Et même dans le jeu, sur les deux dernières performances, on a retrouvé un certain contenu qui nous permet aussi de faire de bonnes prestations et d'engranger de la confiance pour cette fin de saison.

Comment expliquer ce regain ?

Si j'avais la solution, je pense qu'on aurait résolu nos problèmes pendant cette période creuse. Sinon, il y a aussi le fait qu'Ibra(him) Sangaré revienne à son niveau (après sa blessure). Il nous fait énormément de bien dans l'entrejeu. C'est un phénomène, un vrai phénomène. Quelqu'un de très fort dans beaucoup de domaines. Et au-delà d'être un bon joueur, c'est une belle personne.

Je suis ravi de pouvoir le côtoyer.

Revenons au rebond toulousain : est-il dû d'abord au mental ?

C'est sûr qu'il y a eu une prise de conscience générale du groupe. On ne faisait peut-être pas tous les efforts tous ensemble, chacun était de son côté et on ne travaillait pas en équipe. Le coach a pointé du doigt certains problèmes et on les a corrigés. De suite, cela a porté ses fruits.

C'est le match de l'année pour les supporters. Quid des joueurs ?

Je ne sais pas si je peux parler au nom de tous les joueurs… Pour moi, c'est un match comme un autre. Mais il est important car il y a 3 points en jeu.

Justement, quelle ambition avoir ?

Ce serait présomptueux de dire qu'on veut les 3 points, même si on va tout faire pour les prendre. Surtout qu'à domicile, on a eu quelques soucis cette année. Allez, un nul, je signe de suite. Paris est vraiment une très grande équipe.

Une machine, c'est ça ?

Oui, le PSG a été monté pour tout gagner. Donc la moindre défaite est un grain de sable. Malgré leur échec en Ligue des champions, les Parisiens restent de grands professionnels.

Ils accusent beaucoup de forfaits, il y a un coup à jouer !

Ouais, mais leurs remplaçants entre guillemets sont de bons joueurs également. Ceux qui jouent moins ont envie de se montrer, de prouver leur valeur à leur entraîneur. Ce sera forcément une sacrée opposition en face. Nous, on a beaucoup de choses à faire pour pouvoir mettre en danger cette équipe.

Techniquement, joue-t-on différemment…

Le mieux placé pour vous parler de la tactique, c'est le coach (sourire). Il a travaillé plusieurs systèmes et c'est lui qui décidera, bien sûr, ce qu'il va mettre en place.

Déçu de l'absence de Neymar ?

Si on veut prendre des points, c'est mieux qu'il ne soit pas là… Après, je comprends que, pour les jeunes, avoir la possibilité de se frotter à ce type de joueurs, est assez exceptionnel.

Comment embêter Paris, in fine ?

Faudra vraiment être costauds défensivement et exploiter la moindre faille sur un contre ou une offensive.

Comment se passe l'adaptation de Gen Shoji ?

Au mieux. On a un super groupe qui va vers lui. De toute façon, Gen est un leader naturel, cela se sent. Il a très vite appris les mots de base. Puis on échange à travers Toru (Ota) qui est son traducteur. Sinon, Gen parle un peu anglais ; on se débrouille, on arrive à se comprendre.

Et puis il reste les mains…

Footballistiquement ?

Top. C'est l'archétype du défenseur moderne : très bon technicien, excellent relanceur, fort dans les duels. Complet, quoi.


Au nom de leur Tef, le choix du non

«Tu vois celui avec la barbe et la queue-de-cheval, c'est Durmaz» montre Martial à sa fille, avant de se replonger dans la discussion qu'il tient avec Boris, cet ex-membre des Indians aujourd'hui exilé à Saint-étienne, dont les chaussures violettes rappellent l'appartenance.

Hier matin, aux abords des terrains d'entraînement, on ne parlait pas tant de l'aspect sportif de la confrontation entre le TFC et le leader parisien, que de ce qui anime vraiment les supporters toulousains depuis plusieurs jours : le prix des places pour le match, dont le minimum a été fixé à 70 euros. «On a un club et un stade morts» se désole Martial. Après des années d'abonnement, il a décidé de ne pas reprendre sa carte cette année, lassé des mauvais résultats. Mais le cœur a repris le dessus, et cette saison, il a payé sa place tous les week-ends ; ce soir, lui et sa fille seront installés dans les tribunes du Stadium, contre 140 euros. «Malgré le prix, on vient pour l'amour du club» admet-il.


«On est désolés»

C'est aussi, quelque part, l'amour du club qui a poussé les Indians à prendre la décision inverse, celle de ne pas venir au Stadium ce soir. « Vous avez voulu un public de consommateurs et de gens acquis à la cause de l'équipe adverse, vous l'aurez », écrivent-ils à l'adresse des dirigeants du club dans un communiqué. Hier, une quarantaine d'entre eux, ainsi qu'une poignée de West Eagles, est néanmoins venue sur l'île du Ramier pour encourager les joueurs lors de leur entraînement matinal. «On est désolés. Ce n'est pas contre vous, mais motivez-vous pour gagner ce match !» leur ont-ils lancé, à la fin de la séance. Applaudissements en retour.

Dans la bataille de communiqués, la direction du TFC a rétorqué à celui des Indians, et aux vives réactions suscitées par sa politique de prix, souhaitant « rappeler que le tarif moyen d'un match au Stadium sera cette saison inférieur à 8,50 euros pour tous les abonnés du club », et pointant que ce prix était parmi les plus faibles en Ligue 1. Une bande-annonce a également été mise en ligne, voulant rendre hommage aux vrais supporters toulousains, opposés aux opportunistes qui pourraient soutenir Paris.

Parmi ces vrais supporters, un couple et leurs enfants étaient là hier, derrière la grille pour apercevoir les Violets s'entraîner. «Nous, on est cinq. Donc on ne vient pas» lâche le père comme une évidence.

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