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Pa. D. et T.F. pour La Dépêche du Midi

 

Interview

Une mi-temps arrêts de jeu compris, un thermos de café englouti. Hier, alors que les bouchons sur le périphérique n'étaient pas encore dissipés, le propriétaire du Toulouse Football-Club est venu prendre son petit-déjeuner au siège de votre quotidien. Chemise blanche pour décrypter une saison noire. Recrues en deçà et mauvais résultats, mais génération U19 gorgée de promesses. Sous le soleil et sur le gril, Olivier Sadran, 49 ans, n'aura dribblé aucun sujet.

 


Sportif

Président, huit victoires seulement : cette saison, le chat a été bien maigre…

Alain (Casanova) a qualifié 2018-2019 de médiocre, il a raison. Surtout que cela survient après quatre autres exercices du même acabit. Cela pose un certain nombre de questions, d'autant plus qu'on avait quand même fait un recrutement onéreux, dynamique et agressif l'été dernier. On avait de l'ambition dans le jeu. Tout ça a plutôt bien démarré et s'est petit à petit délité. Résultat : nous n'avons été ni dans nos objectifs de classement ni également dans ceux de contenu. Donc, oui, c'est un échec.

Avec 38 et 37 points en 2017-2018, le TFC vient d'enchaîner ses deux pires années sous votre présidence. Quels enseignements en tirez-vous ?

J'ai en tête le match au Stadium contre Saint-étienne où, sur 3 erreurs presque gag, les choses se sont retournées (2-3, 7eJ ; 25 septembre). Et, à partir de là, on a sans doute moins bien travaillé. Je pense aussi qu'il nous a manqué quelques ingrédients : je parle de puissance. Aujourd'hui, des équipes moyennes comme nous ont besoin d'être fortes dans l'impact. Il y a aussi la dynamique physique : répéter les efforts et se rendre disponible pour son partenaire. Bref, d'une base que l'on souhaitait tous très collective, on s'est orientés vers quelque chose d'un peu plus brouillon et plus individualisé. On doit corriger tout ça.

On insiste mais défensivement (57 buts concédés) comme offensivement (35 buts marqués), les chiffres sont alarmants !

Devant, on avait du matos… sur le papier (sourire). Le sport ne se fait pas sur les sites internet, dans les « y'a qu'a, faut qu'on ». Mais sur le terrain. On a perdu nos vertus. Il faut qu'on retrouve cette gnaque et cette force qui font qu'au bout d'un moment vous épuisez les adversaires de votre calibre. Et que vous êtes respectés.

D'où ?

La préparation athlétique va être modifiée, je ne peux vous donner davantage de détails. Les exigences de plan de jeu vis-à-vis des joueurs vont être plus suivies. On doit avoir davantage d'autorité à ce niveau-là.

Alain Casanova est-il toujours l'homme de la situation ?

Absolument. D'abord, c'est avec lui à une certaine époque qu'on a été le plus régulier. Alain a eu des résultats, c'est un entraîneur qui a une vision et un bon état d'esprit. Même si l'année a été difficile.

A-t-il été menacé en cours de saison ?

Non, absolument pas.

Quel est son nouveau cahier des charges ?

Ca fait 4 à 5 ans qu'on navigue entre la 13e place et le fond de la classe. Par chance, on n'a jamais été relégués. Ce qui va nous permettre d'attaquer notre 17e année d'affilée en L1 ; ce n'est pas neutre bien que ça ne suffise pas. On avait auparavant plus de capacités à se situer entre 8 et 12 ; retrouvons une telle dynamique.


Financier

Le club est passé sans encombres devant la DNCG. L'aspect financier est toujours positif.

Nous nous appuyons sur trois ressources pour vivre. Le Centre de formation, un actionnaire capable d'être présent dans les moments difficiles, et les recettes. Pour ce dernier point, certains diront que cela se fait par la vente des billets, mais ce sont surtout les sponsors, et le classement. Depuis cinq ans, il manque un certain nombre de ressources, car la différence entre la 8e et la 16e place, c'est presque 7 millions d'euros.

Vous parlez de la vente des billets : l'engouement au Stadium est en berne, avec 16.000 spectateurs par match en moyenne…

Oui, parce que nous sortons de cinq saisons médiocres. D'autres clubs plus petits ont une identité locale plus forte, cela se ressent au niveau de l'ambiance. Les années où l'on était 3e, 4e, l'affluence moyenne était de 21.000. C'est notamment lié aux mentalités du Sud. Regardez Montpellier, Nice…

Les relations avec les supporters ont été tendues cette année. Comment recréer le dialogue ?

Ils sont certains qu'il s'est passé je ne sais pas quoi le jour d'un certain match face à Lille (06/05/18). Ce jour-là, on n'a absolument rien vu. Ils croient que nous avons envoyé les forces de l'ordre, comme si nous avions ce pouvoir-là. Depuis, un certain nombre est remonté contre la direction, mais la réalité est qu'avant ou après nous n'avons jamais été capables d'avoir une présence forte, qui porte les joueurs – et je dis bien nous, je ne remets pas la faute sur des tiers. Maintenant, il est évident qu'un club a besoin de ses supporters. Mais ce n'est pas dans le non-dialogue et un semblant de pression que l'on va pouvoir avancer. Et ce que subit de temps en temps Jean-François Soucasse (président délégué) est loin d'être mérité. C'est aussi l'air du temps, que tout le monde puisse s'exprimer dès qu'il a quelque chose à dire. C'est très bien comme ça, néanmoins quand ça se rapproche de l'insulte, ce n'est pas acceptable…

De nouveaux partenaires ?

Nous avons une potentialité de naming du stade. Mais la convention avec la Métropole de Toulouse n'est toujours pas signée, malgré un accord oral.

Le partenariat avec un grand club, que vous aviez annoncé, est-il tombé à l'eau ?

Non. Nos relations avec des grands clubs comme Paris ou City sont bonnes. De là à les transformer en participation capitalistique, ce n'est pas le cas ; mais potentiellement un support ou un échange de joueurs : oui.


Formation

Pouvez-vous nous en dire plus sur le groupe Élite qui devrait voir le jour ?

Non, car les choses ne sont pas totalement finalisées. Mais le Centre est notre ligne de vie.

L'idée est de conserver les jeunes ?

Nous avons toujours réussi à le faire. Notre Centre a un avantage énorme, c'est qu'il fait jouer les jeunes. Le seul pour lequel on n'a pas réussi c'est Todibo. Mais Todibo, combien de matchs a-t-il joué en Liga ?

Deux...

Voilà. Et il va où Todibo cette année ? C'est un très bon joueur, un génie, or rien ne va compenser le fait de jouer. Les clubs font du «trading» parce qu'ils ont des fonds, mais la vérité c'est que pour un certain nombre qui réussissent, beaucoup échouent parce qu'ils ne sont pas prêts.

Comment les protéger ?

On ne peut pas, et je ne détiens pas la vérité. Globalement on est un excellent club pour être titulaire, sans pression, avant de s'imposer ailleurs.

Ce manque de pression, ce n'est pas justement un défaut du TFC ?

Le sport doit rester un exemple. Que voulez-vous que je vous dise ? Que je peux approuver la pression qui consiste à insulter des joueurs, à insulter des directions, que c'est comme ça que l'on donne une image cohérente des choses ? Je ne crois pas. S'il suffisait d'avoir la pression pour être bons, ça se saurait.

Sept jeunes ont signé pro cette saison. Il y a une jurisprudence Todibo ?

Non, car ce n'est pas nouveau. Vous savez, avant, il y avait plus d'éthique dans le football. On ne se piquait pas les stagiaires. Mais des actionnaires sont arrivés, qui lèvent de la dette dans des quantités astronomiques, ce qui est très dangereux : c'est Bordeaux, c'est Lille… Ils font du foot pour faire de l'argent, moi je fais du foot pour faire du sport. Et parce qu'ils ont cassé un certain nombre de codes, on est obligés de se protéger. Donc Toulouse ce n'est pas génial, je peux le comprendre, il faudrait que cela vibre un tout petit peu plus. En attendant, si l'on pouvait essayer de ne pas vibrer parce qu'on est au tribunal de commerce…


Le chiffre : 35

M€ > de budget prévisionnel pour 2019-2020. Soit le même montant que les deux saisons précédentes.


Mercato, les réponses présidentielles

Droit au but, toujours. «L'an passé, notre marché a été totalement raté. Lorsqu'on loupe quelque chose, ce n'est pas la faute de X ou Y ; au contraire, de tout le monde, moi le premier. On aura un peu moins de moyens cet été, il faut qu'il soit plus ciblé, plus réfléchi. Un XI, poursuit Olivier Sadran, ce n'est pas une somme d'individualités, mais un assemblage de complémentarités. L'objectif est de se focaliser sur nos lacunes, et non sur des noms.»

Les deux critères de sélection retenus sont la puissance et l'expérience, dévoile «OS». «Des formations milieu de tableau nécessitent d'être athlétiques, je répète. Et comme nous voulons faire jouer 3 à 4 jeunes qui ont été finalistes de la Gambardella, on se doit de les encadrer.»

Combien d'arrivées ? «On table sur 3 à 4. Quant aux postes, ce n'est un secret pour personne ; on reconstruit la colonne vertébrale : un central même si à date on est pourvus, un N°10, un avant-centre.» Sachant que l'effectif, qui comptait 37 contrats pros à la fin du championnat, va être dégraissé. «On a commencé (Delort, Blin et Michelin, prêtés, ont été définitivement transférés), on va continuer. Je ne donnerai pas de noms, j'ai trop de respect pour les joueurs en question.»

«Manu Garcia retourne à City, a confirmé Sadran. Tout comme Moubandjé et Durmaz, qui ne seront plus téfécistes.»

Pour le reste, c'est du tac au tac.


GRADEL

- «Pourquoi dites-vous le cas ! Max-Alain (qui a clamé des envies d'ailleurs en cas d'absence de garantie dans le recrutement, ndlr) fait partie de l'équipe. Personne ne peut s'exonérer des contrats signés. Il a dit qu'il voulait qu'on discute, il n'est pas venu, or ma porte reste ouverte. Max est adorable et je l'aime beaucoup.»


JULLIEN

- «Un bon de sortie ? Lui aussi est lié au club, on est content qu'il puisse continuer à évoluer sous la tunique violette. Après, si Christopher a une proposition magnifique…»


SANGARÉ

- «Est-il déclaré intransférable… Ibra(him) a été prolongé et le Tef n'a pas besoin de vendre. Puis, pour moi, c'est un élément qui doit parfaire sa formation. J'estime qu'il y a un processus progressif à accomplir, car si tu grilles des étapes tu risques de te brûler.»


A la recherche de la bonne pointe

Concernant les arrivées, fidèle à sa ligne de conduite, Président Sadran n'a rien dévoilé de ses plans de bataille. Le nom de Wamangituka (Paris FC/L2) ne lui «dit rien». Même chose pour Koulouris (Atromitos Athènes) : «Je ne parle pas grec.» Quant au Guingampais Nolan Roux et au Dijonnais Wesley Saïd, il reconnaît que ce sont «de bons joueurs, avec du vécu, mais qui ne sont pas libres».

 

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