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Patrick Desprez pour La Dépêche du Midi

 

Ligue1

Limogé hier midi, l’entraîneur téféciste Antoine Kombouaré est remplacé par Denis Zanko. Le Directeur technique du Centre de formation des Violets a 5 mois pour sauver la tête du club en L1.

Game over*. Le siège éjectable a donc été actionné. Officiellement hier en fin de matinée via le site du club, officieusement la veille au soir sur la route ramenant la délégation toulousaine à son port d’attache sur l’île du Ramier après la piteuse élimination en Coupe de France dans le Loiret. Kombouaré entraîneur du Toulouse Football-Club, c’est ainsi déjà du passé !

Terminus – dès leur entrée en lice dans la compétition – samedi à Saint-Pryvé, sur un coup de tête (Antoine) à la 94e minute d’une nouvelle prestation indigente des coéquipiers de Moreira (0-1), battus par une N2, équivalent de la D4. Sans qu’il n’y ait grand-chose à redire. Sûrement ça, le pire.

Sa promotion était dans l’air depuis un moment, le coach de la réserve en CFA2 jusqu’au printemps dernier, Denis Zanko, prend les rênes de l’équipe une. Celui qui avait débarqué dans la Ville rose sur une idée de Pascal Dupraz, devient arithmétiquement le 3e entraîneur du Toulouse FC en une saison. Une première dans l’histoire du club d’Olivier Sadran qui, assurément, s’en serait bien passé…

Tenants et aboutissants de cette (nouvelle) révolution violette.

(*) Jeu terminé.

 

Le making-of, un (très) court métrage

On le répète : la décision est actée depuis samedi soir ; le verdict tombant, d’après nos infos, entre la conférence de presse et le décollage de l’avion. à preuve : l’intéressé n’était pas présent à la réunion au sommet tenue hier matin par Président Sadran. Les joueurs avaient rendez-vous à 10h30, « OS » est reparti 5 minutes après du Centre technique et encore 5 plus tard le remerciement d’Antoine Kombouaré par le Téfécé apparaissait sur les organes de diffusion violets (compte Twitter puis site Internet). Balayé par un vent frais, le Stadium était morne plaine et un témoin raconte que seule une petite dizaine de supporters ont aperçu les va-et-vient. Rapides puisque l’histoire ne dura qu’un quart d’heure. Zanko, le nouvel homme fort, a parlé avec ses adjoints puis au téléphone. Cependant que les joueurs repartaient chez eux déjeuner avant de revenir l’après-midi pour prendre le bus direction la Catalogne et un mini-stage (cf. par ailleurs).

 

Pourquoi aujourd’hui

Passe encore de… passer à la trappe pour une formation de l’élite chez un adversaire hiérarchiquement inférieur, c’est la manière qui interpelle. Ou, plus exactement, le manque d’implication de la troupe à « AK ». Amorphe ou presque depuis 4 rencontres : ça a commencé face à Reims (0-1), continué à Lyon en 8e de finale de Coupe de la Ligue (1-4), accentué à Nice (0-3) et confirmé in fine en Val-de-Loire avant-hier, comme on l’a vu et écrit. N’empêche, les dirigeants haut-garonnais qui n’ont pas appuyé sur le fusible pendant la trêve, croyaient toujours que le mentor kanak allait réussir dans un court terme sinon à redresser la barre du moins corriger les comportements. « Mon job c’est de trouver des solutions », ressassait à l’envi l’ex-tacticien du Paris-SG. Jusqu’à ce week-end. Il n’a pas trouvé, on l’a congédié. C’est la loi de toute entreprise, en somme. Puis, on insiste, mais à observer le contenu des dernières sorties toulousaines, nous pouvons légitimement nous interroger sur la pertinence de ses causeries. Et quand un discours n’est plus « entendu », de facto le courant a du mal à passer et un groupe à se serrer les coudes. Toute la difficulté de gérer un vestiaire avec la dimension psychologique que cela requiert dans le foot moderne. Quand bien même, soyons d’accord, les torts sont toujours partagés. Résultat des courses et des comptes : l’effet Kombouaré aura duré… un match.

 

Quid du mercato

Pas d’entraîneur extérieur ne devant arriver (voir page suivante), le marché entamé ne changera pas de direction. Enfin, un secteur où la stabilité est de rigueur au sein du navire TFC ! à J+7 de l’ouverture des soldes d’hiver, la cellule de recrutement a déjà rempli une des trois cases de son filet garni. En l’occurrence celle du défenseur central, avec le Norvégien Ruben Gabrielsen. Reste, par ordre de priorité assez marquée, deux postes à pourvoir : un milieu et un arrière. Si le latéral gauche est à ranger au rayon opportunités, le « 8-10 » est lui activement pisté – après les profils étudiés de Pajot (qui a signé depuis à Metz) puis de Dabo (dossier compliqué). Un tel joueur est rare, d’où cher. D’autant que les scouts téfécistes ajoutent deux critères : expérience de la L1 et grinta. à suivre. Tandis que dans l’autre sens, celui des départs, Jean (Lens) doit être le seul mouvement – l’effectif actuel n’é-tant pas des plus pléthoriques.

 

Et maintenant…

L’opération commando démarre dans cinq jours, au Stadium, avec l’abordage du Stade Brestois. Tout autre résultat qu’un succès ne serait pas loin d’envoyer les Toulousains dans l’ascenseur pour l’échafaud…

 


Le communiqué du club, hier à 10h40

Un tweet pour trois phrases, une par info : l’annonce du limogeage, le nom du successeur et les explications à venir (et attendues) du président.

« Antoine Kombouaré a été démis de ses fonctions ce matin par le TFC.

» L’entraînement du groupe professionnel sera assuré par Denis Zanko, actuel Directeur technique du Centre de formation.

» Une conférence de presse d’Olivier Sadran aura lieu lundi 6 janvier à 18h30 dans la salle de conférence du Stadium. »

 

Son bilan ? Proche du néant

Il est entré dans l’Histoire du TFC, répètent en boucle depuis hier les amuseurs publics… en n’ayant entraîné le club de la Ville rose que trois petits mois.

On remue une ultime fois le couteau dans la plaie : avec 10 revers consécutifs (9 en L1, 1 en Coupe de la Ligue et 1 dernier tout frais en Coupe de France), Antoine Kombouaré détient désormais la palme depuis 1937 et la naissance du foot à Toulouse. L’ex-Lensois s’était d’abord penché sur la L1 : en égalant les fameuses 8 défaites d’affilée de Mombaerts saison 2004-2005 à l’occasion de l’accueil de Reims (0-1, 18eJ) puis en les dépassant moyennant la visite à Nice (0-3, 19eJ). Dix de der ? La série, par définition, est toujours en cours. Rappelons que le must, au nombre de 12, appartient au Cercle Athlétique Paris, et date de 1933-34.

Revenons à nos moutons violets. Aussi, en chiffres, Kombouaré avec le TFC en L1 se résume à : 10 rencontres, 9 échecs, 10 buts pour et 24 contre (goal-average de -14). Autrement formulé, 3 points sur un total de 30 équivaut à un ratio de 0,3pt par journée. Où sa formation marque à une seule reprise et, inversement, concède presque 2,5 buts… Waouh.

Si l’on se concentre, encore et toujours sur le championnat, les autres « points » noirs sont aussi légion. Mais là, il est vrai qu’il faut y associer son prédécesseur Alain Casanova puisque le décompte est global. Las, nous nous contenterons d’un seul, concernant justement la défense : avec 39 réalisations encaissées, les coéquipiers de Reynet affichent, à l’issue de la phase aller, leur 3e pire instantané pareillement depuis création. Derrière – sans jeu de mots – 1950-51 (41 buts contre) et 1946-47 (43BC).

En extrapolant, au fait, ça aboutirait à 78 buts dans la musette. Vers d’autres standards hors-normes, quoi.

Enfin, pour en terminer avec ce tableau vraiment noir, à mi-parcours les Toulousains n’ont que 12 unités dans leur besace. Exactement comme en 2003-2004, l’année post-remontée où en recrutant l’élégant attaquant de l’OM, Fernandao, ils étaient parvenus à se sauver – ce que personne n’avait réussi à faire auparavant, nanti d’un si faible pécule. Un finish incroyable.

Du même acabit qu’au printemps 2016 sous la houlette de « Dieupraz », remontant 10 points de retard sur le 17e et 1er non- relégable à 10 matchs de la fin. Ici, à nouveau un exploit inédit. Or, comme les miracles ne se reproduisent généralement pas trois fois…

 

Zanko, nouveau pompier de service

Cinq mois a minima. Selon nos informations, Denis Zanko est nommé jusqu’à la fin de la saison. Voire plus si affinités. Comprendre : s’il donne satisfaction, le nouvel entraîneur pourrait être reconduit. Dans le cas contraire, forcément… Fin mai, au moment du baisser de rideau, un point sera fait. Le dernier et seul précédent cas de figure est récent : il s’agit de Mika Debève qui, peu ou prou au même moment de l’exercice (mi-janvier, la veille d’un 16e de Dame Coupe…) avait été intronisé calife à la place du calife Dupraz si on ose – avec pour mission : maintenir le club en élite. Dans la tête de l’état-major toulousain, l’idée est de réussir un coup à la rennaise, avec Zanko dans le rôle de Stéphan et du succès qu’on connaît au fils du sélectionneur-adjoint des Bleus.

Que sait-on, au juste, du numéro un depuis hier ? Déjà qu’il a été intérimaire cinq jours, du jeudi 10 au lundi 14 octobre dernier, entre l’arrêt d’Alain Casanova et la signature d’Antoine Kombouaré. Arrivé à Toulouse été 2017, le désormais ex-directeur du Centre technique, titulaire du diplôme nécessaire pour évoluer en L1 (BEPF, promo 2016), avait notamment dirigé l’équipe en amical à Pau contre Eibar (victoire 2-0).

à part ça, cet ancien milieu – formation à Laval, crampons remisés à Valence – a l’habitude, mine de rien, d’être appelé au chevet de clubs malades : à l’ASOA encore en novembre 1999, au Mans en décembre 2011, au Stade Lavallois également en février 2014. Trois défis de maintien en L2 pour ce natif de Vannes, âgé de 55 ans, qui s’occupait de la réserve des Violets jusqu’en juin. L’on se souvient du malheureux incident avec Machach qui l’avait violenté, septembre 2017, non-content de ne pas être désigné tireur de penalties en N3. Après une ITT, le coach avait repris le travail tandis que le « bad boy » marseillais été finalement licencié. Pa. D.

L’homme est un habitué des missions sauvetage. En Ligue 2.

 

Un vaste chantier, des tas de questions

Rallumer le feu sur le terrain, l’éteindre en tribu- nes. Ce sont les deux challenges qui se présentent à Zanko, que le peuple violet espère bien faire rimer avec « héros ».

à première vue, les travaux, car binaires, ne paraissent pas d’Hercule. Ne nous y trompons pas : l’ampleur est insoupçonnée. Kombouaré, surpris par l’étendue des réparations à entreprendre sur le paquebot TFC, l’aura appris à ses dépens.

L’avantage, le gros «plus» dont bénéficie Denis Zanko, est à n’en pas douter sa connaissance du… terrain. à savoir autant les lieux (c’est peut-être bateau, mais ça sert toujours) que les hommes. Surtout les hommes, même. On l’a écrit ci-avant : il était aux manettes de la réserve de 2017 à 2019. Et il est (était) aujourd’hui responsable du Centre Gérard-Rabier. Autant traduire par le fait que l’intéressé sait sur le bout des ongles les qualités des jeunes pousses violettes.


Appel au peuple

On pense aux Diakité, Goncalves, Diarra derrière ; Koné, Adli dans l’entrejeu ; Ngoumou et Taoui aux avant-postes. Encore, on en oublie. De surcroît, le Breton dispose également d’une visibilité sur le futur proche. Jamais négligeable.

Aussi, il devrait injecter du sang-neuf au groupe, mieux au XI. Ce dernier en a besoin.

Et si cela se déroule selon ses desiderata (beaucoup prétendent que le Tef ne peut descendre plus bas dans sa médiocrité), ça suivra dans les travées. Où il serait tout autant important, pour ne pas employer le terme vital, de recouvrer une certaine forme de sérénité. De respect.

Un club ne peut vivre sans supporters ; des supporters ne peuvent vivre non plus sans club.

 

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