Menu

Fil de navigation

Recherche

HUGO DELOM pour L’Équipe

 

Ligue1

Un délicieux ballon piqué pour son sixième but avec Monaco. À Montpellier (1-3), samedi, Wissam Ben Yedder a rappelé ce qu’il est depuis toujours : un buteur efficace et créatif. Un statut qui a longtemps été insuffisant pour lui ouvrir la voie des Bleus. La recrue monégasque (29 ans), deuxième meilleur buteur français la saison dernière (30 buts comme Karim Benzema, derrière Kylian Mbappé, 39), s’y est frayé un chemin. Sa troisième convocation de rang – qui intervient après 2 buts sur ses 2 dernières sélections, contre Andorre (4-0 et 3-0) – répond à une forme de logique. Ben Yedder a fait son trou. Le forfait de Mbappé et les incertitudes entourant Olivier Giroud peuvent-elles lui offrir un espace plus important ? L’ex-Sévillan est apparu hier décidé à ne pas laisser passer son rêve d’Euro.

« Vous êtes appelé dans un contexte où il y a beaucoup d’incertitudes dans le domaine offensif. Avez-vous le sentiment de jouer gros sur ce rassemblement ?

Jouer gros, oui et non. Depuis que je suis jeune, j’ai toujours joué gros vous savez (sourire). Ce rassemblement en fait partie. Mais non parce que je ne veux pas voir plus pour l’instant que les matches contre l’Islande et la Turquie. Mon job, c’est de me concentrer sur les matches qui arrivent et d’essayer de faire gagner l’équipe de France. Le plus important, c’est la qualification. Que les joueurs soient blessés ou en méforme, ça peut arriver dans une saison. Je ne me focalise pas là-dessus. Je préfère me concentrer sur ce que je sais faire pour être performant pour l’équipe. Ça ne m’empêche pas d’avoir de l’ambition.

De l’extérieur, à 29 ans, on se dit pourtant que c’est maintenant ou jamais.

Sincèrement, ce n’est pas une question que je me pose ou que je me suis posé dans ma vie. J’ai toujours, depuis mon plus jeune âge, essayé de faire plus, de ne pas me fixer de limites. Après, j’arriverai où j’arriverai. Je ne pense pas que ce [rassemblement] soit déterminant non. J’avance, je fais mon chemin.

Aujourd’hui, quel est votre statut en bleu ?

C’est difficile de définir son statut parce que c’est lié au regard des autres. Je me sens de mieux en mieux. Dans ce que je fais, dans mon foot. J’ai acquis de l’expérience. Les étapes deviennent de plus en plus difficiles à passer. On va m’attendre au tournant.

Aimez-vous cela ?

Je répondrai toujours présent bien sûr, je n’ai pas de problème avec ce côté-là. J’ai toujours appris à jouer avec cette forme de pression (il s’arrête). Et puis, ce n’est même pas de la pression, c’est plus de la motivation et de l’ambition. Celle de réaliser mes rêves et de me dire : “OK, maintenant, est-ce que je peux aller plus haut ?”

Avez-vous le sentiment, aujourd’hui, de faire pleinement partie du groupe ?

C’est le sélectionneur qui décide si je fais partie du groupe. S’il me rappelle, c’est qu’il pense que je fais partie du groupe. J’essaie d’apporter ma pierre à l’édifice.

Quand Didier Deschamps a annoncé sa liste jeudi, votre nom n’a que peu été prononcé. Est-ce que finalement votre plus grande victoire n’est pas d’avoir “normalisé” votre convocation ?

Peut-être que ça se fait plus naturellement mais le foot, je sais ce que c’est. J’ai traversé des moments où j’ai pris conscience que ça pouvait aller vite. Donc pour répondre à votre question, je ne me sens pas installé. Je suis content d’être là. Je me sens confiant mais je sais que, du jour au lendemain, ça peut s’arrêter. Il y a aura des moments clés à l’avenir, il faudra y répondre.

Quelle est votre ambition finale en bleu ?

Un athlète de haut niveau a des objectifs. Et un passionné rêve de réaliser ses rêves. Je suis un passionné. Ça veut dire que plus j’avance, plus je me découvre des ambitions. Donc je n’ai pas de limites.

Vous n’ambitionnez pas d’être attaquant numéro 1 des Bleus ?

Mon ambition, ce n’est pas d’être le numéro 1 ou pas. J’ai toujours eu l’ambition d’être meilleur que la veille. La chose la plus importante pour moi, c’est de continuer à me construire. Ça veut dire quoi concrètement ? (Ses mains s’agitent, son débit avec.) Ça veut dire évoluer, être toujours au top, et même quand c’est top, ce n’est pas suffisant, il faut aller encore au-delà et encore au-delà.

Quand on refait votre parcours en club et malgré votre bilan – 147 buts en 319 matches en carrière, dont 22 réalisations en 29 rencontres européennes –, vous avez mis du temps à être reconnu. Comment l’avez-vous vécu ?

Je n’ai pas de réponse à vous donner car, sincèrement, je n’ai jamais prêté attention à ce que l’on pensait de moi. J’avance en étant toujours le même. Peut-être que j’ai suffisamment évolué pour certains et qu’aujourd’hui, ils perçoivent en moi un joueur de haut niveau, peut-être que d’autres ne le pensent pas. Ça ne me fait rien. Vraiment.

Pourquoi ?

Parce qu’il y a quelque chose de plus fort chez moi : c’est l’amour du foot. Et faire ce que je sais faire : marquer des buts. Les statistiques, c’est concret. Ce qu’on dit de moi, ça ne l’est pas. Après, si certains pensent que je suis trop introverti, que je suis un joueur sous-coté, surcoté, quelque part, ça ne me regarde pas. Le concret, c’est le terrain. Faire gagner mon club, mon pays. Me dire tout le temps ‘‘ah ouais, pourquoi je suis sous-coté ?”, ça servirait à quoi ? À rien.

Vous avez évolué ces dernières années jusqu’à être perçu par vos coéquipiers à Monaco comme un leader. Vous en êtes devenu un, vraiment ?

Je peux l’être en tout cas. Quand les choses ne vont pas, je ne me cache pas, je ne me cache plus en fait. Je ne veux plus me renfermer sur moi-même. Quand ça ne va pas, je le dis. Je peux même gueuler (sourire). J’arrive à Monaco (pour 40 M€) avec un nouveau statut. Je dois encore faire plus. Ce n’est pas naturel chez moi de faire ressortir ce que j’ai en moi, mais je le fais. Que ça plaise ou pas. Mais toujours pour un objectif : la gagne.

Êtes-vous capable de prendre des responsabilités en bleu ?

Oui, je m’en sens capable. Mais pour toujours aller dans le même sens, aider l’équipe à gagner. S’il faut engueuler un joueur, je le ferai.

Votre choix de rejoindre Monaco a beaucoup interrogé, comprenez-vous qu’on puisse être surpris ?

Beaucoup de gens ont dit : c’est bizarre de laisser Séville pour Monaco, ça va mettre en péril sa place en équipe de France. Je ne fais pas attention à ça. Monaco a un nouveau projet, avec d’autres joueurs et de l’ambition. Je savais qu’en arrivant, on n’allait pas passer de 17e (la saison passée) à 1er en un clic. Il y a du travail à faire. Les choses s’améliorent. J’assume ce choix. Parce que j’ai confiance en moi et que je sais que mon avenir ne dépend que de moi.

Étiez-vous vexé qu’un grand club européen qui dispute la C 1 n’essaie pas de vous recruter ?

Pas du tout. J’aimerais jouer dans un très grand club européen. Mais le foot, ça ne se joue pas en un clic. Mon job, c’est d’évoluer et de ne jamais me fixer de limites.

Avec le début de saison de Monaco (16 e ), vous ne vous êtes jamais dit : “Je me suis mis dans une galère” ?

On peut douter quand ça se passe mal. Mais à titre personnel, je n’ai pas douté. Je savais pourquoi je venais, que la situation était difficile, que ce n’était pas le Monaco d’il y a deux, trois ans. On est en train d’avancer.

Vous avez évoqué votre choix avec Didier Deschamps. Pourquoi ?

C’était important pour moi de lui demander son avis, d’avoir son ressenti sur le club.

Quel type de relation entretenez-vous avec le sélectionneur ?

Il me dit toujours une chose, c’est d’être efficace. J’ai l’impression qu’il attend beaucoup de moi, mais j’aime bien. J’ai envie de lui rendre la confiance.

Vous avez marqué sur vos deux dernières sélections, avez-vous gagné du crédit auprès de lui ?

Lui seul le sait. Moi, j’essaie de donner le maximum.

Avez-vous éloigné la concurrence ?

Ce n’est pas ma préoccupation. La concurrence existe toujours. Ils sont peut-être blessés ou dans des situations plus difficiles, mais ce sont d’excellents joueurs. Moi, je me concentre sur ce que je peux faire et apporter.

Que représenterait pour vous cet Euro 2020 ?

Ce serait quelque chose de grand, un rêve, un aboutissement. Quelque chose à la hauteur de mes espérances depuis des années. J’ai toujours eu cette passion du foot en moi. Qui me tire vers le haut. Chacun pourra avoir son avis ensuite, se dire “il aura été un joueur sous-coté, il aurait pu jouer dans un club plus huppé”. Ce qui m’importe, c’est que le chemin parcouru est beau, que j’ai réalisé mes rêves et que je suis devenu quelqu’un de différent de celui que j’aurais pu être.

Avez-vous le sentiment de pouvoir écrire de belles pages de votre histoire en bleu ?

Je me sens bien, je me sens dans la forme de ma carrière. Mais sur ce moment, car je sais que je peux faire plus. Je ne vais pas m’arrêter. Le plus important, c’est la qualif, après l’Euro, et ensuite le Mondial (en 2022, au Qatar). Je veux laisser une trace en bleu.

Les émotions que j’ai vécues au moment de Manchester (*), je veux les revivre. Avec mon pays. »


EN BREF

29 ANS

1,70 m ; 68 kg Club : Monaco Attaquant 5 sélections, 2 buts

⬛ 2018 : le 23 mars, il connaît sa première sélection en bleu en entrant à la 73e minute contre la Colombie (2-3).

(*) Il a inscrit un doublé lors de la victoire du Séville FC sur le terrain de Manchester United (2-1), synonyme de qualification pour les quarts de finale de la Ligue des champions 2017-2018 (0-0 à l’aller).

2019 / 2020

CALENDRIER

2019/2020

CLASSEMENT

Suivez l'actualité du TFC

ACTUALITE

2019/2020

EFFECTIF

2019/2020

TRANSFERTS

2019/2020

STATISTIQUES