Nicolas Stival pour 20 minutes

 

Ligue1

L’entraîneur Denis Zanko a fait entrer pour la première fois les très jeunes attaquants Antiste et Taoui contre Strasbourg, au côté de Diakité et Koné, déjà installés.
Mais le lancement en masse de jeunes peut être une fausse bonne idée, surtout dans un contexte sportif aussi compliqué que celui de Toulouse aujourd’hui.

Une atmosphère de résignation planait mercredi soir au-dessus du Stadium. La seizième défaite de la saison contre Strasbourg (0-1) a sans doute dissipé les derniers espoirs de maintien du TFC, dernier de Ligue 1 à huit points du barragiste nîmois.

Perdu pour perdu, la tentation paraît grande de mettre un grand coup de balai dans l’effectif, dès le périlleux déplacement à Marseille, samedi. Et de faire un peu plus de place aux Pitchouns, déjà représentés chez les titulaires par le défenseur Bafodé Diakité (19 ans) et le milieu Manu Koné (18 ans).

Auteurs d’une entrée dynamique dans le dernier quart d’heure face aux Alsaciens, les attaquants Janis Antiste (17 ans) et Adil Taoui (18 ans) pourraient-ils être revus au Vélodrome ? Quid des Gonçalves, Diarra et Rouault en défense ou des Adli et Ngoumou (actuellement blessé) au milieu, tous néoprofessionnels et membres de la génération finaliste de la Coupe Gambardella la saison dernière ?

« Je ne suis pas du tout dans cette réflexion-là, lâchait Denis Zanko après la déception strasbourgeoise. J’ai envie de trouver le meilleur équilibre. » « Le centre de formation est un gros point d’ancrage pour le club, poursuivait l’ancien directeur technique de la pouponnière violette. On a envie de s’appuyer sur les jeunes mais on préférerait le faire dans d’autres circonstances. » Bref, « je ne sais pas si c’est un cadeau de les lancer dans une situation aussi délicate », indiquait Zanko.


Pas si simple

Ancien joueur du TFC, mais aussi du Havre et de Grenoble, Nicolas Dieuze a connu les âpres combats dans les bas-fonds de première division. « Il ne faut surtout pas faire jouer les jeunes sous prétexte qu’ils sont jeunes, avertit le consultant pour France Bleu Occitanie (41 ans). Il n’y a qu’une question qui compte : "Est-ce qu’ils sont capables d’amener un plus à l’équipe ?" »

Autrement dit : le tout jeune Antiste peut-il rivaliser dès à présent sur la durée avec Koulouris et Sanogo, aujourd’hui à l’infirmerie ? Taoui doit-il déloger le si décevant Saïd sur l’aile gauche, en attendant le retour de blessure encore non programmé du capitaine Gradel ?

Et s’il s’agissait avant tout d’envisager l’avenir du club à moyen terme, très probablement à l’étage inférieur ? Mauvaise idée, selon Dieuze. « C’est faux de considérer que tu prépares la saison prochaine en faisant jouer les jeunes, assure l’ex-milieu de Luzenac. Si tu descends, ce n’est pas le même championnat, pas les mêmes ambiances et ce ne sera pas la même équipe. » Beaucoup de cadres, mais aussi pas mal de Pitchouns (Koné par exemple) ne prendront pas l’ascenseur vers l’étage d’en bas et iront poursuivre leur carrière ailleurs.


Le pari de l’enthousiasme ?

En résumé, le sujet est délicat, presque autant que la position du TFC en L1. Mais une chose est certaine, témoigne Dieuze : « les jeunes sont enthousiastes et pas touchés par la pression. Quand j’ai démarré en première division (en 2000-2001), le club était relégable. Mais moi, je voulais tout bouffer. Je n’avais rien à perdre, c’est un gros avantage. » Et des « avantages », ces temps-ci à Toulouse, il n’y en a pas tant que ça…