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Sébastien Marti pour La Dépêche du Midi

 

Ligue1

Damien Comolli, le nouveau président du TFC, a un parcours atypique dans l’univers du football. Ce globe-trotter de 47 ans applique les sciences dans le recrutement des joueurs.

États-Unis, Mexique, Japon, Turquie, Angleterre… Le nouveau président du Toulouse Football Club, Damien Comolli, est un globe-trotter. À 47 ans, le nouvel homme fort du club incarne le football moderne, sa mondialisation, son économie et son approche scientifique. L’homme qui nous reçoit dans le restaurant panoramique du Stadium s’exprime calmement, avec une pointe d’accent indéfinissable qui semble agréger l’ensemble des cultures et des pays qu’il a traversés.

Une rencontre a changé sa vie : celle avec Billy Beane, un ancien joueur de baseball américain qui à la fin des années 1990 a révolutionné son sport et son club, les Oakland Athletics, en utilisant les statistiques pour optimiser le recrutement des joueurs. Sa vie avait été interprétée au cinéma par Brad Pitt dans le film "Le Stratège", inspiré du livre "Moneyball" de Michael Lewis. "C’était en 2005, j’étais à Tottenham et mon frère m’envoie le livre. J’ai habité San Francisco et je connaissais tous les joueurs. J’ai même vu jouer Billy Beane en 1988. Je me suis dit qu’il fallait que je le rencontre. On s’est parlé plusieurs fois, moi je suis fan de base-ball, lui de foot." Damien Comolli avait déjà compris qu’il ne suffisait pas de regarder un joueur pour apprécier ses performances. Dès 1996, alors qu’il entraînait une équipe de jeunes au Japon, il avait passé une semaine chez son ancien mentor à Monaco, Arsène Wenger, qui venait d’être nommé manager général de l’équipe anglaise d’Arsenal. Avec lui il avait participé à la présentation d’une société, Prozone, pionnier dans l’utilisation des données (la "data") pour analyser les performances des joueurs de football. "J’ai écouté leur présentation, c’était fabuleux…" En 1998 il rejoint Wenger à Arsenal où il est nommé recruteur. C’était l’époque Henry, Pirès… et le duel à distance avec Manchester United. "On se comparait avec eux. À la fin d’une saison où Manchester est champion et Arsenal deuxième, Arsène Wenger pose sur mon bureau un document. Il me dit lis ça, tu vas comprendre pourquoi on est deuxième. Toutes les données y étaient : Keane supérieur à tous nos milieux, Beckham à tous nos attaquants etc."

Selon lui aucun joueur "ne peut faire mentir la data. Mais un attaquant peut être chanceux sur une saison et marquer des buts qu’il ne devrait pas marquer".

Comme Suarez à Liverpool, ses choix de recrutement ont souvent été judicieux. "Ma plus grande fierté est d’avoir recruté les deux directeurs sportifs de Liverpool et Tottenham qui étaient l’année dernière en finale de la Champion’s League."

Il croit aux vertus de la culture club – qu’il place au-dessus de toute organisation – mais aussi à l’honnêteté et à la haine de la défaite. "Au TFC on va recréer une culture de la gagne".

L’homme aime déléguer – sans doute une nouveauté au TFC – et composer. Il ne marginalise aucun salarié de l’ère Sadran, se dit "heureux de travailler avec Pantxi (Sirieix)", "content que Jeff (Soucasse) soit là" et salue la compétence du recruteur attitré du club, Ali Rachedi.

Cet ancien des conseils d’administration de Liverpool et Tottenham veut sortir le club du "foot cassoulet", envisage d’embaucher un "chief business officer", un responsable data et un responsable "stratégie et culture". "C’est une de mes obsessions : il faut que tout le monde travaille dans la même direction."

Malgré des expériences contrastées à Saint-Etienne ou Fenerbahce, il a réussi partout. Etonnant pour celui qui confie avoir été "un très très mauvais élève". "Je le regrette. Quand j’ai commencé comme directeur sportif, je considérais que les études étaient secondaires. J’ai tardivement compris qu’il fallait développer l’homme avant le joueur. Je me frapperais aujourd’hui pour avoir prononcé certains discours à Saint-Etienne. Un joueur qui fait des études possède une vraie intelligence émotionnelle."


En quelques dates

1972

Naissance à Béziers

1990

Entraîne l’équipe des 16 ans de Monaco

1998

Rejoint Arsenal où il est nommé recruteur.

2005

Manager général de Tottenham Hotspurs.

2010

Directeur sportif de Liverpool.

 

Son sport
Fan de rugby. "J’avais huit ans et demi et j’ai vu au Stadium un match Béziers-Perpignan. J’aime beaucoup le rugby, à Toulouse Didier Lacroix et Ugo Mola font un travail formidable. Et on a en commun une passion pour la tauromachie."

Son chanteur
Le Boss. "Ma vie c’est le foot… et aussi Bruce Springsteen" confie-t-il. Damien Comolli a vécu au Mexique et aux Etats-Unis entre 15 et 18 ans. Son père travaillait dans l’immobilier.

Son livre
"Perform under pressure", par Ceri Evans, le psychologue des All Blacks. Et "Rebel ideas" de Matthew Syed, "un livre sur la diversité dans le sport".

 

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