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Patrick Desprez pour La Dépêche du Midi

 

Ligue1

Impossible est-il mayennais ? Né à Laval, Denis Zanko répond non. Après Casanova jusqu’au 10 octobre, puis Kombouaré, le 3e technicien toulousain de la saison, intronisé dimanche matin, a passé près de 25 minutes à expliquer pourquoi il était optimiste.

Premier banc d’essai, demain soir (20h, beIN8) sur l’île du Ramier, face à Brest, 15e à 10 points.

 

Vous imaginiez-vous, un jour, entraîner au plus haut niveau ?

On va se découvrir, je suis quelqu’un d’humble – je pense. Sans que ce soit péjoratif. Et j’espère être lucide : il n’y a aucun club, aujourd’hui de L1, qui m’aurait appelé. Voire de Ligue 2. J’étais Directeur technique du Centre de formation, donc si on parle de mon cas personnel vous avez bien compris que la trajectoire qui est la mienne est singulière. Ce qui ne signifie pas que je manque d’ambition ; ou que je fasse des complexes car je n’ai jamais exercé en Ligue 1. Non, si j’ai accepté aussi cette mission, c’est que je juge que j’ai les épaules pour.

Concrètement, comment s’est passée votre nomination ?

Mon président m’a appelé samedi soir pour me demander si j’étais prêt à relever le challenge. Il y avait deux possibilités : accepter ou refuser. J’ai répondu par l’affirmative, mais ce n’est pas pour flatter mon ego. Primo, on me fait confiance ; deuxio, j’estime que nous pouvons nous sauver ; tertio, j’ai envie de vivre une aventure humaine.

Quels ont été vos premiers mots à destination des joueurs ?

Tout a été fait dans l’urgence, le contact c’est à 16 heures dans le bus pour partir en stage en Espagne. Il fallait laisser un peu de temps au groupe pour digérer cette situation qui est forcément singulière et impactante. Et avant de m’adresser à eux, j’ai attendu lundi soir après la première séance de manière à bien poser les choses. Le président était passé dans les vestiaires dimanche, il avait déjà eu des éléments à évoquer avec.

Et la teneur de votre discours…

évidemment, il était déjà axé sur le sportif. L’idée était surtout de leur expliquer comment je fonctionnais, de quelle façon j’envisageais la situation. Les choses ont été assez claires dès le départ. À partir de là, on a posé les bases du vivre-en-commun.

Quelles sont-elles, au juste, ces fameuses bases ?

Cela ne marchera que si on a un noyau dur très fort, que si on a envie de partager ensemble que ce soit sur le terrain ou en terme d’émotion… Quand on en est là, à la moitié de la saison, il y a un impact affectif qui est non-négligeable. Pour recréer une dynamique, j’aurai besoin des joueurs. Et eux, de moi aussi.

Que faire pour transfigurer l’équipe en une semaine ?

Tout modifier serait très prétentieux de ma part. En tout cas, les premières sensations, c’est de s’adapter. Vous avez bien compris qu’on est obligés de parer au plus pressé. Il s’agit d’abord de prendre la température, observer. Puis, je me répète, poser les règles. ça dépasse le cadre du terrain : quelles vont être les relations que l’on va mettre en place au quotidien ? OK, on a un objectif, mais – autrement formulé –quels sont les moyens qu’on doit mettre en œuvre, tous les jours, pour l’atteindre ?

Vous étiez déjà au club sans être à l’intérieur de l’équipe : quel diagnostic livrez-vous qui a engendré le classement actuel ?

Je n’ai pas tous les éléments tangibles pour répondre. Maintenant, j’ai l’impression que l’équipe avait un petit peu perdu confiance – et en même temps c’est logique quand il y a une succession de défaites. Il est important de réenclencher une spirale positive. Et que ces garçons, touchés dans leur amour-propre, réapprennent à gagner. Parce que c’est ça la finalité…

Quel schéma de jeu allez-vous employer ?

Là également, je vais m’adapter. aux conditions autant qu’à l’effectif à disposition. J’ai ma propre sensibilité. D’un autre côté, aujourd’hui, il faut être capable de prendre acte de ce qu’il s’est passé : on est 20es du championnat avec un certain nombre de difficultés.

On peut quand même avancer que vous allez vous appuyer sur les finalistes de la Gambardella, non ?

J’ai envie de vous dire que je vais m’appuyer sur tous ceux qui sont susceptibles de mener le projet à bien, qu’ils soient jeunes, issus du Centre, et qui ont la mentalité et la volonté de le faire. Je suis arrivé ici il y a deux ans et demi avec en charge la formation. Laquelle demeure plus que jamais l’ADN, le socle du club qui y a toujours puisé ses forces vives. Alors effectivement je connais bien les Pitchouns ; et oui, j’ai un petit temps d’avance dans ma perception les concernant.

Qui sera votre capitaine ?

Le porteur du brassard, c’est Max (Gradel) : il a la légitimité en tant que joueur à travers ce qu’il a montré sur le terrain, son charisme qui est le sien, l’aura dans le vestiaire ; malheureusement, il est out. Vous m’accorderez la nuit pour trancher… naturellement j’ai ma petite idée sur le sujet.

La défense, là que le bât blesse, constitue votre chantier prioritaire…

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Néanmoins, ils sont à considérer sur un aspect global, c’est-à-dire qu’il n’y a pas que les défenseurs concernés par ce qui s’est passé. Il y a un équilibre à trouver, et nécessairement une assise défensive plus solide pour redonner des sécurités au XI. On réglera les problèmes de manière collective, à partir de nos attaquants. Que tous soient impliqués, en somme, par la récupération du ballon et l’animation défensive. Par la bonification, le projet de jeu à faire vivre. On doit les responsabiliser.

Dans quel état d’esprit avez-vous trouvé vos protégés ?

Très objectivement, pendant les premières séances, et c’est peut-être lié aux nouvelles générations, il y a une forme assez bizarrement d’insouciance de leur part. Ils sont capables de zapper assez rapidement. Franchement, je n’ai pas senti des joueurs perdus. Ensuite, comme à chaque fois qu’il y a un changement d’entraîneur, il y a une forme de mobilisation. Inconsciente. L’idée est qu’elle perdure et s’inscrive dans le marbre et dans le temps. En partageant les mêmes idéaux.

Du donnant-donnant, c’est ça ?

Je propose, mais ce sont eux qui ont les clés, ils restent les acteurs de ce défi. À la fois sur des questions technico-tactiques, et sur l’implication qui doit être la nôtre.

L’heure, cruciale, des premières compositions – donc, des éliminations qui vont de pair – ne va pas tarder…

Actuellement j’ai 25 éléments sous la main, on était partis en stage à 22 joueurs de champ plus 3 gardiens. à l’instant T, personne n’est venue dans mon bureau pour me dire que ça ne l’intéressait pas de participer à l’aventure. Or, c’est vrai, je vais avoir des choix à faire. Jusqu’à demain (vendredi, ndlr), tout le monde est derrière moi. J’espère que lors de la sélection aucun garçon ne sera démobilisé parce que j’ai la volonté que l’histoire s’écrive avec l’ensemble du vestiaire.

Pompier de service, vous l’avez déjà été à trois reprises dans votre carrière : à Valence en 2000, au Mans en 2012 et à Laval en 2014.

(il mime avec ses bras) En effet, je n’ai pas pris mon habit de soldat du feu ; pourtant, a priori ça ne me va pas trop mal [deux clubs maintenus, le premier relégué].

Beaucoup de vos confrères disent que pour y parvenir il faut briser la routine !

Selon moi, on doit déjà être soi-même. Je n’arrive pas avec une baguette magique. C’est ce que j’ai dit aux joueurs. Je vais le faire avec ma personnalité, et avec la « petite » expérience qui est la mienne en la matière.

Quel type d’entraîneur êtes-vous ?

Je suis un passionné, j’aime le terrain, l’entraînement. Et je vous l’ai dit : si on pratique ce métier-là, entre autres, c’est pour vivre des émotions. à l’inverse, je crois que les joueurs attendent d’un entraîneur : 1) qu’il les respectent, 2) qu’il les fassent progresser, 3) qu’il arrive à leur faire partager des instants privilégiés.

Un petit mot à l’attention des supporters ?

Comme l’ensemble des composantes du club, ils attendent des victoires, de l’engagement. Et si cette mission on doit l’accomplir, ils font nécessairement partie des personnes à mobiliser pour nous accompagner. Je reconnais que leur frustration est plus que légitime. Cependant, sans eux, ce sera compliqué.

à 48 heures de votre baptême du feu, qu’est-ce qui vous passe par la tête ?

Il n’y a pas beaucoup de personnes, dans l’environnement au sens large du club, qui pensent que c’est faisable. Moi, je répète : si tout le monde est convaincu qu’on peut réaliser cet objectif, on aura plus de chances d’y arriver. Et mon travail consiste à ce que tout le monde y croit. Parce que je ne veux pas être seul dans le désert… J’y crois dur comme fer, le staff aussi qui se montre très investi ; les joueurs, c’est la base. On n’est pas juste illuminés, il y a des éléments concrets qui laissent à penser que… c’est possible. Oui.

 

Stadium

à lyon > un dimanche à 15h. La programmation de la 21e journée est tombée hier soir : Toulouse se déplacera au Parc-OL dimanche 26 janvier à 15 heures (beIN1). blessés > retour de Leya. Seul Aaron Leya Iseka (entorse cheville gauche) peut à nouveau s’entraîner normalement. L’avant-centre belge sort ainsi de l’infirmerie que continuent d’occuper Goncalves (genou gauche, reprise individuelle), Gradel (quadriceps gauche, soins), Saïd (ligament latéral interne genou droit), Shoji (cheville droite, protocole), Rouault (cheville gauche, rééducation).

 

Sa vraie histoire avec Dupraz

« Elle est particulière ; je vais vous la raconter. Tout un chacun s’accorde à dire que Pascal est mon ami… la première fois que je l’ai rencontré, c’est à Clairefontaine quand il passait son diplôme (2015-2016). Il m’a serré la main comme peut le faire Pascal ; je ne sais même pas s’il m’a dit bonjour et il m’a lâché : ’’Toi, un jour, on travaillera ensemble.’’ J’étais un peu surpris… mais ça n’a pas manqué : en 2017, il m’a passé un coup de fil : ’’écoute, je suis sur Toulouse, ça peut t’intéresser de venir travailler au centre de formation ? En tout cas, j’ai proposé ta candidature. Si tu veux bien rencontrer la direction du club.’’ Donc l’on va noter qu’il s’agit davan- tage d’une cooptation qu’un arrangement entre amis. à Toulouse, on est devenus proches, c’est quelqu’un que j’apprécie au plus haut point. Même si on n’a pas la même personnalité. Bien évidemment, depuis dimanche, on a échangé ; il m’a lancé : ’’Vas-y, Petit, ça va bien se passer !’’ Sinon, parfois, il est déstabilisant. Je suis plus maîtrisé, on dira ; et je serai moins bon client pour vous… »

 

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