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Patrick Desprez pour La Dépêche du Midi

 

Ligue1

Cinquante-quatre ans. Un gouffre en sport et, plus particulièrement, dans le jargon footballistique. Au vrai, ce n’est pas sorcier : chaque saison, on ajoute une année au triste record. Oui, vous l’aurez deviné, c’est bien de victoire téféciste – ou plutôt d’absence de cette dernière – dont il est question présentement.

On vous parle d’un temps que seuls les plus de 70 ans peuvent connaître… Nous sommes le 18 mai 1966, un mercredi ; on dispute la 36e journée du championnat de France de Division 1 et dans un Gerland peuplé de 3.205 âmes seulement, le héros du jour (et pour l’éternité, donc, jusqu’à dimanche au moins) va s’appeler Wojciak, prénom édouard. L’ailier gauche du Téfécé repique intérieur et, dès 20m, tire du droit décroisé, au sol ; le cuir se fiche au ras du piquet de Marcel Aubour, goal-vedette des années 60 (20 capes en Bleus entre 1964 et 1968)…

Bref, trêve de nostalgie, et énorme bond en avant, ainsi, afin de se retrouver en 2020, à l’heure de défier l’armada rhodanienne pour un Tef qui, de surcroît, ne l’a plus emporté à l’extérieur depuis maintenant plus d’un an. à (nouvelle) preuve : la dernière fois que les Violets ont ramené les 3 points d’un voyage, remonte au 19 janvier 2019. C’était dans le Gard, repaire des Crocos, et les protégés d’Alain Casanova alors avaient eu raison des Crocos nîmois sur un pointu de Yaya Sanogo, servi par un long centre venant de la droite signé Kelvin Amian.

Tout ça pour dire que le Toulouse FC, lanterne rouge, pire défense de l’Hexagone, qui demeure sur 10 revers consécutifs en championnat, cumule sacrément les handicaps pour ce week-end. D’où, également, cette interrogation qui en découle : Est-ce que les joueurs sont impactés psychologiquement par une telle série noire – d’une part chez l’Olympique Lyonnais et d’un autre côté en dehors de leurs bases ?

"Gagner en déplacement n’est jamais facile et si on y ajoute tout un passé négatif, cela n’arrange évidemment pas les choses, commence par poser le préparateur mental dans le monde du sport Denis Troch. Maintenant, positive rapidement le célèbre moustachu, au contraire du club et, peut-être de son environnement, les joueurs ne portent pas cette lourdeur. Ils n’en ont pas héritée. Résultat : ils ont le loisir de croire en leurs chances pour arriver à la finalité ’’Il faut gagner’’ qui peut devenir moins anxiogène qu’à brûle-pourpoint."

Reste à s’en donner les moyens, reprend celui qui a entre autres accompagné Clermont dans la quête de son second Brennus en 2017, après un nombre de finales dont on vous épargnera le listing. "La persuasion passe par un tas de ressorts, petites actions, mini-leviers, micro-signes."

Lesquels doivent aboutir à une sorte de rationalisation : " ’’Et pourquoi pas aujourd’hui ? et pourquoi pas, nous ?’’ C’est le genre de questions à même de faire avancer l’équipe. Après, entendu, il y aura l’aspect du jeu proprement dit. L’on sait, par exemple, qu’une formation ballottée mais pas coulée – c’est-à-dire qui ne prend pas de but – pendant un quart d’heure, en général marque en contre dans la foulée."

Ou les statistiques comme briseurs du signe indien… "En conclusion, avance l’ancien gardien doublure de Baratelli au PSG entre 1978 et 1981, le TFC doit se convaincre qu’il a le droit d’aller vaincre à Lyon. Il n’y a pas d’interdiction, à ce que je sache ; sinon on le saurait et, par conséquent, cela ne servirait à rien que Toulouse prenne l’avion…"

Dans sa carrière d’entraîneur, le Commingeois élie Baup, aujourd’hui consultant sur beIN SPORTS, a connu pareils cas de figure. "Lorsque je coachais les Girondins, l’OM n’était plus venu s’imposer à Bordeaux depuis 1977. D’ailleurs, la stat persiste toujours. Et ensuite, j’ai dirigé Marseille…" La roue n’a pas tourné côté olympien, de facto. Mais Baup se remémore ses causeries : " Tu ne peux pas, ne pas l’évoquer à ton groupe, ce serait un manquement dans ta préparation, ton approche du rendez-vous. Inversement, il ne faut pas non plus trop insister dessus pour que cela vire à la psychose, si je puis formuler de la sorte."

Quel juste milieu, alors, dans un tel contexte ?

"Le but, reprend le coach à la casquette, au TFC de 2006 à 2008, est de parvenir à ce que les garçons se détachent de l’emprise émotionnelle de la rencontre. Il s’agit d’être focus sur le présent, la saison en cours, se concentrer sur la bonne dynamique ou, en l’occurrence, la mauvaise spirale. Se réfugier d’autant plus dans le travail et la recherche de solutions pour réenclencher la marche avant."

"En ce qui concerne les joueurs, chiffre élie Baup, c’est simple, la chose est assez binaire, je vois deux attitudes à l’opposé. Soit une forme d’acceptation de l’Histoire, d’où de résignation : ’’De toute façon ça ne changera pas, c’est comme ça.’’ Ou une forme de rébellion : ’’Oh les gars, on va régler ça une bonne fois pour toutes !’’ Je ne vous fais pas de dessin sur celle à privilégier."

Aux Toulousains d’entrer en méditation.


Et ailleurs ? Le dernier succès toulousain en L1 dans les autres stades remonte à…

Si on s’"amuse" à plonger dans les archives concernant les 18 enceintes restantes des clubs pensionnaires de l’élite cette saison, les dates parlent d’elles-mêmes. Il n’y a pas que la cité des Gones qui semble maudite !

  • AMIENS : jamais en deux visites (0-0 en 2018-19 et 17-18)
  • ANGERS : 21 octobre 2017, 1-0 (Diop, 38)
  • BORDEAUX : 11 janvier 2014, 1-0 (Braithwaite, 53)
  • BREST : 9 mars 2013, 1-0 (Rabiot, 45)
  • DIJON : jamais en quatre visites (trois défaites 1-2 en 2018-19, 1-3 en 2017-18 et 0-2 en 2016-17 plus un nul 1-1 en 2011-2012)
  • LILLE : 22 décembre 2018, 2-1 (Gradel, 50 sp et 64 sp)
  • MARSEILLE : 3 mars 2012, 1-0 (Abdennour, 66)
  • METZ : 30 mars 2008, 2-0 (Emana, 80 et 82)
  • MONACO : 12 avril 2008, 2-0 (Batlles 4, Elmander 47)
  • MONTPELLIER : 2 avril 2017, 1-0 (Delort, 45)
  • NANTES : 2 décembre 2014, 2-1 (Sylla 24, Braithwaite 85)
  • NICE : 3 février 2018, 1-0 (Gradel, 67)
  • NîMES : 19 janvier 2019, 1-0 (Sanogo, 41)
  • PARIS-SG : 29 octobre 2008, 1-0 (Camara 65, csc)
  • REIMS : 5 décembre 2018, 1-0 (Sylla, 45)
  • RENNES : 23 septembre 2014, 3-0 (Pesic 42, Diagne 57 csc, Ben Yedder, 61)
  • SAINT-ÉTIENNE : 5 octobre 2014, 1-0 (Ben Yedder, 22)
  • STRASBOURG : 24 septembre 2005, 4-2 (Batlles 2, D. Moreira 7, Dieuze 64, Santos 76)

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