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Rémi Buhagiar, Patrick Desprez pour La Dépêche du Midi

 

Ligue1

Le TFC n’a jamais été aussi proche d’être cédé. Olivier Sadran est officiellement entré en négociations exclusives avec RedBird Capital Partners, une société américaine d’investissement très active au états-Unis, et particulièrement dans le sport. En 2018, ce groupe s’était renseigné sur le Red Star, sans que cela n’aboutisse. La firme travaille notamment avec les Yankees de New York (baseball) ou les Cowboys de Dallas (foot US). Selon les informations communiquées hier, Olivier Sadran pourrait vendre 85% de ses parts et resterait donc actionnaire minoritaire. D’après nos infos, Damien Comolli, ancien directeur sportif de Saint-étienne, de Liverpool et de Fenerbahçe (Turquie), sans club depuis le mois de janvier, devrait occuper un rôle important dans le futur organigramme. Président ou directeur sportif ? Sollicité par nos soins, le Biterrois n’a pas souhaité nous en dire davantage.


Les Sino-Américains n’ont pas profité de cette période d’exclusivité

Toutefois, dans ce dossier, la prudence reste de mise. Au début du mois de mars, un potentiel repreneur de Toulouse avait obtenu cette même période exclusive pour éplucher les comptes du club sereinement et sans concurrence, avant de faire une offre. Il s’agissait d’un groupe d’investisseurs sino-américains, mené par Chien Lee et Gauthier Ganaye, anciennement propriétaire et pré- sident de l’OGC Nice. En pleine crise du coronavirus, les deux parties n’avaient pas trouvé d’accord. Du côté de Chien Lee, on estimait que la période de pandémie ne permettait pas de faire un audit précis du Téfécé. Mais l’homme d’affaires a surtout été surpris par l’attitude du patron de Newrest, qui ne lui aurait jamais indiqué une fourchette de prix susceptibles de lui faire lâcher le club. Les relations entre les deux camps se sont peu à peu tendues, à tel point que les acheteurs potentiels ont fini par viser d’autres cibles, comme le SM Caen.

Plus récemment, un nouveau nom, Olivier Létang, avait été évoqué sur l’île du Ramier. Comme révélé dans nos colonnes, l’ancien président du Stade Rennais s’était approché d’Olivier Sadran durant le mois d’avril pour lui signifier son intérêt. Les deux hommes, qui s’apprécient, ont discuté autour de la cession d’une partie du capital du Toulouse FC, ce qui permettait à l’actuel président de rester au club. Létang avait dans sa manche des investisseurs étrangers qui soutenaient le projet, il avait apporté la preuve qu’il avait les fonds nécessaires pour reprendre le Tef, mais pas à n’importe quel prix. La probable descente des Violets en L2 et le manque de clarté concernant l’avenir du championnat ont poussé Létang à la prudence. Les deux Olivier ont décidé de rompre subitement le contact le week-end dernier.

Sans rancune a priori, puisqu’Olivier Sadran savait qu’il avait d’autres opportunités de vendre une partie ou la totalité du club. Depuis qu’il a plus ou moins laissé entendre qu’il était vendeur, de nombreux candidats sont en effet entrés en contact avec le chef d’entreprise de 50 ans. Persuadé qu’il s’agissait de la bonne période pour racheter un club professionnel à prix réduit, un groupe de repreneurs mené par un agent de joueurs français s’est par exemple rapidement renseigné. Un ex-joueur de L1, entouré de partenaires européens, s’est lui aussi montré intéressé, mais pour une raison qui reste inconnue, les négociations n’ont jamais réellement débuté. La semaine dernière encore, des Hollandais et un groupe d’Europe de l’Est ont eux aussi voulu discuter avec Olivier Sadran, mais ce dernier a sèchement repoussé les avances. « OS » semblait focalisé sur un projet de reprise plus ambitieux. La possibilité de voir le Stadium passer sous pavillon américain a commencé à circuler en début de semaine. Coïncidence ou pas, le PDG de Newrest s’était rapproché depuis plusieurs semaines de Orrick Rambaud Martel SCP, un cabinet d’avocats franco-américain, basé à Paris et spécialisé dans la fusion et le rachat des entreprises… Les premières rumeurs annonçaient un intérêt de MSD Partners, mais l’information n’était pas exacte : mercredi, Olivier Sadran aurait bien confié à certains autres présidents être en discussion avec des Américains, mais il s’agissait de ceux de RedBird Capital…


Bordeaux, le mauvais exemple

Comme avec Olivier Létang, les négociations menées avec Gerry Cardinale, fondateur et Associé-gérant de RedBird Capital Partners, permettraient à Olivier Sadran de garder 15% des parts de son TFC, qu’il a récupéré au bord de la faillite au début des années 2000 avant de le stabiliser en L1 pendant 17 ans. Très impliqué dans la bataille liée au versement des droits télés, le quinquagénaire voulait absolument garder un œil sur le développement de « son » club. Toutefois, miser sur un fonds d’investissement américain semble constituer un pari dangereux. Les Girondins de Bordeaux, rachetés en 2019, vont mal. Le voisin toulousain connaîtra-t-il meilleur destin ? Rien n’est écrit.

 

Le club racheté, un avenir en questions

Pas de paroles, des actes. Contacté par SMS hier soir à 20 heures passé, Olivier Sadran nous a répondu qu’il ne s’exprimerait pas dans cette période (de négociations).

« Chaque fois que quelqu’un de sérieux entre en contact avec le TFC, je le reçois et je l’écoute. » Tels étaient en revanche les quelques mots de commentaire que nous avait accordés le président toulousain suite à l’intérêt sino-américain éventé le 5 mars dernier. Après l’intérêt appuyé de l’ancien patron rennais Olivier Létang révélé par La Dépêche en date du 6 mai, la troisième tentative doit donc être la bonne. « OS » a tenu parole : il a reçu, écouté et s’est montré convaincu. à preuve : sa communication dans la journée d’hier ; on rappellera une fois de plus qu’en matière de marché, ça y ressemble fort puisqu’il s’agit d’une vente, le patron de Newrest ne parle que lorsque le contrat est paraphé…

Ce nouveau souffle au Téfécé ravit déjà plus d’un supporter, comme les différents sondages ces jours-ci l’attestent. Mais il s’escorte en même temps d’un panel de questions dont nous faisons, à chaud, le tour d’horizon. Distillant des premiers éléments de réponse.

 

Quel organigramme ?

Lors de sa dernière conférence de presse, le 6 janvier (au lendemain de l’éviction d’Antoine Kombouaré et de la nomination de Denis Zanko), qui avait marqué les esprits de par l’aspect repenti de Sadran, l’actionnaire principal du Toulouse FC avait clairement annoncé la couleur.

« Je serai ravi de trouver quelqu’un capable de reprendre le club ou en tout cas susceptible d’en partager la stratégie, les risques économiques avec moi. » En substance : soit il vendait purement et simplement, soit il s’appuyait sur un partenaire solide, préparant « au mieux » sa sortie définitive. Le triathlète à ses heures perdues avait, aussi, bien surligné qu’il n’était pas du genre à quitter le navire en pleine tempête. Sous-entendu là aussi, il ne lâcherait pas prise en L2. Nous y voilà. Après, on imagine que le nouveau rôle qu’il tiendra sera abordé lors des discussions. « Minoritaire mais responsable » martèle Olivier Sadran dans le communiqué diffusé à 18h07 précisément. Président-délégué ? quid alors de Jean-François Soucasse, qui occupe aujourd’hui le poste… Simple conseiller ? peu probable. Bras droit ? à voir.

La cellule de recrutement, telle qu’elle est constituée depuis plusieurs saisons, risque de ne pas survivre au rachat. Au début de l’année, celui qui avait sauvé en 2001 le club locataire du Stadium, l’avait déjà laissé entendre : quand ça ne marche pas, on change. Dominique Arribagé, son directeur mercato et fidèle de la première heure, peut-il décemment rester ? Ali Rachedi, l’indéboulonnable « scout », sera-t-il poussé à la retraite pour de bon ? A priori Pantxi Sirieix et, à un degré moindre, Jean-Joël Perrier-Doumbé, sembleraient moins menacés dans le futur immédiat.

 

Quel entraîneur ?

Corollaire, le poste de coach. Le foot a de ces clins d’œil. Alors qu’Olivier Sadran a longtemps été réputé pour sa stabilité (trois entraîneurs en quinze ans, entre Mombaerts, Baup et Casanova), depuis mars 2015 pas moins de six se sont succédé sur le banc de l’île du Ramier ! Dont trois cette saison en enfer. Même sans la vente, on avait du mal à croire dans le maintien en fonction de Denis Zanko qui, pourtant, aura certainement été celui à avoir instillé le plus de sérénité dans les rangs clairsemés des Violets. N’empêche : en 9 occasions, l’ex(-futur ?) directeur technique du Centre de formation n’aura pas réussi à remporter un seul match (8 défaites). Forcément… Si le nom d’Olivier Guégan (Reims, Grenoble, Valenciennes depuis 2019) avait été avancé en cas d’arrivée d’Olivier Létang, aujourd’hui, c’est une bouteille à la mer lancée ! Bien que, eu égard à nos sources, le nouvel entraîneur toulousain pourrait être étranger. Anglais, même, vu le vécu outre-Manche de Comolli, avec des prérogatives étendues.

 

Quelle équipe ?

Là aussi, du flou en stock. Mais deux choses sont actées. Primo, aux dernières nouvelles, les joueurs qui, soulignons-le, verront de facto (c’est la charte de la Ligue) leur salaire revu à la baisse entre 20 à 50%, n’ont pas encore été consultés. Deuxio, il y aura une grande lessive – entre les fins de contrat (Isimat-Mirin, Kalinic, Makengo, Sanogo et Vainqueur), les retours de prêt (Bostock, Jean et Mubele) et les envies de départ (Amian, Dossevi, Gradel) ou valeurs marchandes (Sangaré, Saïd, Diakité).

Chouette, l’été sera show sur les bords de Garonne.

 

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