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Nicolas Moscovici et Sébastien Marti pour La Dépêche du Midi

 

Ligue1

« Mon premier match au Stadium, c’était un… Perpignan-Béziers, mais je ne me rappelle plus la date !* Il y avait encore les poteaux en tribunes et la piste de vélo ! » Fan de rugby – Béziers, sa ville de naissance, oblige – Damien Comolli, 48 ans, a fait ses premiers pas médiatiques hier en tant que nouveau président au TFC. Au restaurant le 1938 qui domine la pelouse du Stadium, le nouvel homme fort des Violets a longuement reçu La Dépêche dans l’après-midi. Face à nous, un homme tiré à quatre épingles, regard franc derrière ses lunettes, parole ciselée et geste précis. Et plus d’une heure à parler de son « obsession » du football : le jeu, les joueurs et ces statistiques qu’il cultive consciencieusement depuis plus de 25 ans. Entretien passionnant avec un dirigeant passionné.

Commençons par vous. Vous êtes né à Béziers, vous avez voyagé dans le monde entier. Que représentent Toulouse et le TFC pour vous ?

Toulouse, quand on est de Béziers, c’est la capitale régionale, une ville étudiante, dynamique, notamment sur le plan sportif. Une ville magnifique que je ne connaissais pas suffisamment avant de prendre mes fonctions ici. Et puis, cette ambiance du Sud, je suis chez moi !

Dans le foot, votre profil est atypique et vous portez cette réputation de dirigeant obsédé par les statistiques et la « data » pour prendre des décisions. C’est la réalité ?

Oui. On ne peut pas parler de confiance aveugle en la data, mais je peux vous dire que des joueurs qui font mentir la data sur le long terme, il n’y en a pas. Vous pouvez avoir des surprises sur une saison, mais sur la durée, les performances du joueur vont se rectifier. Et donc la data va avoir raison. Au TFC, nous allons nous en servir sur beaucoup de plans : pour notre recrutement bien sûr, sur les performances et la condition physique de nos joueurs pour évaluer l’adversaire, etc.

Vous avez travaillé dans de grands clubs européens (Arsenal, Liverpool, Fenerbahçe, etc.). Qu’est-ce que cette expérience peut apporter au TFC ?

Les modèles ne sont pas transposables, mais il y a une constante dans ces clubs, c’est une identité et une culture forte. C’est parfois difficile de s’y tenir surtout dans les moments où le club tangue, mais c’est essentiel pour réussir sur le long terme.

C’est quoi pour vous la culture TFC ?

C’est un peu tôt pour vous le dire. C’est quelque chose qui doit se construire avec l’ensemble des composantes du club, des joueurs aux supporters. Mais j’ai déjà l’impression que les gens veulent voir de l’engagement, de la passion, une équipe qui va de l’avant. Ce sont des éléments que je veux mettre en avant en plaçant l’humain au cœur de ce projet. Les joueurs, d’ailleurs, ont un rôle majeur à jouer dans la création de cette culture commune.

Comment relancer une culture de la victoire au TFC après des saisons aussi médiocres ?

D’abord en commençant par détester la défaite et je l’ai dit aux joueurs. Puis, en étant extrêmement exigeant et rigoureux ans tout ce que l’on fait au jour le jour, dans l’ensemble des composantes du club. J’attache aussi beaucoup d’importance à la progression de chacun pour faire grandir le collectif.

Avez-vous trouvé des joueurs traumatisés par le marasme de la saison dernière ?

Traumatisés, le mot est un peu fort. Certains sont touchés, c’est vrai, et il faut les épauler. Mais dans l’ensemble, j’ai trouvé les joueurs extrêmement lucides sur eux-mêmes et sur leur environnement. ils ont conscience des efforts qu’ils ont à fournir. Ce qui est encourageant, c’est que les jeunes, eux, ne sont absolument pas touchés. Il faut nous appuyer sur cela pour repartir de l’avant. Quand Bafodé (Diakité) vous dit : « Je suis Toulousain et moi mon rêve c’est de remonter avec Toulouse », c’est fort.

Quel est le projet que vous portez au TFC avec Redbird ?

À court terme, remonter en Ligue 1 le plus rapidement possible, c’est clair. A moyen terme, nous voulons stabiliser le TFCdans le top 8 de la Ligue 1. Et c’est quelque chose qui a déjà été fait par le passé.On n’arrive pas dans un club qui n’a rien démontré dans le passé.

Et en termes de moyens, cela se matérialise comment ?

C’est difficile à dire à ce stade. Redbird n’est pas là pour perdre de l’argent, c’est évident. Ce que je sais, c’est qu’on aura les ressources pour être compétitifs sur la durée.

Le « trading » (la vente de jeunes joueurs à prix fort) sera-t-il la marque de fabrique de Redbird ?

Pas du tout. Notre souhait est de former des joueurs et de les garder pour qu’ils fassent progresser l’équipe. Notre business plan n’est absolument pas basé sur le « trading ».

L’achat du Stadium par Redbird ou du « naming » est-il envisageable ?

L’achat du stade n’a pas été évoqué. En ce qui concerne le « naming », ce sera l’un des dossiers d’Olivier Jaubert (le nouveau « chief business officer », NDLR) quand il nous rejoindra.

Quel type de président serez-vous ?

Je suis connu dans le milieu pour déléguer énormément. J’encourage mes collaborateurs à développer leurs idées, à prendre des initiatives. C’est comme cela que j’ai toujours fonctionné.

Très décrié par les supporters, Jean-François Soucasse fera-t-il partie du nouvel organigramme du club ?

Je vais être franc avec vous : depuis que je suis arrivé, j’ai trouvé en Jean-François un dirigeant très compétent, extrêmement loyal envers le club, très professionnel, qui m’a ouvert beaucoup de portes et qui continue de m’aider tous les jours. Des arrivées dans le club ont été actées, mais cela ne signifie pas qu’il y aura des départs en contrepartie.Nous sommes encore dans une sorte d’audit du club. Nous avons commencé par le plus urgent, le sportif, et nous travaillons désormais sur les autres composantes du club. S’il doit y avoir des changements, il y en aura, mais en ce qui concerne Jean-François, il est là et je suis content qu’il soit là.

La cellule de recrutement est également pointée du doigt. Quels changements sont à prévoir ?

Je m’appuie beaucoup, et je continuerai, sur Ali Rachedi, que je fréquente depuis 25 ans et qui connaît le club par cœur. Dominique Arribagé a quitté le club et il sera remplacé début août par un responsable du recrutement à qui je donnerai beaucoup de responsabilités (il s’agira de Jérôme Fougeron, recruteur du TFC de 2007 à 2015, NDLR). D’ici le mois d’octobre, un recruteur supplémentaire nous rejoindra.

Quelle sera votre relation avec les supporters ? Comment les reconquérir ?

Je vais proposer aux supporters de les rencontrer, tous les groupes, sans doute dans les deux semaines qui viennent. On a besoin d’eux, on a besoin d’ambiance dans le stade, on a besoin des ultras, on a besoin de tout le monde. Reconnecter les supporters au club, c’est essentiel. Je vais même vous dire : sans le soutien des supporters, on ne remontera pas, c’est certain.

Quel sera le budget de la saison qui vient ?

Je ne vais pas vous donner de chiffres, mais nous aurons largement le plus gros budget de Ligue 2, avec la plus forte masse salariale.

Les gros salaires ne sont donc pas invités à quitter le club ?

Non, financièrement, nous n’avons pas besoin de faire partir les gros salaires.La DNCG ne nous a fixé aucune obligation à ce niveau.

Cela veut dire que les Gradel, Saïd, Koulouris ou Sangaré pourraient rester au club ?

Max (Gradel) a un accord avec le club pour partir et je le respecterai, mais, à date, je ne suis vraiment pas sûr qu’il ait envie de nous quitter. Westley (Saïd) est un joueur que l’on veut garder. Koulouris restera. Quant à Ibra (Sangaré), nous n’avons pas prévu de le vendre. On sait qu’il sera très courtisé, mais il faudra une proposition impossible à refuser pour qu’il nous quitte.

Au-dessus de 10 millions d’euros ?

À ce prix-là, le club n’aura que sa jambe gauche (rires).

On sait toutefois que les bons joueurs de Ligue 1 ne sont pas forcément les meilleurs pour jouer la montée en Ligue 2…

Vous avez parfaitement raison, l’histoire montre que les clubs montent avec des joueurs de Ligue 2. C’est quelque chose que nous avons analysé. Maintenant, il y a aussi les données du marché : les meilleurs joueurs de la saison dernière en Ligue 2 ont déjà été vendus. Toutefois, nous sommes persuadés que nous pouvons trouver des joueurs qui peuvent nous renforcer, nous aider à monter et à nous maintenir dans l’élite.

Vous regrettez le départ de Quentin Boisgard ?

Non, à partir du moment où un joueur vient vous voir en vous disant que le club lui a manqué de respect, qu’il ne peut plus rester, que voulez-vous lui répondre ? Lorient a formulé une offre qui nous a semblé correcte, nous l’avons laissé partir.

Vous recherchez combien de joueurs et à quels postes ?

On est un peu légers au milieu, on considère qu’il nous manque au moins deux spécialistes. Nous avons fait des offres pour plusieurs joueurs, nous verrons bien.

Au milieu, justement, John Bostock va-t-il revenir de prêt ?

Non, il va rester en Angleterre.

Pourquoi avoir choisi Patrice Garande comme entraîneur ?

D’abord parce qu’il a l’expérience de plusieurs montées, qu’il a conquises de manière assez brillante. Il a maintenu Caen pendant plusieurs années en Ligue 1. Et puis, Patrice a lancé beaucoup de jeunes. C’est l’entraîneur qui nous a montré le plus de détermination et de leadership. Nous avons immédiatement pensé que c’était la meilleure personne pour donner un nouveau souffle à l’équipe.

Ruben Gabrielsen sera-t-il le capitaine de l’équipe cette saison ?

Patrice n’a pas décidé. Nous n’en avons pas encore parlé.

*C’était le 18 mai 1980 (16-6 pour Béziers)

 

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