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Patrick Desprez, F.Ab. pour La Dépêche du Midi

 

Ligue1

C’est reparti ! Bien sûr, il faudra déjà finaliser la transaction, ensuite voir les premiers effets du rachat du Toulouse FC par le fonds d’investissement américain RedBird Capital Partners. Mais en attendant, l’espoir renaît…

Sous la bannière étoilée, des idées plein la tête. Parfois, le bonheur est simple comme un courriel…

Alors que les fans des Violets maugréaient encore les deux tirs au but manqués de la série « Opération rachat » (par les Sino-Américains de Nice puis par le Breton Olivier Létang), un communiqué sur le site officiel du Toulouse Football-Club, le jour de l’Ascension, les aura donc fait se lever d’un coup d’un seul. Car, oui, l’annonce de discussions plus qu’avancées pour une cession du président téféciste de 85% de ses parts au groupe étasunien RedBird, a ranimé la flamme du côté de l’île du Ramier. Même si les points d’interrogation demeurent légion, ils sont vite balayés par le vent d’Autan. Par un vent d’enthousiasme, frais, et caressant les mains courantes des terrains bordant le Stadium. à même sinon d’effacer la saison maudite (elle restera de loin, gravée, comme la pire de l’ère Sadran) du moins d’escorter la suivante de belles promesses.


Vers un budget de L1 l’an prochain en L2

Les supporters qui voulaient du changement vont en avoir pour leur argent, en somme. On ne sait pas encore quels montants comptent injecter dans le capital TFC les Américains de New York et Dallas, notamment pour l’enveloppe de leur premier mercato. On ignore également leurs réelles intentions, en dépit de paroles rassurantes – il s’agit toujours de juger sur pièces. Ce qui est certain, en revanche, c’est que la barque toulousaine, submergée par les flots, est déjà bien renflouée.

D’après nos calculs, avant ou durant l’exercice 2020-2021, le TFC est assuré de rentrer en caisses entre 25 et 30M€. Cette « manne » provient de trois apports. D’abord, l’aide à la relégation en Ligue 2, qui a été multipliée par trois et évaluée par nos confrères de L’équipe pour le club d’« OS » (elle varie en fonction de son ancienneté parmi l’élite) à 16M€. S’y ajoutent le fameux PGE ou Prêt garanti par l’état contracté par la LFP (remboursement sur quatre ans), censé combler les deux dernières échéances de Canal+ et beIN Sports non honorées entièrement ; soit 224,5M€ à verser – inégalement car selon différents critères – aux 40 pensionnaires de L1 et L2. Selon nos informations, Sadran récupère 3,5M€.

Enfin, reste les droits TV pour 2020-2021 qui ont explosé, rappelons-le, avec l’arrivée de Mediapro. Ce montant global d’a priori 135M€ pour la deuxième division [L1 et L2 doivent s’entendre définitivement d’ici le 20 juin] rapportera au Tef, dont le patron a activement participé aux pourparlers avec les diffuseurs suite à l’arrêt des compétitions le 13 mars, quelque 7,5M€. Si on récapitule, cela fait 16 plus 3,5 plus 7,5 ; soit 27 millions d’euros. CQFD.

Auxquels il conviendra d’additionner les habituelles recettes billetterie et marketing, certes vraisemblablement à la baisse. Et, on insiste une dernière fois, sans prendre en considération le trading joueurs, ou balance ventes/achats.

Bref : sachant que pour 2019-2020 le Toulouse FC présentait un budget prévisionnel de 35M€ et, au printemps, suite au rapport du gendarme financier, un bénéfice de 10M, l’on peut voir la vie en rose en bord de Garonne, non ?

Ce n’est pas une garantie pour remonter en L1, tout le monde le sait, chacun est d’accord ; en attendant, c’est un début. Une bonne entame de mandat à l’heure américaine. Parce que ce qui comptera autant, si ce n’est plus, c’est la vérité du terrain. Le spectacle proposé.

Sous la bannière étoilée, des idées plein la fête.


Débouté par le tribunal administratif

Les recours déposés en procédure d’urgence par Toulouse (plus Amiens et Lyon) contre la décision d’arrêter la saison et de figer le classement après la dernière journée disputée le 8 mars, ont été rejetés. Hier après-midi, dixit la LFP, le juge des référés du Tribunal administratif de Paris « a logiquement retenu que les décisions de portée générale prises par le Conseil d’administration de la Ligue le 30 avril ne pouvaient être contestées que devant le Conseil d’État ». Comme nous vous l’avions annoncé le 14 mai, le TFC s’est lancé dans la bataille juridique, au même titre que l’ASC et l’OL. Olivier Sadran l’a signifié cette semaine aux partenaires. « Nous avons ouvert un recours auprès du Conseil d’État et du tribunal administratif pour défendre nos intérêts », expliquait-il. à suivre, donc.

 

Le bout du tunnel ?

S’agit-il du bout du tunnel que l’on voit poindre alors qu’enfin, après des mois d’incertitudes et de rendez-vous manqués, l’avenir du TFC paraît soudain se dégager ?

Sportivement, la descente du club semble inéluctable, en dépit des tentatives d’Olivier Sadran d’obtenir, sur le tapis vert, réparation de ce qu’il considère comme une injustice.

Au couchant d’une saison stoppée brutalement par la crise du coronavirus, on voit mal cependant les magistrats jouer les prolongations de la confusion là où, de toute évidence, il est urgent – pour ne pas dire vital – de donner des perspectives à la communauté de la planète football, joueurs, public, partenaires économiques et financiers.

On peut toujours croire au sauvetage miraculeux des Violets en L1, mais à défaut, il faudra plus sûrement se contenter du « rêve américain » promis au TFC, ce qui, semble-t-il, n’est déjà pas si mal…

À cet instant, le club toulousain est relégué en division inférieure. Mais adossé à son futur nouvel actionnaire, il peut, comme ses supporters, songer déjà à son retour parmi l’élite.

L’argent, cependant, ne fait pas tout. L’histoire récente du championnat français est pavée de déceptions, de « vous allez voir ce que vous allez voir » contrariés, de gros chèques en devises étrangères qui ne se sont pas convertis en victoires sur la pelouse.

Jusqu’à preuve du contraire, les pétrodollars qui financent le PSG n’ont toujours pas permis au club parisien de soulever le trophée de la Ligue des champions…

Ce n’est du reste pas un hasard si, jusqu’au dernier moment, Olivier Sadran a tout essayé pour que son club demeure dans le giron national. On peut, comme lui, regretter qu’aucun investisseur français ou régional, c’eut été encore mieux, n’ait osé tenter l’aventure du TFC. Cet échec nous rappelle que comme tout le reste, le football est affaire d’économie mondialisée dans laquelle la France et l’Occitanie occupent la place qui est probablement la leur…

Mais qu’il nous soit permis de rêver… L’échec sportif qui survient cette année est avant tout celui d’un modèle. D’un idéal pourrait-on dire, incarné par Olivier Sadran et qui, depuis quelques années déjà, a trouvé ses limites.

On lui saura gré, en conservant une partie du capital du TFC, de ne pas y avoir tout à fait renoncé. Passé sous pavillon américain, le TFC avec son centre de formation, son identité régionale, ce lien qui l’unit à Toulouse, restera malgré tout le TFC. C’est l’espoir d’Olivier Sadran…

 

« Les supporters attendent depuis longtemps un changement radical »

« Welcome America ! » Pour le peuple violet, c’est un véritable vent d’espoir et de renouveau qui vient dépoussiérer cinq années suffocantes de purgatoire et d’ennui, à jouer avec le feu de la Ligue 2. « On voulait du changement, on est en passe de l’avoir, enfin ! » souffle Jean-Baptiste Jammes, pour le site de supporters « lesviolets.com ». « Il fallait tourner la page très vite. Les nouveaux actionnaires de RedBird devront prendre en compte l’énorme fossé qui s’est creusé entre les dirigeants de ce club et ses clubs de supporters. On espère un vrai projet sportif avec le départ de tout le staff. En son sein, le club a tout à revoir et il y a plutôt de la satisfaction à l’heure de cette annonce de rachat, même si le projet sportif n’est pas encore défini. En revanche, si rien ne change, à la fois dans le staff et dans les rapports avec les supporters, alors il y aura énormément de déception. »

Autre motif de satisfaction, le maintien d’Olivier Sadran dans l’actionnariat du club. « S’il décide de garder 15% des parts, c’est qu’il croit au nouveau projet. Il ne donne pas l’impression de se débarrasser du club comme ça… » Une façon aussi pour le président Sadran de garder un pied dans le monde du football auprès duquel, durant 19 saisons à la tête du TFC, il a su se forger une image d’habile gestionnaire et surtout se constituer un réseau bien utile dans ses affaires personnelles. Le patron de Newrest (restauration d’entreprises et auprès des compagnies aériennes) a d’ailleurs reconnu que ses activités professionnelles l’avaient un peu éloigné des terrains ces dernières années. « Tout le monde attend du changement, les supporters en tête. Leur demande est surtout de ne plus revoir le staff actuel qui s’est illustré par son incompétence, au niveau sportif et sur les choix du recrutement. Le club est plutôt sain financièrement, c’est le seul aspect positif », poursuit Yves Dussert, de l’Association de défense des intérêts des supporters toulousains (Adist), considérant que le nouveau projet reste encore très flou. « Il faut attendre avant de juger. Ces investisseurs américains ne sont pas des inconnus dans le monde du sport. Il reste à connaître l’organigramme du club, pour l’instant c’est très flou. Il y a encore beaucoup de choses à régler et notamment le remboursement des matchs pour les abonnés qui attendent toujours. » Peut-être seront-ils remboursés en dollars ? 

 

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