Menu

Fil de navigation

Recherche

VINCENT VILLA pour L’Équipe

 

Ligue1

Gerry Cardinale, président et fondateur du fonds d’investissement américain RedBird Capital Partners, a réservé sa parole à deux médias, hier : La Dépêche du Midi et L’Équipe. Au cours de trente minutes d’entretien, peu après l’officialisation de la vente du club, il a insisté sur sa méthodologie, qu’il espère appliquer avec succès à Toulouse.

 

« Pourquoi RedBird Capital Partners, spécialiste des sports américains, vient-il investir pour la première fois dans le football européen ?

Au cours des vingt dernières années, nous avons acquis une grande expérience à travers plusieurs partenariats avec les propriétaires des meilleures équipes et ligues sportives américaines. Nous avons su créer des projets qui valent aujourd’hui plusieurs milliards de dollars. Ces dernières années, nous avons commencé à nous intéresser au foot européen, compte tenu des règles de propriété qui rendent plus difficile pour un fonds d’investissement de posséder directement une équipe aux États-Unis. Investir en Europe est donc pour nous une opération gagnant-gagnant qui nous permet d’utiliser notre expertise pour soutenir le développement de clubs mondiaux tout en en étant directement propriétaires.

Mais pourquoi votre choix s’est-il porté sur le TFC, un club très peu médiatique et au palmarès quasi vierge ?

Nous avons étudié plusieurs clubs de plusieurs pays pendant plusieurs années. Nous pensons que Toulouse a un énorme potentiel, pour la ville, l’une des plus dynamiques de France, et pour le club en lui-même, qui a une histoire iconique, avec beaucoup de victoires par le passé (*) et des supporters très loyaux. Nous voulons aussi soutenir le développement des jeunes joueurs et Toulouse a un système de formation très efficace sur lequel nous voulons capitaliser. Notre philosophie d’investissement repose sur les partenariats, c’est ce que nous faisons de mieux : apporter notre expertise et notre capital pour accompagner les clubs. Dans le cas de Toulouse, nous nous réjouissons de faire cela en partenariat avec la ville et ses supporters.

Dans le foot européen, il est difficile de réaliser des profits, sauf à faire du trading de joueurs ou à réussir une plus-value à la revente, ce qui suppose un fort investissement initial. Avez-vous bien conscience de ces spécificités ?

Bien sûr, mais je ne crois pas que ça fonctionne nécessairement comme ça. Notre expérience des deux dernières décennies nous a appris qu’il est possible de combiner développement sportif et gestion sérieuse. Je suis convaincu que nous pouvons faire du TFC un club qui gagne régulièrement des matches et réussisse économiquement. Nous ne sommes pas là pour faire de la revente à tout va, des joueurs comme des actifs. Nous sommes là pour investir sur le long terme, dans l’équipe, les joueurs, l’infrastructure, les fans, la ville. En toute humilité, je suis impatient de montrer ce qu'on est capables de faire et que réussite sportive et économique vont de pair.

Les Girondins de Bordeaux « made in America » sont pour l’instant un échec. En quoi votre projet est-il différent et peut-il aboutir à un succès ?

Nous sommes déterminés à obtenir de vrais résultats sportifs et nous avons la capacité à le faire. Si nous sommes ici, c’est pour apporter cette expérience et notre palmarès au club pour qu’il renoue avec la victoire. Les New York Yankees (il détient une partie de la chaîne qui diffuse entre autres les matches de la franchise de baseball) ne gagnent pas le Championnat chaque année, mais ils ont des succès réguliers parce qu’ils s’appuient sur des bases solides, tant sur le terrain qu’en dehors. C’est ce genre de processus que nous voulons répliquer sur la scène européenne avec Toulouse. Nous travaillons pour cela avec les meilleurs experts du monde du football tels que Damien Comolli (nouveau président du TFC) ou Olivier Jaubert (nouveau DG). Tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce projet un véritable succès sportif.

Au-delà de la remontée en L1, jusqu’où espérez-vous porter ce club sur le plan sportif ?

Oui, sur le court terme, l’objectif est de remonter en L 1. Sur le long terme, c’est de fournir au club les ressources nécessaires pour des saisons gagnantes dans la durée, au plus haut niveau, et redonner à Toulouse son statut d’équipe iconique. Et surtout, nous voulons revitaliser la communauté de fans. Ne vous y trompez pas, nous sommes là pour investir sur le long terme et pour gagner ! Et je suis convaincu qu’avec le club, nous avons tout pour réussir, sur le terrain et en dehors. » É

(*) En fait, une Coupe de France en 1957.

 

Le Téfécé prend l’accent US

Après avoir passé près de vingt ans entre les mains d’Olivier Sadran, Toulouse est désormais détenu par un fonds d'investissement américain.

Longue de quasiment vingt ans, l’ère Olivier Sadran s’est officiellement achevée hier en fin de matinée. Si l’ancien actionnaire majoritaire reste présent à hauteur de 15 %, le TFC est passé sous drapeau américain, avec la prise de contrôle du fonds d’investissement RedBird Capital Partners.

En juillet 2001, Olivier Sadran s'était emparé des commandes dans la foulée d'une chute brutale de la L1 au National, sanction d'une gestion catastrophique. Cette fois-ci, à l’heure de changer de propriétaire, les Violets ont « seulement » glissé en L 2, d’où Gerry Cardinale compte les voir s’extirper pour retrouver leur « statut d’équipe iconique ».

Une expression qui interpelle, car ce club n’a jamais été une place-forte du foot français, même si son histoire est persillée de quelques coups d’éclat. Toulouse n’est pas Nantes ou Reims, il n’est pas un ancien grand qui s’est voûté sous le poids du temps qui passe.

Par-delà cette étonnante emphase, le nouvel investisseur arrive avec une expertise certaine dans le domaine du sport pro et la volonté d’appliquer une recette qui a fonctionné outre-Atlantique. La conséquence la plus visible de sa prise de pouvoir, pour le moment, est la nomination de Damien Comolli – notamment ancien directeur sportif de Saint-Étienne et de Liverpool – au poste de président.

Ce dernier travaillera avec Olivier Jaubert comme directeur général et Jérôme Fougeron en tant que patron de la cellule de recrutement. Un changement d’ère qui ne s’accolera sans doute pas à une refonte démesurée de l’effectif toulousain. Le Téfécé cherche en effet, pour le moment, un milieu défensif, un milieu relayeur ainsi qu’un avant-centre fiable. Mais, comme pour beaucoup de clubs, le marché sera long.

 

2020 / 2021

CALENDRIER

2020/2021

CLASSEMENT

Suivez l'actualité du TFC

ACTUALITE

2020/2021

EFFECTIF

2020/2021

TRANSFERTS

2019/2020

STATISTIQUES