Menu

Fil de navigation

Recherche

La Dépêche du Midi

 

Ligue1

Giresse dit croire au maintien du Téfécé, bon dernier en ce week-end de trêve réservé à la Coupe de France. Il nous explique pourquoi, comment et via quels sacrifices. On écoute l’ex-milieu, toujours si juste…

Il n’y a jamais joué mais l’a entraîné à deux reprises. Pour autant de remontées en D1 au terme des saisons 1996-97 et 1999-2000. Le TFC de la fin des années 90 s’écrivit ainsi avec "Gigi", qui fit ses débuts sur un banc au relais de Rolland Courbis en novembre 1995. Ascension express pour un détour en juin 1998 au Paris-SG de Biétry. L’expérience tourne court : quatre mois puis s’en va pour mieux revenir au chevet de Toulouse, dès fin janvier 1999, remplaçant Guy Lacombe (jusque octobre 2000) ! Son aventure toulousaine est un roman. à ce propos, un éditeur parisien vient de solliciter l’ancien milieu magique des Bleus années 80 avec Platini, Tigana et Genghini (puis Fernandez) pour qu’il conte sa vie et son œuvre. Un livre sur Alain Giresse, à 67 ans, il était temps de rendre grâce au stratège de poche (1m63) dont le talent était inversement proportionnel.

Alain, vous étiez dans les travées du Stadium, samedi dernier. Pas trop désappointé ?

Si-si, bien sûr, le score fait mal. Mais c’est tellement un match bizarre… On passe d’une première mi-temps tout à fait acceptable, correcte et qui peut laisser présager un résultat positif. Puis patatras en seconde période où les Brestois, en face, marquent des buts d’un autre monde – avec un garçon qui n’a plus trouvé le chemin des filets depuis le mois d’août (Gaëtan Charbonnier, 1 seule réalisation le 24 août face à Reims) et qui, là, en met deux, dont une volée de rêve. C’est incroyable, non ? Bon, on ne va pas jusqu’à rentrer dans l’aspect mystique des choses… mais oh il y a un truc qui ne tourne pas rond ! Parce que les 4 buts encaissés en 13 minutes [entre les 72 et 84e] ne sont même pas le fruit, j’allais dire, d’une submersion de l’adversaire. En résumé, au-delà de tout ça…

Oui…

Il y a un mal tenace, la roue de l’infortune, une spirale noire. Dans un tas de domaines.

Vous y avez cru jusqu’à passé l’heure de jeu.

Ouais. Et surtout, je me répète : chez les Bretons, aucuns prémices n’était décelable : Toulouse ne jouait pas contre le Barça ou le Real qui peuvent, d’un coup, tout emporter sur leur passage. La prestation bretonne est décisive et réaliste, au contraire.

C’est dans la tête, Docteur ?

Évidemment. Dans ce cas, beaucoup de choses se chevauchent…

Cependant, on peut parler – au fond – d’une sorte de virus au sein de l’équipe qui fait qu’au lieu de s’enthousiasmer menant 2-1 elle est rattrapée par ses doutes, craintes, fébrilité et fragilité. Les joueurs en arrivent, je pense, à s’interroger : "C’est nous qui avons effectué ce beau premier acte ?…" Qui avait de la tenue, on ne l’avait pas vu depuis un moment si on remonte dans le temps. Maintenant, la place d’observateur et de suiveur est toujours plus facile ; c’est sûr.

En attendant, il n’y aura pas eu d’effet Zanko, de fameux choc psychologique ?

Faut arrêter de délirer, s’il vous plaît, d’être catégorique, définitif, affirmer une vérité qu’on retire dès le lendemain. Bref : cessons les jugements hâtifs ! Je prends pour exemple Robert Moreno, le nouvel entraîneur de Monaco : dimanche soir, il incarnait le "phénix" des entraîneurs (3-3 au Parc) ; trois jours après, mercredi soir, il n’en était déjà plus rien (défaite 1-4 pour la seconde manche devant le PSG à Louis-II). ça m’énerve, on tombe, trop et vite, dans des travers en agissant pareillement. Pour un oui, pour un non en somme.

Revenons au TFC…

Dans une telle situation il y a certes l’entraîneur, néanmoins n’oublions pas les joueurs. Surtout pas. Il faut qu’ils aient une prise de conscience individuelle et collective. Si ça se termine mal (relégation, ndlr), personne n’en sortira indemne. N’imaginons pas que le footballeur en fin de saison se contente d’un : ’’Aujourd’hui ici, demain ailleurs.’’ Non-non, ça ne marche pas comme ça.

Vous mettez en garde, en quelque sorte…

En effet, attention ! Une descente a des répercussions sur votre standing, votre statut.

Plus concrètement, selon vous, qu’est-ce qui cloche au Toulouse Football-Club ?

A l’instant T, on n’en est pas au bilan ; c’est un premier postulat. Mais bien à la mobilisation générale. Quel est le désir, notre but commun à tous, club, public ? C’est que le TFC reste en première division. L’autocritique attendra. Pour le moment, il s’agit de se retrousser les manches, d’adopter une attitude déterminée pour tenter de s’en sortir. Après, entendu, si on est là, des erreurs ont été commises, des comportements sûrement pas été ceux voulus. Chercher actuellement – et quoi ? – serait une perte de temps. Alors que le contexte nécessite l’urgence. On ne doit pas mélanger les périodes ; ce qui ne signifie pas non plus que je botte en touche. En janvier on se doit d’être derrière ; en mai, chacun aura loisir de s’adonner à ses appréciations et réflexions. Tel est mon raisonnement, vous l’aurez compris.

L’espoir subsiste !

Naturellement : ce n’est pas foutu, on ne jette pas les armes.

Et on se bat comment ?

Ne pas se laisser mourir équivaut à retrouver une dynamique de groupe. T oujours continuer de lutter contre l’adversité, les éléments et/ou vents contraires, appartient au bagage du compétiteur. Un sportif ne subit pas. Jamais. Par contre, il doit tout mettre "dedans" même si la mission s’avère très compliquée.

C’est votre vécu qui parle ?

J’ai été joueur, je suis entraîneur. Je connais ce genre de difficultés. Avec le recul qu’il faut, j’estime.

La jeune troupe téféciste ne l’a pas par définition…

C’est, ce sera sûrement cela le plus dur : que les garçons entrent dans un mode de fonctionnement auquel pas mal n’ont pas été confrontés.

Plus précisément ?

Que les joueurs aient une autre dimension dans leur engagement, leur quotidien et la récupération. Tout, tout doit être décuplé, amené à une puissance maximale. Et le jour du match… ne connaître ni père ni mère et avoir les dents qui rayent le terrain (sourire). Car aucun concurrent ne vous fera de cadeaux, pas une équipe ne vous ouvrira ses portes. Normal. Les victoires se gagnent si j’ose ; dans cette position, tu ne comptes que sur toi-même. Y compris à l’entraînement, tu doit détester perdre.

Dans les règles du jeu.

Tu ne pénètres pas sur la pelouse avec une tronçonneuse, il coule de source. Par contre, la question d’intensité est fondamentale.

Vous pensez que le Téfécé va parvenir à sauver sa tête ?

Sincèrement, j’ai gagné des titres en me refusant à entreprendre des calculs d’apothicaires. Je raisonnais au "match par match". Désolé pour la formule éculée, or c’est la réalité : à chaque rendez-vous, il s’agit de se remettre au labeur sans calculer. Et derrière c’est derrière. Un point, c’est tout. Tu avances. à Toulouse d’envisager une mécanique semblable. C’est le meilleur moyen d’espérer.

Donc…

Oui, il est possible que le TFC se maintienne. C’est ma réponse d’acteur. Quant aux

débats, je ressasse qu’ils se dérouleront à la fin du bal.

Pourquoi pas, même, sans passer par la case barrages…

De toute façon, le championnat d’en-bas se joue à 5 équipes (de Dijon 16e avec 21 points à Toulouse lanterne rouge nantie de 12pts). En gros. Et malgré tout, avec 10 défaites de rang, les chiffres sont là, OK, mais le retard est loi de s’avérer insurmontable.

Vous assistez pratiquement à toutes les rencontres à domicile ?

Quand je suis ici (il réside en banlieue toulousaine), oui. Je me cale de la sorte : le match au Stadium, c’est mon rendez-vous. Au stade c’est autre chose que d’être devant sa télé : l’ambiance, le ressenti, etc. Un vrai plaisir.

La semaine passée, on vous a vu descendre des bureaux du club : vous n’allez pas entrer dans l’organigramme…

(rire) Non-non. Je viens en tant que local de l’étape, j’ai des relations cordiales avec le club parce que je l’ai entraîné, j’y connais encore pas mal de gens et suis toujours bien accueilli. Il n’y a aucune demande ni requête. Pas d’extrapolation ou d’amalgame, je mets stop aux bruits qui courent. Je reste un supporter des Violets.

Vous êtes en recherche active d’un poste de sélectionneur plutôt que d’entraîneur de club, c’est ça ?

Absolument, sur le continent africain comme depuis un petit moment maintenant ; j’ai des contacts, il y a des pistes. Après Gabon, Mali, Sénégal, Tunisie, ce serait ma 5e équipe nationale et mon 6e mandat puisque j’ai dirigé deux fois la sélection des Aigles maliens. Au départ c’est le côté découverte, un peu aventure, et on tombe très rapidement sur des gens qui sont merveilleux humainement. Je me suis pris au jeu et j’ai noué des affinités avec les joueurs. J’y ai trouvé mon compte, en vrai. Faire le jardin tous les matins, non ce n’est pas mon truc.


« Gigi », le plus Toulousain des Girondins
à la question « Descendre en L2 vous ferait de la peine mais si vous vous considérez d’abord bordelais ? », la réponse de Giresse fuse – sans ambage ni ambiguïté :« Je respecte l’Histoire d’un club tout en sachant que chacun a ses origines, son passé et son parcours. Force est de constater que le mien est plus marqué par les Girondins, où j’ai accompli la très grande majorité de ma carrière, que par le Tef. C’est la même chose pour l’OM, je n’y ai joué que 2 ans, je ne peux pas revendiquer une quelconque appartenance. La personne que je suis, ne pourrait représenter le TFC : mon histoire de joueur, je l’ai faite chez les Marine et Blanc (il est aussi né à Langoiran, à 25km au sud-est de Bordeaux). »

2020 / 2021

CALENDRIER

2020/2021

CLASSEMENT

Suivez l'actualité du TFC

ACTUALITE

2020/2021

EFFECTIF

2020/2021

TRANSFERTS

2019/2020

STATISTIQUES