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Patrick Desprez, J.Ca., K. R., Rémi Buhagiar pour La Dépêche du Midi

 

Ligue1

Réduits à 10 en fin de première mi-temps, les protégés de Kombouaré se sont logiquement inclinés à l'aune du dernier quart d'heure. Ils sont toujours avant-derniers. Aïe, aïe, aïe.

Il n'y a pas eu de miracle, hier soir, sur l'île du Ramier où le Tef a été renvoyé à ses chères études par un OM supérieur tout simplement. Dans à peu près tous les compartiments du jeu. S'ils ont réussi à résister jusqu'au dernier quart d'heure, les Téfécistes n'auront jamais paru en mesure de damer le pion aux Olympiens.

Analyse thématique.


Coup de poker... à trois bandes

Une composition d'équipe, trois surprises. Enfin, deux vraies (la présence de Rogel dans le XI de départ était envisagée, cf. nos prédécentes éditions). Matérialisées par les titularisations (in fine, malheureuse, puisqu'il sera normalement expulsé avant la pause) de Steven Moreira préféré à Kelvin Amian dans le couloir droit de la défense. Et celle de Quentin Boisgard qui, lui, reléguait sur le banc Wesley Saïd. Voilà pour le tableau noir. Eh alors ? Agustin Rogel, s'il manque normalement de rythme, a été à notre sens utile dans le jeu aérien ; sa grande force – avant de baisser pavillon l'heure de jeu passée. Quant au Pitchoun, s'il n'a pas démérité, il n'a pas eu ses conduites de balle «verticales» auxquelles il nous a (déjà) habitués. La faute à la fois à un entrejeu phocéen à l'emprise évidente comme à un registre plus défensif qu'à l'accoutumée pour le N°11. En résumé, les choix d'Antoine Kombouaré n'ont pas franchement été couronnés de succès, mais le match aurait-il tourné différemment avec les hommes attendus…


Deux buts, deux actions individuelles

Dans les matchs serrés comme des nœuds de corde ressortis du sèche-linge, souvent la différence repose sur un exploit. En l'occurrence, hier, deux. Payet a brillé, Radonjic a exulté. Sur l'ouverture du score, en effet, le numéro 10 olympien qu'on n'avait pas vu depuis le coup d'envoi, a su effectuer la bonne passe au bon moment (0-1, 76e). Tandis que pour la réalisation du break, le petit attaquant serbe a assuré la vente et le service après tout seul à la manière d'un grand. Son café-crème – un coup à droite, un autre à gauche – aura suffi à désarçonner et Rogel et l'arrière-garde toulousaine (0-2, 79e). Deux buts en 4 minutes top-chrono, le Téfécé ne s'en relèvera pas…


Sangaré forte tête

La troupe de Kombouaré n'a pas fait ce qu'elle avait imaginé, c'est un fait. Mais elle n'a pas non plus fait ce qu'il faut quand on reçoit le deuxième du championnat. C'est-à-dire se donner à 120%. En sport en général et plus spécifiquement en football, on appelle cela le dépassement de fonction. En ce triste dimanche de novembre où les feuilles se ramassent à la pelle, personne n'en aura été capable. Facile à dire, forcément… Pourtant, Ibrahim Sangaré qui était attendu après avoir regretté d'être rappelé par son club alors que sa sélection des éléphants U23 allait disputer une demi-finale de Coupe d'Afrique des nations, a bien failli déflorer le tableau d'affichage. C'était sans compter sur Steve Mandanda. Ou, plus exactement, sur son pied droit, mis en opposition sur un coup de tête piqué de l'Ivoirien reprenant un centre de Dossevi. On jouait alors la 71e minute ; bref, le score était encore nul et vierge. Les Toulousains avaient laissé passer leur chance : 5 minutes plus tard, le duo Payet/Benedetto entrait en scène…


Et maintenant ?

ça ne devait pas être la joie dans le vestiaire du TFC. Surtout quand on sait le calendrier qui attend le club de la Ville rose : un déplacement à Nantes où il avait coulé la saison dernière dimanche prochain, la réception de Monaco et de son enfant chéri Ben Yedder (pas besoin de dessin), un voyage toujours à risques à Strasbourg, puis l'accueil de Reims qui se prend à rêver d'Europe, enfin pour arriver à la trêve des confiseurs une ultime visite à Nice. Allez, on prend les paris sur le nombre de points glanés…


Le chiffre : 4

défaites > d'affilée. Et quatre à la suite ! Après avoir été battus dans le temps additionnel à Rennes (2-3) puis face à Lyon (2-3), les Violets ont sombré à Montpellier dans le derby d'Occitanie (0-3) avant la trêve. Et, hier, accusé un nouvel échec cuisant. Soit un seul succès sur les 10 derniers matchs.


Les buts

76e : sur un ballon récupéré flanc droit par Germain, fraîchement rentré, et dont hérite dans la demi-lune Dimitri Payet, le milieu marseillais distille du gauche un amour de petite ouverture pleine surface de vérité ; Dario Benedetto, plus vif qu'Amian, esquive Baptiste Reynet sorti à sa rencontre et conclut du droit sans opposition dans la cage désertée (0-1).

79e : malheureux, Sylla dégage dans la poitrine de Valère Germain, encore lui ; Nemanja Radonjic s'avance et dribble Rogel d'un crochet intérieur avant de tromper, du gauche, le portier garonnais – impuissant – petit-filet opposé (0-2).


Rogel, 106 jours plus tard…

On le voit encore réclamant le staff médical, allongé sur le pré de Francis-Le Blé, se tenant l'épaule gauche. Nous sommes le 10 août et Agustin Rogel, qui effectue ses grands débuts sous la tunique violette à Brest pour l'ouverture du bal (1-1), vient de se fracturer la clavicule gauche suite à une mauvaise réception découlant d'un duel aérien offensif. Le défenseur central uruguayen, atterri dans la Ville rose à la mi-juillet pour être le successeur de Jullien, parti aux Rangers, sera opéré dans la foulée et commencera une rééducation estimée à 3 mois. Trois mois et quinze jours après, Antoine Kombouaré l'a donc titularisé hier alors que l'axial n'avait réintégré les séances collectives que depuis le 12 novembre. «Agustin est bien physiquement, affirmait son coach à 48h des débats. Puis il y a des cas de force majeure.» Avec Diakité, Shoji et Diarra sur le flanc, la réception de l'OM en était un. Assurément.

 

Antoine Kombouaré : «Le risque, c'est d'abandonner»

Antoine, quel est votre sentiment à l'issue de cette rencontre ?

C'est pire que frustrant. Se retrouver à dix (expulsion de Moreira à la 41e minute, NDLR) c'est encore plus compliqué face à ce genre d'équipe. J'ai bien aimé quand même le comportement de mes joueurs. On a aussi eu cette balle sauvée par Mandanda sur sa ligne (sur une tête de Sangaré à la 71e minute, NDLR). Quand vous êtes 19e il faut croire que rien ne vous sourit.

Justement, votre vestiaire était-il abattu après cette quatrième défaite de rang qui maintient le TFC en position de relégable ?

J'ai dit aux joueurs de relever la tête. On doit se préparer à jouer le maintien toute la saison. Il faut faire le dos rond, continuer d'y croire car le danger qui nous guette c'est de baisser les bras et de se dire que c'est trop dur pour nous. Le risque c'est d'abandonner. On n'est qu'à la 14e journée, les autres ne sont pas trop loin mais il faut enclencher une autre dynamique.

Vous aviez opté pour une configuration d'équipe très offensive…

L'idée c'était de profiter des espaces pour leur faire mal. On a des joueurs qui pouvaient leur poser des soucis mais on a manqué de justesse technique. C'est dommage car on a montré sur certaines séances que nous pouvions être dangereux offensivement. J'ai quand même vu des joueurs intéressants et il faut s'appuyer là-dessus. Il faut garder cet état d'esprit et aller chercher un autre résultat dimanche prochain à Nantes.

En défense, en revanche, c'est toujours aussi friable. Comment comptez-vous résoudre ce problème ?

Je cherche toujours ma défense, oui. On a du mal à ne pas prendre de buts et c'est un souci. On sait qu'offensivement on peut poser des soucis aux autres équipes mais on ne peut pas se permettre d'être aussi friable défensivement.

Les supporters ont encore manifesté leur mécontentement. Comment vivez-vous cela ?

Les joueurs sont allés discuter avec certains d'entre eux à la fin du match. Je comprends la déception et leur colère. Ils sont là pour nous secouer un peu mais il y a des limites à ne pas dépasser. Quand on est 19e on accepte les critiques.


Le chiffre : 13

matches > sans succès face à l'OM. En s'inclinant hier, le TFC a prolongé sa série noire face au club phocéen à domicile puisque les Toulousains n'ont plus battu les Marseillais depuis le 24 février 2007 (3-0) en Ligue 1. Soit 13 matchs : sept nuls et désormais six défaites…

 

Après la défaite contre l'OM, les supporters du TFC en colère contre leurs joueurs et Pierre Ménès

l'essentiel Après une quatrième défaite consécutive en Ligue 1, le TFC se retrouve à une dangereuse 19e place au classement de Ligue 1 avec seulement 12 points. Dimanche soir, après le match contre l'OM (0-2) au Stadium de Toulouse, les supporters violets n'ont pas hésité à faire part de leur mécontentement aux joueurs sur le terrain. Pierre Ménès s'est lui montrer très critique avec les supporters du Stadium.

"Maintenant, on va arrêter d'être gentils". Après une nouvelle défaite en Ligue 1 contre Marseille dans un match pauvre (0-2), c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour les supporters toulousains. Dimanche soir, après le match, ces derniers sont allés exprimer toute leur colère aux joueurs en personne.

Le premier face aux supporters fut Baptiste Reynet, le gardien du TFC. Seul face aux Indians Tolosa, le club de supporter, l'ancien joueur de Dijon a eu le droit à des mots durs mais somme toute vrais sur la situation actuelle du club. Le moment a été publié sur Youtube par le site Lesviolets.com.

"On va où là ?, en Ligue 2 et on s'en bat les cou****s"

"Marseille, sur Canal+ devant toute la France, vous avez fait de la merde" lance un supporter. "On va où là ?, en Ligue 2 et on s'en bat les cou****s". Désemparé, le gardien du TFC ne trouve pas les mots.

Mais les supporters semblent plus avoir dans leur viseur les joueurs de champ que le gardien. "Toi tu vas assurer" lui lance le supporter. Les autres joueurs de champ vont finalement venir pour une discussion générale non filmée mais certainement plus musclée.


Pour Pierre Ménès,c'est "un stade de morts"

Après le match, le consultant sportif de Canal +, Pierre Menès, a eu des mots durs envers les supporters cette fois-ci. Alors que l'émission Canal Football Club diffusait des images des joueurs et des supporters en grande discussion, le consultant a interrompu Hervé Mathoux.

"Pourquoi les joueurs y vont, pourquoi ils y vont surtout dans ce stade de morts où y a trois spectateurs qui se battent en duel?" Des paroles qui n'ont pas tardé à faire réagir les supporters du TFC et l'ensemble les réseaux sociaux en général. Les commentaires du tweet en question parlent d'eux-mêmes.

#TFCOM

\ud83d\udde8\ufe0f @PierreMenes : "Ce soir il y avait du monde parce que c'était Marseille. On a entendu que des encouragements pour l'OM (...)" pic.twitter.com/qBW20cg08m
— Canal Football Club (@CanalFootClub) November 24, 2019

Max Alain Gradel, le capitaine, a tenté de tempérer la grogne des supporters au micro de Canal+.

#TFCOM

\ud83d\udde8\ufe0f @maxigr04del : "C'est très important de rester unis et concentrés (...)" \ud83d\udcaa pic.twitter.com/mjuUvuz7lV
— Canal Football Club (@CanalFootClub) November 24, 2019

 

Le bus des joueurs de l'OM caillassé à Toulouse dimanche soir en arrivant au Stadium

Plusieurs incidents ont éclaté aux abords du Stadium de Toulouse en marge du match TFC-OM, ce dimanche soir (0-2). Le bus marseillais a notamment été pris pour cible, la vitre côté conducteur brisée. Des fumigènes ont aussi été allumés sur le parvis et une personne a été interpellée.

Des incidents ont éclaté en marge de la réception de l'OM ce dimanche, aux abords du Stadium de Toulouse. Alors que les joueurs marseillais se déplaçaient dans la Ville rose pour y affronter le TFC (0-2), le bus des joueurs de l'OM a été pris pour cible. Il a reçu plusieurs projectiles en arrivant au stade, alors qu'il empruntait une rampe d'accès au Stadium. La vitre du conducteur a été brisée. Une fusée a également été lancée en direction d'un motard de la police qui était en charge de l'escorte du bus de l'OM.


Un homme en garde à vue

Par ailleurs, un homme de 22 ans visiblement alcoolisé, supporter du TFC, a été interpellé après avoir allumé quatre fumigènes. Il transportait sur lui près de 7 grammes de cannabis. Il a été conduit en garde à vue au commissariat. Il a été mis en examen pour usage sans motif légitime de fusée ou feu d'artifice dans une enceinte sportive et détention de produit stupéfiant. Le jeune homme était connu de la police pour des faits similaires.

Les supporters marseillais n'ont, de leur côté, pas respecté la loi puisqu'ils ont également allumé plusieurs fumigènes sur le parvis du Stadium avant de dégrader la porte du parcage visiteur à leur entrée dans l'enceinte.

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