Menu

Fil de navigation

Recherche

Patrick Desprez, Théo Faugère, J.Ca., Gérald Camier pour La Dépêche du Midi

 

Ligue1

Le soir de l'hommage rendu à Brice Taton, supporter du club tué il y a dix ans à Belgrade, les Violets ont sombré corps et âme dans le derby face à de fringants Bordelais, ne se remettant jamais du but concédé dès la première minute. Ils ne sont qu'à un point de la dernière place...

Un véritable cauchemar. Qu'aucun supporter toulousain digne de ce nom n'aurait pu imaginer avant le coup d'envoi. Même au prix du pire scénario. Et pourtant…

Il ne fallut pas longtemps, 56 secondes exactement, hier, pour savoir que ça n'allait pas rigoler. Première action –anodine, première dispersion – coupable, première sanction – irrémédiable : 0-1 signé Nicolas de Préville. «NdP», ce feu-follet rémois que Dupraz voulait à l'été 2016 attirer dans les filets du Stadium (l'intéressé avait préféré le Nord au Sud et Lille à Toulouse) frappe déjà. Un but suivi d'un coup franc sur l'équerre (13) puis d'un autre, indirect mais servi sur un plateau à Pablo (ce n'est pas que pour la rime) ; et la messe n'est pas loin d'être prononcée : 0-2 après un gros quart d'heure !

Au vrai, lors du premier acte, il n'y a pas de match. Bordeaux joue à sa main, Toulouse s'adonnant au marathon : l'équipe d'Alain Casanova court après le ballon sans vraiment réussir à l'attraper. Et quand elle y parvient, il lui brûle les pieds.

Marquage élastique, pas à distance, battus dans les duels, pris dans leur dos… En deux mots : perdus. Les coéquipiers de Max Gradel passent une sale première période, baladés en long, en large et en travers par des Girondins qui n'en demandent pas tant. Deux chiffres résument la domination du rival garonnais avant les citrons : 66 et 347. Le premier correspond à la possession du ballon en faveur des visiteurs (% assez édifiant à domicile !), le second au nombre de passes échangées entre Marine et Blanc (quasiment le… triple de celui entre Violets, qui aura été de 144). Dans ces conditions, on en vient à se dire que l'ardoise, à mi-parcours, n'est pas si salée que ça…

Submergés par l'émotion née de l'hommage, les hommes de «Casa» ? Assurément en préambule de la partie. Après, ils furent tout simplement empêchés par le système particulier de l'adversaire, disposé, rappelons-le, en 3-4-3. D'où une réorganisation tactique du coach auvergnat pour les 45 dernières minutes avec un 4-4-2 (Yaya Sanogo lancé dans la bataille aux dépens d'un Makengo, une nouvelle fois décevant).


À un point du dernier

Las, bis repetita : après 27 secondes (!), Reynet doit s'employer devant Kamano avant, moins de 10 minutes plus tard, de concéder le 0-3. C'est dur pour le Téfécé qui va au moins avoir le mérite de ne pas lâcher. Recoller un peu, grâce à sa bonne pioche grecque Koulouris, à l'heure de jeu.

Trop tard. Le mal est fait et les sifflets des travées ponctuant la rencontre sonnent comme un sérieux avertissement. Seizième ce matin, le TFC pourrait se retrouver barragiste ce soir…


Le chiffre : 56

secondes > et BUT ! Décidément, les Téfécistes aiment les stats… Après avoir marqué le but le plus tardif samedi dernier à Metz (Koulouris, 95 minutes et 16 secondes), cette fois les protégés de Casanova ont encaissé celui le plus précoce de la saison en L1 : après 56 secondes. De Préville, homme pressé.


Réactions

Alain CASANOVA : «Le scénario du match nous fait mal avec cette ouverture du score très rapide. C'est une entame vraiment catastrophique. Bordeaux a été supérieur en première mi-temps, le troisième but a définitivement ruiné nos espoirs. Il s'agit de vite redresser la barre. Le calendrier à venir est difficile mais notre mentalité doit être meilleure pour prendre des points.»

Matthieu DOSSEVI : «En ce moment, on se tire toujours une balle dans le pied en courant derrière le score… Ça nous pousse à être dans l'urgence. Il va falloir rapidement corriger cela. On est franchement sur une mauvaise série, d'où de l'inquiétude et une perte de confiance.»

Paulo SOUSA : «La soirée parfaite n'existe pas. Maintenant, il y a une très bonne première période de notre part, on prend l'avantage, on a ensuite plus de tranquillité pour bien gérer. On a un début de deuxième mi-temps aussi très bon. On a passé malgré tout des moments où notre adversaire a pu croire à un autre résultat ; on a donné des espaces et des possibilités de contres. Cependant, encore une fois, avec notre défense, on a repris le contrôle du match. Tout est une question d'intensité. Pour moi, par moments, on est resté trop calmes. Notre quatrième place est importante pour donner de la confiance aux joueurs. Les victoires consolident la culture de la gagne. Nicolas de Préville (buteur et passeur ndlr) a été dangereux tout le temps. S'il prend toujours de bonnes décisions, comme ça, il arrivera à un très haut niveau.»

Sombre Toulouse

Reynet (4/10).- Le cauchemar de tous les gardiens. Récupérer le ballon dans ses filets dès la première minute, y retourner une fois, puis deux sur un missile inarrêtable. On l’a pourtant vu effectuer quelques arrêts déterminants, sur une frappe de de Préville (25) et une autre de Kamano (46). Et haranguer la foule. Pas récompensé…

Moreira (3).- Dépassé, il a eu énormément de mal à se placer pour contenir Hwang (exemple marquant sur le but du Coréen) et les montées de Benito. Il a laissé trop d’espaces en voulant partir devant. Un match à oublier.

Amian (4,5).- En difficulté face à Jimmy Briand, très bon en point de fixation, il n’a jamais pu endiguer les attaques bordelaises, qui sont toutefois arrivées des côtés, la plupart du temps.

Isimat-Mirin (3,5).- Comme son collègue de la charnière, il a eu du mal à gérer Briand. Il recule sans doute un peu trop sur l’ouverture du score de de Préville.

Sylla (3).- Il s’est retrouvé face à un de Préville en feu, et l’a payé. Beaucoup de déchets, et peu de danger apporté offensivement.

Sangaré (3).- Il a subi la loi du milieu bordelais, et a énormément couru dans le vide. Trop souvent à contretemps dans le pressing, il a coulé, comme le reste de l’équipe. Des imprécisions techniques qui ne lui ressemblaient pas la saison dernière, mais commencent malheureusement à devenir courantes…

Vainqueur (3,5).- Depuis le dernier match à Metz, il évolue un cran plus haut, et ce n’est sans doute pas une mauvaise idée. Mais comme Sangaré et Makengo, il n’a jamais été dans le bon timing pour gêner l’entrejeu bordelais. Remplacé par Dossevi (79), discret.

Makengo (3).- Otavio et Tchouaméni l’ont mis dans leur poche. Son influence sur le jeu a été plus que restreinte, et sa reprise passée à côté n’aura pas fait illusion (38). Surtout pas pour Alain Casanova, qui a décidé de le sortir à la mi-temps pour changer de système de jeu. Remplacé, donc, par Sanogo (4,5) qui a eu le mérite de peser sur la défense et de proposer une alternative dans le jeu toulousain. La seule bonne nouvelle de la soirée ?

Saïd (4).- Technique mais timide… Il a tenté de réveiller Toulouse, mais ses frappes ont manqué de précision (17, 49 de la tête) ou de puissance (81). Son repli défensif est souvent louable. Mais on attend mieux au vu de son potentiel.

Koulouris (5).- On retiendra forcément son but, le quatrième de la saison. Et celui-là, il est allé se le chercher tout seul, avec un bon travail et une frappe croisée du gauche. Pour le reste, il a été sevré de ballons et n’a jamais vraiment pu s’exprimer. Remplacé par Leya Iseka (87).

Gradel (5).- Perdu comme les autres en première, il s’est repris et a pu faire croire que la lumière viendrait de lui. Dangereux sur plusieurs frappes en fin de match, notamment une qui trouve la transversale de Costil (74).

 

Toulouse. «Ô Brice, on ne t'oubliera jamais»

Dix ans après la mort de Brice Taton, le Stadium a rendu hier soir un vibrant hommage à la mémoire d'un des siens, sauvagement assassiné à Belgrade dix ans plus tôt en marge de la rencontre entre le Partizan et le TFC. Le virage qui porte son nom était plein comme un œuf (si on excepte le millier de places couvertes par les bâches) et n'a pas arrêté de chanter. Deux heures plus tôt, ils étaient environ 400 supporters partis de l'Ile du Ramier pour rejoindre, toujours en chantant et sous les fumigènes, le Stadium. C'était beau et fort ce «Ô Brice, on ne t'oubliera jamais» que ses potes entonnent régulièrement à chaque match et qui hier soir était gorgé d'émotion. Plus encore que d'habitude. Il était beau, aussi, ce Tifo géant avec le visage du défunt déployé à l'entrée des deux équipes sur la pelouse. «Brice, depuis 10 ans aucun match ne se déroule sans toi» était-il inscrit en dessous.


«On voulait absolument gagner ce match…»

Avant le coup d'envoi, une gerbe avait été déposée devant le virage et face aux joueurs qui terminaient leur échauffement. Vêtus d'un maillot noir spécialement porté pour l'occasion, avec «Brice» dans le dos au-dessus de leurs numéros habituels, les joueurs toulousains ont ensuite participé à la minute d'applaudissement, regroupés au centre du terrain, face à leurs homologues bordelais. Alors bien sûr, Nicolas de Preville, en ouvrant le score au bout de 56 secondes de jeu, a un peu cassé l'ambiance et sans doute que les supporters toulousains espéraient autre chose que d'être menés 2-0 au bout de 19 minutes. À la mi-temps quelques sifflets se sont d'ailleurs échappés des tribunes. Puis le troisième but magnifique du coréen Hwang Ui (53e) entraîna même des «Casa démission» et des «mouillez le maillot» avant que la réduction du score de Koulouris (62e) n'offre un peu de réconfort. «Je suis malheureux pour nos supporters car on voulait absolument gagner ce match pour le derby et pour l'hommage à Brice Taton», a conclu l'entraîneur toulousain Alain Casanova, visiblement très contrarié par le faux bond de ces joueurs…


Le chiffre : 56

secondes > pour ouvrir le score. En inscrivant le premier but de la rencontre au bout de 56 secondes hier soir, l'attaquant bordelais Nicolas de Preville a inscrit le but le plus rapide depuis le début de la saison.

Les Indians ont marché pour Brice Taton « pour se souvenir »

Près de 350 supporters du TFC ont répondu présent, hier à partir de 17 h 30 au parc de l’île du Ramier à Toulouse où une marche a été organisée en hommage à Brice Taton par son club les « Indians Tolosa ». Dans le cortège qui a démarré vers 18 h 30, beaucoup de supporters ont marché avec un tee-shirt imprimé d’un seul message : « Brice avec nous ». Ils ont ensuite rejoint le Stadium en chantant avant le match du TFC contre les Girondins de Bordeaux, le derby de la Garonne. Cela fait dix ans, le 29 septembre 2009, que le jeune Toulousain âgé de 28 ans est décédé suite à ses blessures, douze jours après avoir été pris à partie par une horde de hooligans serbes venus en découdre avec les supporters toulousains lors d’un match de football entre le TFC et le Partizan Belgrade. Ce jour-là, le 17 septembre 2009, Brice Taton a été littéralement roué de coups, piétiné, pressé contre une clôture métallique puis finalement jeté au bas d’un mur de plus de quatre mètres au pied d’un escalier. Il décédera de ses blessures douze jours plus tard. Depuis, le virage Est du Stadium de Toulouse a été baptisé Virage Brice Taton en son honneur. Pour « Béto », âgé de 55 ans, et fidèle du TFC se souvient de Brice qu’il connaissait. « On lui rend hommage parce que ça fait dix ans, et on espère que les joueurs professionnels vont comprendre que pour nous, ce match contre Bordeaux est important. Qu’il faut qu’ils mouillent le maillot pour que Brice, qui nous regarde de là-haut, crie : Allez les violets une dernière fois dans les nuages ! ». Dorian, âgé de 25 ans, vient tous les week-ends de Lourdes à Toulouse depuis quatre ans pour le TFC. Il y pense toujours : « On connaît tous l’histoire en tant que supporter, on est comme une grande famille et c’est important d’être là pour lui, aujourd’hui ».

 

2019 / 2020

CALENDRIER

2019/2020

CLASSEMENT

Suivez l'actualité du TFC

ACTUALITE

2019/2020

EFFECTIF

2019/2020

TRANSFERTS

2019/2020

STATISTIQUES