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Théo Faugère pour La Dépêche du Midi

 

Ligue1

Sel et soufre. «Même si on a l'habitude de dire que le véritable derby est le Garonico contre Bordeaux, le match face à Montpellier est celui d'Occitanie. Donc oui, relève Alain Casanova, il y a du piment. Le résultat est important pour le club, les supporters. Puis, poursuit l'entraîneur téféciste, on ne doit pas oublier qu'on a pris une bonne raclée à l'aller. Nous avons encore les joues rouges parce que les Héraultais nous avaient bien rossés…»

Le décor est planté : haute intensité programmée et revanche escomptée.

Souvenez-vous le 27 octobre

à la fin du mois d'octobre, le MHSC était en effet venu donner la leçon au TFC sur le pré du Stadium : 3-0 net et sans bavure. Buts de Laborde le Girondin et de Delort pour le coup de l'ex' ; le tout saupoudré dans les arrêts de jeu par un csc de Reynet, le coup franc de Sambia rebondissant sur le gardien toulousain après avoir touché la base de son montant gauche. Ce jour-là, Casa avait calqué son dispositif sur celui montpelliérain, avec un 5-3-2 dans lequel Todibo, Jullien et Moubandjé formaient la charnière centrale. L'élève fut dépassé par le maître qui joua à sa main. Même si à la mi-temps, avec un retour au 4-3-3, les Violets reprirent quelques couleurs. Le mal était fait, la punition en marche.

Et la sale spirale entamée : car ce 0-3 suivait immédiatement le 0-4 à Nantes. Et précédait l'élimination – sans saveur – en Coupe de la Ligue, dès l'entrée en lice, par Lorient toujours sur l'île du Ramier (0-1). Funeste automne, quoi.

«C'est clair que l'équipe de Michel Der Zakarian maîtrise à merveille ce schéma. Je peux d'autant plus en juger que j'ai déjà évolué dans ce canevas (lors de son premier passage sur le banc du Téfécé), note le technicien haut-garonnais. Elle est délicate à manœuvrer, par conséquent à battre. Son animation défensive comme offensive est parfaitement huilée. Les victoires aidant, cette formation est pleinement en confiance, sûre de ce qu'elle fait, toujours en progrès d'après moi. Bref, Montpellier réalise une remarquable saison même si depuis un mois et demi environ ça tourne moins bien.»

En chiffres, cela donne : 2 succès seulement contre 4 matchs nuls et autant de revers.


Constance et réalisme demandés

«Je l'ai vu signer une très bonne prestation lors de sa dernière réception, face à Guingamp (2-0, 3 avril, 30eJ). Les trois centraux se complètent idéalement, les pistons sur chaque flanc ne cessent pas leurs aller-retour ; au milieu, que ce soit 2+1 ou 1+2, c'est très fort. Quant à devant, le duo Delort-Laborde pèse énormément sur les défenses adverses.»

Moralité, coach ? «S'inspirer de notre rencontre devant Nantes, en mieux, répond en substance Casanova. C'est-à-dire qu'il s'agira de mettre notre jeu en place tout en étant plus constants et réalistes que nous l'avons été dimanche passé (1-0).»

Et pour ce qui est de la tactique à usiter afin de contrer le 3-5-2 pailladin ? «Je ne vais pas vous dévoiler nos batteries, sourit l'Auvergnat. Sachez que, chaque semaine, nous nous préparons à affronter différents systèmes mais que nous aussi, nous possédons plusieurs jeux de position.»

Le dernier en date, face aux Canaris, aura montré des Toulousains… sereins. Septième clean-sheet (zéro but concédé) de l'exercice à la clé, avec la même ligne défensive sur pied pour la quatrième fois consécutive. «Vous me parlez du duo Shoji-Jullien, cependant ça ne tient pas qu'à eux deux. Si nos arrières sont performants, c'est aussi parce qu'ils sont bien protégés devant. Le potentiel est là, la progression également.»

Toujours remettre l'ouvrage sur le métier, en somme. «Assurer notre maintien rapidement, décrocher la meilleure place possible, préparer les échéances futures.» Alain Casanova se plie en trois pour fixer les objectifs d'une fin de saison «alléchante». Mais refuse de se projeter plus tard que le match du jour. «C'est ce que je demande aux joueurs.»

Ramassage des copies vers 16h45.


Et la dernière à La Paillade, c'était…

à huis clos, face à l'AC Ajaccio, en barrage aller L1/L2, et les hommes de Michaël Debève s'étaient largement imposés sur le score de 3-0. En guise, ainsi, de prolongation de la saison le mercredi 23 mai 2018. L'artificier Max Gradel s'était chargé d'ouvrir les hosti-lités contre les Corses du Sud d'un maître coup franc aux 18m, magnifiquement enroulé côté fermé au-dessus du mur, juste avant les citrons (45+3). Au retour des vestiaires, Jullien reprenant du gauche en drop un corner d'Imbula (51e) puis Sanogo en force du droit suite à un coup franc mal dégagé de Gradel (65e) scellaient déjà la deuxième manche, quatre jours plus tard à Toulouse. Le plein dans le vide.


Ces derbies ont marqué les esprits

Un revers qui entraînera la chute du coach toulousain, un succès annonciateur du transfert-vedette un an après vers l'Hérault, un partage des points où l'avant-centre téféciste en marqua beaucoup… Nous avons sélectionné trois récents MHSC-TFC, pas anodins.


Le coup de canon d'Imbula et le jet d'éponge de Dupraz

à commencer par le dernier, ça ne s'invente pas, qui est celui qui laissera le plus de traces. Nous sommes le 20 janvier 2018 et Toulouse, relégable au coup d'envoi, rend visite au voisin qui, lui, regarde vers le haut. Mais c'est le Téfécé qui tire le premier. De superbe manière, au demeurant. à 35m, plein-axe, Giannelli Imbula arme du gauche un extérieur qui termine dans la lunette droite du gardien pailladin, à qui il manque un gant. On joue pile-poil la demi-heure (0-1, 30e). Las, 11 minutes plus tard exactement, un tacle non-maîtrisé de Gradel sur Roussillon (semelle au genou droit, carton rouge) fait que les Violets vont disputer plus d'une période

en infériorité numérique. D'ailleurs, juste avant la mi-temps, double peine puisque sur le coup franc de l'expulsion, Sanogo accompagne maladroitement la frappe de Sambia dans les filets de Lafont (1-1, 43e). Et la scoumoune n'est pas finie, même si elle mettra du temps à refaire surface ! Au bout du bout du temps additionnel, le portier garonnais repousse un centre de Mukiele sur le postérieur de Diop, Sio à l'affût poussant au fond (2-1, 90+5). «C'est impensable de perdre ce match», rumine Pascal Dupraz devant la presse avant d'ajouter : «Je ne suis pas fou, continue l'entraîneur savoyard, je sais que quand les résultats ne suivent pas, il y a aussi le changement de coach comme levier à activer. Si le président veut user de ce ressort…» Lundi midi, le communiqué du TFC tombera : « Pascal Dupraz et Olivier Sadran ont décidé de mettre un terme à leur collaboration. »

 

Un blanc qui vaut Delort

La saison d'avant, 2016-2017, c'est début avril que les coéquipiers de Braithwaite se déplacent en terre héraultaise. Et se retrouvent à jouer avec une tenue immaculée : T-shirt, short et bas blancs – juste ornés de la virgule de la célèbre marque sportive. En clair : Montpellier a prêté un jeu de maillots à Toulouse, l'arbitre M. Chapron ayant refusé sa tunique extérieure (fuchsia), trop proche de celle domicile du MHSC (bleu marine).

Andy Delort, qui sera prêté quinze mois plus tard à La Paillade, n'en a cure et convertit de volée une offrande de Jullien en toute fin du premier acte (0-1, 45+1) !


Ben Yedder, début du récital

En ce bel été 2012, la troupe d'Alain Casanova a l'honneur d'ouvrir la saison chez le champion de France en titre… le Montpellier-Hérault.

Par un 10 août, le titré prend les devants par ce diable de Camara (1-0, 34e). Mais un certain Wissam Ben Yedder égalise logiquement de la tête à un quart d'heure du terme (1-1, 72e) – le 1er de ses 15 buts de l'exercice 2012-2013. Dans la foulée, Regattin (73e) et Aurier (84e) voient rouge. Show et chaud.


Papy Hilton fait de la résistance

Il fêtera ses 42 ans le 13 septembre prochain. Ce qui en fait, il coule de source, le doyen de notre championnat. N'empêche, Vitorino Hilton est toujours bon pied-bon œil, l'âge ne semblant pas avoir prise sur le central brésilien. Sa feuille de stats est épatante pour un défenseur : une faute tous les deux matchs (18 en 29) ! Sens du placement, lecture des trajectoires, prise d'informations et analyse des situations qui ne risquent plus d'être inédites lorsqu'on évoque ce briscard.


Der Zak' vise le carton plein

La justification est d'abord mathématique. Huitième depuis la semaine passée et sa défaite à Nice (0-1), avec 45 points au compte-tours, l'équipe de Michel Der Zakarian reste à 5 unités de la 5e place (il n'y avait que 3 longueurs avant le début du week-end) – qui sera européenne si Paris remporte la Coupe de France aux dépens de Rennes dans quinze jours. Des soirées continentales que le club a vécues il y a maintenant 7 saisons de ça (Ligue des champions 2012-2013).

Autrement formulé : le MHSC a un coup(e) à jouer. à condition de reprendre, certes, sa marche en avant (10pts sur 30 lors des 10 dernières journées).


Objectif 4/4 à La Mosson

«Pour prétendre à cet accessit, affirme ainsi le coach pailladin, ce n'est pas sorcier : il faut remporter les quatre rencontres qu'il nous reste à la maison (après le TFC, PSG, Amiens et Nantes).» Son attaquant de pointe dit la même chose : «On doit tout gagner chez nous.» à une différence près : il refuse d'évoquer la C3. «Je pense que parler d'Europe pollue, assure Gaëtan Laborde. Raisonnons plutôt rendez-vous par rendez-vous.»

Superstition ? Ou peut-être pression à évacuer…

Quoi qu'il en soit, les deux hommes sont bien sur la même longueur d'ondes à l'heure de recevoir les Toulousains. Les termes concentration, mobilisation ou encore dynamisme reviennent dans leurs bouches. Ils ont envie d'avoir envie comme le chante Johnny Hallyday. Parce qu'ils connaissent la musique, forcément.

Der Zakarian : «L'affirmer c'est bien, le montrer sur le terrain par des actes c'est mieux. Mettons les bons ingrédients pour faire chuter le TFC. Ceux que j'ai vus face à Guingamp et qui en revanche étaient absents à Nice.» Laborde : «On doit se focaliser sur nous, pas sur les autres.»

Le Tef est averti.


Delort et Montpellier, évidemment

Les réputations sont difficiles à défaire, et Andy Delort en sait quelque chose. On lui a souvent collé celle de mercenaire (à 27 ans, il a connu 9 clubs), et d'ailleurs, il s'en fout un peu. Mais en arrivant à Montpellier, prêté par le TFC après une saison et demie en violet, on a envie de se dire que l'attaquant a enfin trouvé chaussure à son pied. Montpellier aime Delort, et Delort aime Montpellier, et tout ça paraît évident ; personne n'est vraiment surpris de le voir réaliser l'une des meilleures saisons de sa carrière (29 matchs, 11 buts, 7 passes décisives). à commencer par Patrice Garande, sous les ordres duquel le talent du Sétois a sauté aux yeux de tous lors de la saison 2015-2016, à Caen : «Andy a trouvé un environnement qui lui convient, avec cette mentalité du Sud. Il est dans son élément, et c'est une des clés de sa réussite.»

L'esprit du Sud, qu'est-ce que c'est exactement ? Pour Élie Baup, «Delort, c'est la grinta.» Ne rien lâcher, mouiller le maillot, forcément les valeurs qui font vibrer la Butte Paillade. «Il me fait d'emblée penser à Gignac», poursuit l'ancien entraîneur du Tef. APG, ou l'idole de Delort, qu'il a rejoint aux Tigres de Monterrey, au Mexique, en 2016-2017. Une destination exotique, rare pour les joueurs français, où Delort était peut-être déjà en quête de ce qu'il disait avoir trouvé à Montpellier, quelque temps après son arrivée : «Ils ont des couilles, c'est pour ça que ça va le faire.» «Ça correspond à son foot, à sa manière de s'exprimer, analyse Patrice Garande. Chaque joueur, sur le terrain, peut y voir l'expression de ce qu'il a vécu en dehors. Andy a vécu des choses pas faciles.»


Laborde, un pote sur le terrain

L'histoire de Delort se lit d'abord sur son visage, une larme tatouée qui raconte les peines et les joies. C'est aussi celle d'un mec trop entier pour aimer la langue de bois dans un foot aseptisé, trop vrai pour éviter les polémiques. Patrice Garande sait sa «façon de dévorer la vie, parfois à l'excès». «C'est vrai qu'il peut être excessif, il faut parfois le canaliser, confirme Michel Der Zakarian, son entraîneur au MHSC. Mais avec lui on peut parler cru, on se dit les choses en face, et pour ça c'est un garçon que j'apprécie énormément.» Voilà le carburant d'Andy Delort : la sincérité, et la confiance. «Il a besoin de se sentir aimé, et quand il a ça, il donne tout» explique Garande.

C'est ça que le numéro 11 a retrouvé à Montpellier, en se rapprochant de sa famille, de ses proches, lui qui a toujours dit préférer passer ses vacances à manger des pizzas avec ses potes de Sète plutôt que de faire du jet-ski à Miami. De pote, Delort s'en est d'ailleurs fait un nouveau cette saison avec Gaëtan Laborde, et cette entente est déterminante dans l'épanouissement du joueur. «Gaëtan a un peu le même caractère, ce sont tous les deux des bons vivants» note Der Zakarian, qui les a réunis sous les mêmes couleurs cet été. Pour Patrice Garande, «il n'a pas seul la responsabilité de marquer, et ça le libère. Ils se font marquer, et ça se voit qu'ils jouent vraiment ensemble.»


Parole

Partout, les histoires d'Andy Delort sont finalement à hauteur d'hommes, et derrière l'idylle que le joueur connaît avec Montpellier, il y a forcément un nom ; celui du président Laurent Nicollin. «Je suis fait pour jouer à Montpellier. Quand le président m'a fait venir, je lui ai dit merci. J'étais fier et je lui ai dit que j'allais lui rendre ce qu'il a fait pour moi» avait dit Delort. Garande se souvient pour sa part d'un homme qui avait donné sa parole à Caen et son directeur général, Xavier Gravelaine, malgré le grand nombre d'offres qu'il recevait. «Le critère pour lui, c'est le projet, explique-t-il. Et aujourd'hui, pour la première fois de sa carrière, je pense qu'il est bien et qu'il veut s'inscrire dans la durée. Andy, à partir du moment où il a envie d'ailleurs…» Alain Casanova, qui a coaché brièvement le joueur durant un mois cet été, l'a dit : «Les choses étaient claires dès le début quand je suis arrivé, Andy ne voulait pas rester.» Mais dans son Sud, Delort a peut-être enfin trouvé ce qu'il voulait, sur et en dehors des terrains.

Comme une évidence.

 

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