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ARNAUD HERMANT pour L'Équipe

 

Ligue1

Antoine Kombouaré a vécu le confinement chez lui, dans les Yvelines. Face à la situation actuelle et les relégations d’Amiens et de Toulouse, qu’il juge injustes, il pousse un cri de révolte. Avec sa franchise habituelle, l'ancien coach du TFC appelle joueurs et entraîneurs à militer pour une L 1 à 22 la saison prochaine.

 

« Vous avez souhaité prendre la parole. Pour quelles raisons ?

Je veux lancer un appel à ma corporation, à mes amis entraîneurs, aux joueurs. Ce qui se passe actuellement, la relégation de Toulouse et Amiens, constitue une profonde injustice. Le foot a l’occasion unique de faire preuve d’humanité et de solidarité mais aussi de bon sens et de courage. C’est le moment de montrer une autre image et d’arrêter de penser à sa gueule.

Que prônez-vous ?

Que la saison prochaine se joue à 22 en L1.

Mais Toulouse est votre dernier club (il y a signé en octobre et a été remercié en janvier) et votre fils travaille à Amiens…

(Il coupe.) Je tiendrais le même discours s’il s’agissait de Brest, Nîmes, Dijon, Metz ou Saint-Étienne. Je ne fais pas cela pour mon fils (directeur administratif d’Amiens). Les gens me connaissent et savent que je suis loyal. En tant qu’entraîneur, tous les jours on essaie d’inculquer à nos joueurs des valeurs de solidarité, de partage. Quand tu descends parce que sportivement tu n’as pas fait le travail, il n’y a pas à discuter. Mais là, il restait 30 points à prendre et les règlements ne prévoient pas un arrêt dans ces conditions. Ce sont nos amis, nos frères avec qui on a joué qui sont touchés. On est une famille et on se tend la main quand l’un souffre.

Qui doit se mobiliser ?

J’attends que Philippe Piat et Sylvain Kastendeuch (les deux présidents de l’UNFP, le syndicat des joueurs) se bougent. On ne les entend pas sur ce sujet. De même que Raymond Domenech à l’Unecatef (syndicat des entraîneurs). M. Le Graët aurait-il été d’accord si Guingamp était parmi les relégués ? (1) Maintenant, il faut se faire entendre et monter au créneau. Il y a un combat à mener. C’est bien beau, de prendre des décisions dans les bureaux, mais on ne peut pas rien faire. On doit aussi tenir compte de l’avis des acteurs majeurs : les joueurs et les entraîneurs.

Aimeriez-vous que la saison reprenne ?

Il ne s’agit pas de remettre en cause l’arrêt des Championnats, il y a une urgence sanitaire dépassant le football. Je respecte la décision de l’exécutif. Mais M. Le Graët et la Ligue doivent faire quelque chose.

Ça nécessiterait de changer la convention entre la Ligue et la FFF, qui prévoit que la L1 se joue de 18 à 20 clubs (2).

À situation exceptionnelle, décision exceptionnelle. Les dirigeants doivent se mettre d’accord sur ce point et acter aussi que la saison suivante il y ait quatre descentes afin de revenir à 20 clubs. Je suis persuadé que la majorité des gens du football serait d’accord avec cette option. Franchement, c’est faisable.

Vraiment ?

Les planète sont alignées. On peut trouver des dates supplémentaires alors qu’il n’y a plus de Coupe de la Ligue. On pourrait aussi réduire ou supprimer la trêve hivernale puisque la situation est inédite. Et avec le nouveau contrat de droits télé (400 M€ supplémentaires), cela serait moins préjudiciable pour l’ensemble des clubs.

La situation semble vous inquiéter.

Il va y avoir de la casse, parmi les joueurs qui ne retrouveront pas de contrat mais aussi au sein des personnels administratifs des clubs. Il y aura des licenciements. Même au niveau amateur, cela va faire mal. Que des joueurs mettent un terme à leur carrière de cette manière, c’est terriblement injuste. Et j’ai toujours détesté l’injustice. Par rapport à la souffrance et l’inquiétude nées de cette crise, il faut faire bloc. On n’est pas assez solidaires. Cela me fait bondir.

Que faire si votre demande n’est pas entendue ?

Il faut mener une action. Que les joueurs et les entraîneurs se mettent d’accord pour faire grève en début de saison prochaine si ça n’évolue pas. Les capitaines doivent se réunir et adopter une position commune avec un message clair : “Si on n’est pas 22, on ne débute pas.”

Êtes-vous soutenu ?

Oui, j’ai beaucoup de copains qui sont d’accord avec moi, comme Laurent Blanc ou Alain Roche. Je ne fais pas cela pour moi. Il y a un mouvement de fond qui monte. Dans ma vie, je me suis toujours battu pour le respect, la loyauté et la justice. J’avais fait grève un mois à Lens, en 2014, quand on nous avait empêchés (dans un premier temps) de monter en L1 alors qu’on avait gagné notre place sur le terrain, parce que notre actionnaire (Hafiz) Mammadov n’avait pas payé. »

(1) Avant d’être président de la FFF, Noël Le Graët a été celui de Guingamp (1972-1991 puis 2002-2011).

(2) Cette convention prévoit que la L1 peut se joueur de 18 à 20 clubs ; la L2 de 16 à 22. Elle arrive à échéance au 30 juin et sera rediscutée lors de la prochaine assemblée générale des clubs, prévue le 20 mai.

 

Amiens saisit la justice

« À la suite de la décision injuste et incompréhensible de la Ligue d'arrêter le Championnat à la 28 e journée avec relégation », Amiens a annoncé, hier, avoir saisi la justice. Fort du « soutien de nombreuses voix du football », telles celles de Laurent Blanc ou de Jean-Michel Aulas, qui ont appelé à une L1 élargie à 22 équipes la saison prochaine, le club picard organisera une conférence de presse par visioconférence, mardi matin, pour expliquer sa démarche. Bernard Joannin, président de l'Amiens SC, sera entouré d'Alain Gest, président d'Amiens Métropole, de John Williams, directeur sportif du club, de l'entraîneur Luka Elsner et de Christophe Bertrand, avocat de l'ASC, qui présentera les différents recours formés par le club.

 

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