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Patrick Desprez, Arthur Tirat pour La Dépêche du Midi

 

Ligue1

"A nous de remonter" lançait lundi passé le président Olivier Sadran, au terme d’un exercice de contrition pleinement assumé : "Nous sommes minables." ça, c’était avant TFC-Brest (2-5). Après, où sont les chances de son équipe d’échapper à l’ascenseur pour l’échafaud ? Pas grand-monde se hasardera à parier. En attendant de jouer à Madame Irma, La Dépêche vous propose un état des lieux de la situation, façon Docteur Jekyll et Mister Hyde – à l’envers.

 


Mental en papier mâché

"On a explosé en plein vol." Il est 22h20, avant-hier soir, et un des membres du staff téféciste résume d’un trait le match de dingos qui vient de se terminer il y a une grosse demi-heure. Le Stadium a subi la foudre 4 fois en 14 minutes, répétons-le. Des Brestois sur un nuage, des Toulousains sous terre. Alain Casanova avait l’habitude de pointer le "manque de maîtrise émotionnelle" de sa jeune troupe ; son successeur Antoine Kombouaré n’arrêtait pas d’évoquer sa "friabilité" : "Les garçons sont gagnés par la peur. La moindre erreur, on la paye cash." Dans la bouche de celui qui a pris sa place dimanche dernier à la tête de l’opération sauvetage, cela donne : "On avait l’impression à ce moment-là, déplore Denis Zanko, que chaque tir de l’adversaire allait finir au fond des filets. Nous nous sommes liquéfiés." On en revient toujours au même constat : le vestiaire violet est en panne de leadership. Les cadres, s’ils sont là, demeurent cachés. De par leurs performances, déjà : on pense à Vainqueur, qui rame pour recouvrer son niveau marseillais. Ce n’est pas un problème de volonté, entendu ; cela peut aussi être lié aux carences athlétiques. Le Kanak, au sortir de la trêve, avait surligné que son groupe éprouvait la nécessité de se refaire la caisse comme on dit : "à travers le physique, on se forge un moral." Le natif de Laval n’a pas suggéré autre chose au coup de sifflet final : "Je trouve qu’on a laissé trop d’énergie dans la bataille en première période. Il faut aborder nos difficultés dans leur globalité." En clair, le fond et la forme sont intimement liés.


Défense qui bat de l'aile

Un chiffre, un seul. Toujours le même : 44. Soit le nombre de buts encaissés par le Toulouse Football-Club depuis l’ouverture du bal au… Stade Brestois mi-août. Inutile de préciser que les coéquipiers de Reynet sont lanterne rouge dans le domaine. Pis, à ce temps de passage (20J), personne n’a fait "mieux" depuis Nancy saison 1991-1992 moyennant les filets garnis à hauteur de 45. Comptez, cela fait 28 ans. Une éternité en foot. Et une normalité dans les rangs garonnais, car si vous vous "amusez" à revisionner les buts bretons, les responsabilités individuelles sont clairement engagées. Accusez, levez-vous ! Première banderille signée Court : Sylla arrête sa course (!) et laisse filer l’attaquant ; volée de Charbonnier : sur la touche, Sylla n’est pas attentif tandis que Diakité tente de colmater la brèche de facto béante ; doublé de Charbonnier : Vainqueur attentiste et Sylla qui termine l’action en marchant dans sa surface de réparation : incroyable mais vrai ; missile de Mbock : Sangaré ne monte pas assez vite sur le joueur qui arme ; dernière réalisation de Cardona : Sangaré, encore, relance la balle dans les pieds de Charbonnier, passeur décisif. Rien à ajouter.


Attaque à l'arrêt

Il ne vous aura pas échappé non plus, suiveur assidu du Tef, que les deux buts inscrits par Diakiaté l’ont été sur autant de coups de pied arrêtés. Deux corrners, en l’occurrence : un indirect botté par Dossevi, l’autre œuvre de Boisgard. à part ça ? Pas mal de situations, cependant au final très peu de véritables occasions : la fameuse justesse technique dans l’avant-dernière ou ultime passe. Si on feuillette notre cahier, il y eut 3 tirs cadrés :

Amian à bout-portant bute sur Larsonneur (19), Dossevi de loin oblige le portier du SB29 à dégager des deux poings (48), Sanogo s’essaye à angle fermé (70).

Ainsi que 2 réelles opportunités : service de Dossevi pour Koulouris un poil long à moins que ce ne soit le Grec qui n’a pas assez senti le coup (32), café-crème de Boisgard au-devant de Faussurier et enveloppé au ras (44). Lorsqu’on joue sa peau en élite, cela paraît trop peu, non ?


Calendrier infernal

La dernière victoire, là-bas, a été signée le 18 mai 1966. On parle de Lyon, prochain déplacement du TFC, et il n’y a pas besoin de dessin : un point serait déjà miraculeux. Après ? Deuxième voyage d’affilée à Amiens, concurrent plus que direct pour le maintien. La réception de Strasbourg semble jouable (comme l’était celle de… Brest). Dans la foulée, le Vélodrome au menu : aïe. L’accueil de Nice, bon ça peut passer. Visite dans le Nord où le Losc a encore en travers de la gorge son revers de l’aller. Et l’on bouclera le mois de février avec Rennes au Stadium : on ne sait plus quoi pronostiquer… En tout cas, une chose est sûre : le Téfécé n’est pas gâté par la programmation de la LFP. D’autant qu’après-demain mercredi, Nîmes (19e, 15pts) et Amiens (18e, 17pts) qui reçoivent respectivement Rennes et Reims, ont les cartes en main pour creuser l’écart sur la "lanterne rouge violette", 3 unités derrière les Crocos.

Alors Toulousains, aux larmes ou aux armes…

 

 …mais, au fond, quelques lueurs

"Noir c’est noir" chante le peuple violet à l’unisson. Néanmoins, en y regardant attentivement, la flamme scintille encore au bout du tunnel. La preuve par quatre.

- Dix-huit finales - On le ressasse à longueur de papiers. Même si la possibilité de rester en L1 commence pour le club de la Ville rose à avoir l’épaisseur d’une feuille à cigarette, arithmétiquement l’équation est loin d’être perdue. Cinquante-quatre points restent à distribuer. Largement assez pour se sauver directement ou à tout le moins accrocher les barrages – objectif qu’avait toujours avoué Kombouaré avant son éviction. Nous n’allons pas sortir ici la calculette et se lancer dans des comptes d’apothicaires. Primo, il est beaucoup trop tôt pour (quand on abordera le sprint final et, disons, les 10 dernières éché- ances, il sera bien temps de s’y consacrer) ; deuxio, un nombre… incalculable de paramètres seraient à prendre en considération (notamment les programmes respectifs de chaque équipe menacée et, également, l’histoire des confrontations entre-elles). Parce qu’on rappellera à bon entendeur que le règlement de la Ligue a changé depuis trois exercices (entré en vigueur à l’aune de 2017-18). à savoir que pour départager des clubs ex æquo, après le nombre de points et le goal-average général, intervient désormais comme critère N°3 les rencontres directes. En clair, vaut mieux soigner les joutes contre ses semblables. Et ici, un léger avantage est donné au TFC ! Si-si : si les Violets ont perdu à Nîmes (19e) sur le plus petit des scores 0-1, ils ont gagné face à Amiens (18e) et Dijon (16e) alors qu’entre-deux ils ont été cherché le match nul à Metz (17e) qui plus est 2-2.

- La première heure - Si la fin fut en eau de boudin, ce n’est pas une raison pour oublier l’entrée voire zapper le plat de résistance servi par les Téfécistes samedi soir. Ils furent volontaires à souhait, cohérents à défaut d’être consistants, jusqu’à emballants à certains instants. C’est sur ce socle de bonnes intentions (et réalisations) que Zanko and Co doivent s’appuyer. Sans aucun doute. On ne peut forcément se satisfaire d’avoir encaissé 5 buts, de surcroît à la maison, mais le nouveau guide haut-garonnais a peut-être trouvé sa charnière en reprenant la dernière association d’Antoine Kombouaré (rendons à César…) : Gabrielsen-Diakité. Deux stoppeurs dans l’âme friands des contacts et des duels, ne rechignant pas aux sacrifices en tout genre. Sur les côtés, Dossevi a été décisif pour la seconde fois de la saison après son offrande pour Sanago vs le Losc (J10), tandis que sur l’autre flanc Boisgard s’est montré plus qu’un remplaçant de Gradel (ballon déposé sur la tête de Diakité pour passer devant au tableau d’affichage). Devant le potentiel est conséquent, on le sait ; reste le milieu…

- Mercato show ?- D’où l’intérêt d’un marché d’hiver à réussir. Le dilemme risque d’ailleurs de se poser, vite, en ses termes, pour l’état-major toulousain à la recherche d’un taulier dans l’entrejeu – oiseau rare, denrée chère : doit-il casser sa tirelire et se donner un vrai "plus" dans l’optique survie ? ou tergiverser sous peine de le regretter dur…

- Retour des forces vives - Une infirmerie bien remplie. On a tendance à l’omettre, c’est une erreur. Avec toujours 5 joueurs aux soins, l’effectif déjà pas pléthorique se révèle un peu boiteux. D’autant que parmi les indisponibles figurent le capitaine (Gradel) et la recrue la plus onéreuse dans l’histoire du club (Saïd). Et l’on ne cite pas le Japonais Shoji qui avait montré quelques belles choses sa demi-saison l’an passé. Et Goncalves qui pourrait éventuellement être essayé latéral gauche en lieu et place d’un Sylla, épuisé à juste titre (avec le goal Reynet, l’arrière guinéen est le seul élément de Toulouse à avoir disputé l’intégralité des 20 rencontres de championnat). à force, ça compte aussi.

 

Gabrielsen timide mais solide

Vingtième minute de jeu samedi soir, dans la fraîcheur du Stadium. Sur la ligne médiane, Gaëtan Charbonnier peine à se remettre d’un gros tampon, plein d’autorité, asséné par le Viking toulousain, Ruben Ga-brielsen. Pour sa première dans le championnat de France, le colosse d’1m86 pour 87 kg n’a pas eu besoin de temps d’adaptation et semble taillé pour l’exigence physique que demande la Ligue 1. Pour autant et même s’il n’a pas fait d’erreur, il est difficile de trouver du positif dans la performance d’un défenseur central lorsque son équipe prend 5 buts. Un peu timoré dans ses relances – il a privilégié les passes latérales ou en direction de Baptiste Reynet à de nombreuses reprises –, Gabrielsen se doit d’en imposer plus afin que son association avec Diakité mène le TFC vers le maintien. "Je suis vraiment déçu car nous avions fait une bonne première mi-temps, débriefait le Scandinave après le match samedi. Ce n’est pas normal d’encaisser 5 buts. C’est un problème car quand on en prend 5, on ne peut pas imaginer remporter un match."

Lucide, le Norvégien savait cependant où il mettait les pieds en signant à Toulouse. Le défenseur central a rappelé qu’il était au fait de la situation : "En arrivant, je savais que l’équipe était en difficulté. C’est vrai que c’est un challenge mais j’avais envie de le relever. On doit passer à autre chose rapidement et gagner les prochains matchs. Il reste beaucoup de points à prendre donc on a espoir." De l’enthousiasme dans les coursives du Stadium… Ça ne peut pas faire de mal.

 

Bafodé Diakité, défenseur du TFC : «Évidemment que je crois au maintien»

Éloigné des terrains depuis le mois d’octobre, le jeune défenseur central a fait son retour sur le pré, début janvier (pour le match de Coupe de France à Saint-Pryvé). Samedi soir, face à Brest, le Pitchoun a vécu une soirée paradoxale. Auteur de son premier doublé en Ligue 1, il n’a pas pu empêcher son équipe de prendre une valise. La mine fermée, Bafodé Diakité s’est livré à la sortie des vestiaires.

C’est une soirée mitigée pour vous. Vous inscrivez un doublé mais l’équipe subit une large défaite devant votre public. Comment l’avez-vous vécue ?

Je suis passé par beaucoup d’émotions. Au début du match on prend un premier but alors qu’on souhaitait bien faire les choses. Quelques minutes plus tard, grâce aux coups de pied arrêtés que mes partenaires ont bien tiré, on a réussi à sortir du trou. On pensait bien faire jusqu’à l’égalisation… Puis ils ont déroulé.

On vous a vu très séduisant en première période, puis vous vous effondrez en seconde : comment expliquez-vous ces deux visages ?

Je ne sais pas… (il réfléchit). On a eu peur de mal faire, on essaye de garder le résultat pour rentrer avec une victoire et peut-être qu’en se mettant des freins on a laissé des brèches. Ça doit être un problème mental qui vient de nous, joueurs. Je ne sais pas ce qu’il se passe. On lâche alors qu’on ne devrait pas le faire. On doit travailler tout ça, tous les jours, tous les jours et ça finira par payer.

Quels ont été les mots de l’entraîneur après le match ?

Il n’y a aucun mot à dire. On prend 5 buts chez nous… Qu’est-ce que vous voulez qu’on se dise.

Comment s’est passé votre entente avec Ruben Gabrielsen, la nouvelle recrue ?

Ça s’est bien passé, il parle anglais donc je lui parle dans cette langue. Mais il comprend aussi quelques mots en français donc c’est assez simple. J’ai déjà dû faire ça avec Agustin (Rogel), donc je peux faire la même chose avec Ruben.

Quel est l’état d’esprit dans le vestiaire aujourd’hui ?

On est abattus mais on essaie de garde la tête haute. Il reste 18 journées donc je vous laisse faire le compte des points qui sont encore en jeu (54 points, ndlr). On essaie de rester soudés et d’aller jusqu’au bout.

Vous croyez toujours au maintien ?

Oui évidemment. C’est même obligatoire si on veut rester en Ligue 1, la question ne se pose pas.

Bafodé DIAKITé, 19 ans ; défenseur du Toulouse FC / 8 matchs (8T), 2 buts.

 

 

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